Différente des autres, cette crise n’est pas le fait de la surproduction mais celle d’une baisse de la demande.
Comme un certain nombre de pays de l’UE, la France ne produit pas sa référence depuis plusieurs années. L’effondrement de la demande est la conséquence de la baisse de consommation liée à la crise économique mondiale.
S’ajoute à cela, la réforme de la Paac qui a réduit en volume et en prix ses mécanismes d’intervention budgétaire qui servaient de régulateur au niveau européen. Donc, il n’est pas étonnant que la volatilité des cours soit monnaie courante aujourd’hui. Cette nouvelle donne est à intégrer dans nos différents projets, qu’ils soient au niveau de nos exploitations mais aussi au sein du secteur de la transformation. Cela sera encore plus vrai dès 2015, date de sortie des quotas.
Dès 2010, de nouvelles règles du cadre financier européen pour 2014-2020 seront en réflexion. Elles détermineront le contenu et l’importance de la future Pac, il faut que la France soit force de proposition. Dans une Europe qui s’agrandit avec l’entrée de nouveaux États-membres, il faut avoir conscience que le budget dédié au secteur laitier ne sera pas proportionnel à l’évolution des volumes de lait. De fait, l’intervention sera plus rare. Faute d’une maîtrise sous forme de quotas, la contractualisation nous semble être la formule la plus rassurante pour la filière lait.
Répondre au défi alimentaire reste l’ambition majeure du secteur laitier. Il s’agit de pourvoir répondre à la demande en rémunérant correctement tous les acteurs de la filière. Ici, l’article 33 du Traité de Rome «assurer un niveau de vie équitable aux producteurs» prend tout son sens et doit s’appliquer.
Le partage de la valeur ajoutée doit être réel. La LME (Loi de modernisation des entreprises) du 4 août 2008 fait partie des moyens pour y parvenir. Son lifting est plus que nécessaire.
La restructuration va encore s’accélérer chez les transformateurs, surtout dans les grands bassins de collecte, elle n’épargnera pas le secteur de la production. La France l’a vécue moins vite que les autres pays d’Europe où celle-ci s’est accompagnée d’une amélioration de la compétitivité et du rendement.
Le secteur laitier est celui qui installe le plus. Dans notre région, les AOC, grâce au travail important de leur interprofession, ont conservé, par la régulation, une valeur rémunératrice pour les producteurs. Leur rôle sociétal doit être reconnu (emploi, environnement…etc.).
Le bon équilibre entre filière standard et AOC se travaille de manière permanente de l'échelon local au niveau européen.
Nous devons être acteurs pour que vivent nos régions pour les générations futures.


