Une forte présence de méligèthes pénalise le rendement du colza. Les traitements en présence d’abeilles affaiblissent les colonies, ce qui affecte tant la récolte de miel que l’activité de pollinisation et donc les rendements.
L’abeille est un insecte pollinisateur majeur qui contribue par son activité de butinage à la fécondation d’un très grand nombre de plantes, qu’elles soient de cultures ou sauvages. L’abeille est un acteur majeur de la biodiversité en favorisant la fructification des espèces sauvages, mais elle est aussi un auxiliaire incontournable de l’amélioration de la qualité et des rendements des cultures.
Impact économique de la pollinisation
Il est estimé que l’accroissement des productions agricoles et leur amélioration, qui proviennent de l’activité des abeilles, correspond à une valeur de 100 à 1 000 fois plus élevée que celle correspondant à la production du miel. Ainsi, les abeilles sont plus utiles à l’arboriculteur qu’à l’apiculteur. En France, l’impact de la pollinisation pour l’agriculture est estimé à 700 millions d’euros, et à 15 milliards de dollars aux USA.
Concernant le colza, sa forte teneur en sucre et son apport majeur en pollen, le rendent très attractif pour l’abeille qui en contrepartie le pollinise, allant jusqu’à butiner 3 000 fleurs par jour. Ainsi, une colonie peut polliniser entre 10 et 30 millions de fleur par jour en fonction de sa force et des conditions climatiques.
Habituellement, il est recommandé, pour une pollinisation optimum d’utiliser entre deux et six colonies à l’hectare. Selon une étude allemande, en l’absence d’abeille, la production du colza diminuerait de 30%.
Si les synergies entre la plante et l’abeille d’une part, et l’agriculteur et l’apiculteur d’autre part, sont évidentes, elles souffrent du méligèthe. Une forte présence de ce dernier est préjudiciable à la plante et à ses rendements, et des traitements en présence d’abeilles déciment les colonies, pénalisant la récolte de miel, mais également l’activité de pollinisation et in fine les rendements de la plante.
Le méligèthe : une menace commune
Face aux risques d’intoxication qu’encourt l’abeille lors des traitements en période de floraison et d’exsudat1, l’arrêté du 28 novembre 2003 protège l’abeille et les autres insectes pollinisateurs. Il y est mentionné dans l’article 4, que peuvent être utilisés durant la ou les périodes de floraison et d’exsudat, les insecticides et acaricides dont l’autorisation de mise sur le marché porte l’une des mentions suivantes : « emploi autorisé durant la floraison en dehors de la présence d’abeilles », « emploi autorisé au cours des périodes de production d’exsudats, en dehors de la présence d’abeilles » ou encore « emploi autorisé durant la floraison et au cours des périodes de production d’exsudats, en dehors de la présence d’abeilles »
Ainsi, afin de remédier aux inconvénients que représente le méligèthe, il est bon que les traitements soient effectués, soit à une température inférieure à 12°C, soit en soirée, lorsque les abeilles ne butinent plus.
L’abeille est un bienfait pour tous, il est important de la préserver.


