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Action syndicale, lundi 25 mai
Jura agricole et rural
Publié le:  21 mai 2009
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Les éleveurs laitiers du Doubs, du Jura et du Territoire de Belfort ont bloqué les laiteries de Clerval et Noironte. Pour mettre la pression avant l’entrevue avec les transformateurs.

Lundi 25 mai, journée d’action nationale.

La FNPL, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont été bien clairs. Il faut que cette mobilisation soit une réussite. À ce titre, la section lait de la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Doubs - avec le soutien des mêmes syndicats du Jura et du Territoire de Belfort - ont invité les éleveurs laitiers à bloquer deux laiteries : celle du groupe Ermitage, basée à Clerval et la laiterie Mulin de Noironte.

Sur chaque site, plus d’une cinquantaine d’éleveurs étaient présents pour bloquer l’accès. Et tenter d’engager le dialogue avec les responsables de chaque structure sur la question du prix du lait.

Discussions qui ont eu lieu dans un climat plus ou moins tendu ; discussions qui n’étaient qu’un prélude à la rencontre organisée sous l’égide de l’État, le soir même.

Autour de 19 h, les responsables agricoles et les éleveurs engagés dans ces opérations de blocage se retrouvent à la Draaf (direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt). Alain Maraval, quelque peu gêné aux entournures à cause de son devoir de réserve lié aux élections européennes descend saluer sur le parking les protagonistes.

Et les invite à rencontrer les transformateurs présents - enfin, les quatre qui ont daigné venir : le groupe Ermitage, les fromageries Mulin et Perrin, et la SAS Le Francomtois. « Comme le contexte est particulier et que l’État est aussi interpellé, nous avons accepté d’accueillir cette séance de travail », accueille le directeur. « Je veux bien assumer ce rôle de régulation. »

« Merci de nous permettre de travailler dans la construction », répond Martial Marguet, responsable de la section lait de la FDSEA du Doubs. « À cette heure, le sujet est grave. Il en va de l’avenir de la filière laitière. »

Ouverture

Le syndicaliste entend resituer la réunion dans son contexte : « Nous voulons que les choses soient dites ; nous voulons que les choses soient entendues. » Car la bonne marche d’une filière dépend de ses deux parties que sont les transformateurs et les producteurs. « L’un sans l’autre, nous ne nous en sortirons pas. »

D’où l’appel à la mobilisation « dans le respect des gens » afin que les transformateurs prennent bien conscience de la profondeur de la crise. « Ceux qui sont absents sans raison valable risquent d’avoir quelques désagréments. » Parce qu’il faudra bien trouver quelques réponses à quelques questions. « Une baisse de 30 % qu’on n’explique pas eu égard au marché ; une baisse de 30 % qui n’est pas tenable par rapport à nos coûts de production ; une baisse de 30 % qui sème le doute quant à la volonté de rester coopérateur ou livreur de lait »

Un ange passe. Les transformateurs sont gênés. Puis finalement engagent le débat. Aiguillonnés par les producteurs.

Travailler dans la construction se réjouissait Martial Marguet en début de réunion. La fin se déroule de manière moins sereine ; les transformateurs campant fermement sur leur position quand il leur est demandé d’apposer leur griffe sur une déclaration de principe où quatre points étaient mis en avant : retour autour des tables de négociations du Cniel, que les recommandations résultant des prochaines négociations soient acceptées et respectées et qu’un prix annualisé soit annoncé pour 2009. Le versement à chaque producteur de lait d’un complément de paiement sur le prix du lait livré en avril a été « retoqué » par les transformateurs.

Voyant l’impasse se profiler, Martial Marguet suggère son retrait. « C’est un manque évident de respect pour les producteurs », s’insurge Claude Henriot, vice-président de la FDSEA du Doubs. « C’est une volonté d’ouverture de notre part ; j’en assume l’entière responsabilité », enchaîne le responsable de la section lait de la FDSEA du Doubs.

À l’issue de ces « négociations », Martial Marguet, juché sur l’échelle d’un camion à lait a harangué la foule présente. En les invitant à poursuivre la mobilisation.

Parce que la signature par les transformateurs d’un document ne porte que sur des vœux. Le responsable de la section lait se félicite de l’engagement des agriculteurs : « Votre mobilisation nous a conduits vers une lueur d’espoir avec l’ouverture de nouvelles discussions pour le cadrage des prix du lait de mai et juin. » Fixées jeudi 28 mai.

En soi, cette mobilisation n’est qu’une étape parmi d’autres. La pression doit être maintenue. Plus particulièrement vers les deux gros opérateurs que sont Lactalis et Danone, absents de cette réunion.

Dans la foulée, les agriculteurs ont manifesté leur colère à Vercel. Le lendemain, mardi 26 mai, les Jurassiens se sont rendus à Saint-Just en Isère où ils livrent leur lait.




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