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« Le maire doit être un facilitateur »
Plan de restructuration sucre
Jura agricole et rural
Publié le:  21 mai 2009
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Les élus des communes concernées par la restructuration du fonds "sucre" étaient invités par le sous-préfet de Dole à une réunion d'information. Il fut notamment question du projet d'irrigation de légumes dans les basses vallées du Doubs et de la Loue.

Pour les agriculteurs, les projets susceptibles d'être soutenus par le fonds « sucre » dans le Jura sont connus et la profession (syndicats FDSEA JA, chambres d'agriculture, coopératives) travaille depuis plus de 18 mois sur ce dossier. Il fallait informer les élus de ce qui allait advenir sur leur territoire mais aussi les rassurer sur le plan environnemental.

L'important projet d'irrigation de légumes dans la basse vallée du Doubs et la basse vallée de la Loue va donner lieu à des enquêtes dans le cadre de la loi sur l'eau et à des études d'impact. Il était donc essentiel que les élus comprennent bien les enjeux et la réalité des investissements réalisés pour moderniser les réseaux d'irrigation.

Lors de la réunion organisée le 18 mai à la salle des fêtes de Champdivers, Pierre Azzopardi, sous-préfet de Dole, a d'abord exposé le contexte général. Suite à la fermeture de la sucrerie d'Aiserey qui a entraîné l'arrêt de la production de betteraves en Bourgogne et Franche-Comté, un fonds européen (FEAGA) a été alloué au programme national de restructuration. Un document régional précise les actions finançables et le calendrier à respecter. Ces actions concernent plusieurs domaines d'activité : l'agriculture, l'agroalimentaire et le tourisme.

Bernard Lyonnaz-Perroux directeur du service d'économie agricole de la DDEA précise que l'enveloppe mutualisée entre les régions Bourgogne et Franche-Comté représente 16 millions d'euros et concerne huit mesures qui ont été validées par le ministère de l'agriculture et de la pêche le 30 avril dernier.

« Le calendrier est assez contraignant et oblige à terminer les travaux pour le mois de juillet 2011 », indique le représentant de l'administration.

150 emplois en cinq ans

« Il faut pallier l'abandon des betteraves par de nouvelles cultures à forte valeur ajoutée qui viendront alimenter les usines agroalimentaires. En maintenant un tissu agro-industriel, nous continuons à "irriguer" économiquement nos exploitations », explique Frédéric Perrot, vice-président de la chambre d'agriculture. Or, développer les cultures de légumes de plein champ nécessite un système d'irrigation facile à utiliser et performant, pour une meilleure gestion des apports. « Demain, si un projet d'irrigation se monte sur une commune, le maire doit être un facilitateur », insiste le responsable agricole.

L'enjeu est considérable. Ce sont près de 150 emplois supplémentaires qui devraient être créés grâce aux investissements agro-industriels réalisés en Côte-d’Or et dans le Jura pour un total de 20 millions d'euros. « Des investissements réalisés par des groupes coopératifs – donc par des agriculteurs – qui font le pari de regarder vers l'avenir », ajoute Frédéric Perrot. Les projets sont portés par les coopératives Bourgogne du Sud, Interval et Dijon Céréales, en lien avec le pôle de compétitivité Vitagora de Dijon, ainsi que par l'union de coopératives Val Union regroupant les trois coopératives et spécialisée dans les cultures légumières.

Quelques détails ont été donnés aux élus : il est prévu, sur le site d'Aiserey, la fabrication de pellets et de farine bio, sur les communes de Tavaux-Damparis, la fabrication de compound de plastique à base de chanvre avec AFT Plasturgie et sur le site de Villers le Pots, la transformation de légumes (produits déshydratés, cuisson vapeur dans l'emballage...). Sans compter le maintien des usines existantes (Daucy et STL), la consolidation des exploitations agricoles et les emplois indirects qui en découlent.
5 000 ha équipés de réseaux enterrés

Dans le Jura, l'irrigation enterrée avec station de pompage électrique concernerait 2500 ha sur la vallée de la Loue et autant sur la vallée du Doubs. La question de l'irrigation n'a pas soulevé de remarques ni d'oppositions particulières parmi les élus présents. « Le Jura et l’ensemble de la façade Est de la France ne se trouvent pas en zone de répartition des eaux.

Ce qui signifie que la nappe se reconstitue très régulièrement », indique Emmanuel Schouwey. Par ailleurs les études sont encadrées par la loi sur l'eau et les études préalables de faisabilité ont été confiées à deux cabinets qui connaissent bien les nappes et les réseaux hydrologiques des secteurs concernés. Il s'agit des cabinets Merlin à Dijon et

Sciences environnement à Besançon.

Pour réaliser les différentes études, il a été décidé la création de deux associations sur la vallée de la Loue et du Doubs qui seront ensuite dissoutes quand les ASA prendront le relais. Emmanuel Schouwey et Franck Lenoir, au nom des deux associations, mettent en avant les arguments environnementaux : sur les zones équipées d'irrigation enterrées, les agriculteurs s'engagent à reboucher 80 % des puits existants ce qui contribue à sécuriser la nappe ; une station de pompage électrique utilise deux fois moins d'énergie qu'un moteur diesel et élimine les émissions polluantes et les nuisances sonores.

Les agriculteurs ont également rappelé aux élus que les ressources en eau vont en priorité aux besoins d'eau potable et industriels et qu’il ne sera pas prélevé plus d'eau qu'avant.

« Nous voulons travailler avec l'irrigation dans le cadre d'une rotation. Notre objectif n'est pas la monoculture de maïs irriguée tous les ans... ». Jean-Louis Baudard, président de Val Union insiste à son tour sur la capacité des agriculteurs à gérer les apports d'eau grâce aux prévisions de Météo France qui calcule chaque semaine l'eau qui va être consommée par la plante. Un système que les légumiers du Jura ont été les premiers à mettre en place dès 1993.

Pour clôturer cette réunion, le sous-préfet de Dole a assuré les agriculteurs que « l'État répondrait présent et soutiendrait ce projet de développement local ».


Quelques chiffres

•En 2007, 92 agriculteurs jurassiens ont cultivé 1 112 ha de betteraves ce qui représentait 20 à 25% des volumes travaillés par la sucrerie d'Aiserey

•Le plan de restructuration sucre en Bourgogne Franche-Comté représente 16 millions d'euros de fonds européens (FEAGA). Un tiers de cette enveloppe est alloué aux exploitations agricoles pour des projets d'irrigation collective finançables à hauteur de 80% et pour des projets de diversification (miscanthus et chanvre) avec 40 % d'aide à l'implantation, voir 50% en zone défavorisée.

•L'agriculture prélève 1,5 millions de mètres cube d'eau par an pour tout le Jura, l'équivalent d'une ville de 20000 habitants. En 2008, l'agriculture a utilisé 300 000m3, soit trois jours de consommation d'eau d'une usine comme Solvay.

•Les canons d'irrigation apportent 25 à 30 litres d'eau au m2, ce qui représente trois jours de consommation d'un haricot ou d'un pois par temps chaud.




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