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Bien utiliser la marge de sécurité…
Piloter son exploitation en période de fluctuation des marchés
Jura agricole et rural
Publié le:  24 juillet 2009
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Au mois de janvier dernier, nous avions déjà évoqué dans un précédent article l’importance de se positionner par rapport à un certain nombre de seuils, en particulier le prix de revient et le prix d’équilibre, et de gérer en conséquence.

Quelques mois après, la situation macro-économique a beaucoup changé, avec une embellie certaine sur le marché des AOC, des tensions extrêmement fortes sur le lait standard et un revirement rapide sur les grandes cultures. Dans ce contexte à forte variabilité, ces notions restent plus que jamais d’actualité.

Le revenu… et ce que l’on en fait

Il existe deux manières d’appréhender le revenu d’un exploitant, et ces deux méthodes sont à la fois incomplètes prises séparément et riches d’enseignements quand elles sont analysées ensemble :
• Revenu disponible : c’est l’EBE minoré des annuités, c'est-à-dire ce qu’il reste à l’exploitant pour vivre et conserver une marge de sécurité financière
• Résultat courant : c’est l’EBE minoré des amortissements et des frais financiers, c'est-à-dire ce qu’il reste à l’exploitant pour vivre et renouveler son outil de travail.

Que faire de la marge de sécurité ?

La marge restant après prélèvements privés peut avoir plusieurs utilités :
•Conserver une marge de sécurité en cas d’incident de production
•Consolider la trésorerie
•Autofinancer

L’habitude d’une conjoncture relativement stable avait jusqu’ici poussé beaucoup d’exploitations à autofinancer, délaissant ainsi les notions de sécurité et de consolidation de la trésorerie.

Dans le contexte actuel, il convient peut-être de retravailler sur ces questions de financement.

Au 31-12-2008, le prix d’équilibre (c'est-à-dire le prix en dessous duquel il n’est plus possible de réaliser ses prélèvements habituels) en AOC était de 385 euros/ 1000 litres. Ceci signifie que pour ceux qui sont aujourd’hui payés à 400 euros/1000 litres, la situation est plutôt favorable.

Pourtant, avant de réinvestir en autofinancement l’ensemble de la marge dégagée, il convient de se poser plusieurs questions :
•Avec un prix de 400 euros et un quota de 252 000 litres, la marge de sécurité représente 2,1% du produit : est-ce suffisant pour faire face à un éventuel retournement de conjoncture ?
• La trésorerie nette globale moyenne au 31-12 était de 12 500 euros, dans des systèmes qui venaient d’encaisser 36 000 euros de primes en moyenne : est-ce suffisant pour passer sereinement l’année, sans solliciter d’avances sur primes ?
• Le prix de revient moyen est de 392 euros/1000 litres : comment faire face au renouvellement des structures avec une marge aussi faible ?

Ainsi, la situation sur les AOC constitue aujourd’hui une excellente opportunité pour consolider les trésoreries et relancer des exploitations parfois fragiles, il ne faut donc pas pécher par excès de pessimisme… mais garder une réserve prudente et raisonner sa trésorerie et ses besoins avant de mettre en œuvre ses projets.

Lait standard : faire face à la crise

Le cas du lait standard illustre parfaitement ce qui vient d’être décrit ci-dessus. Au 30-06-2008, le prix payé moyen était de 329 euros/1000 litres, pour un prix d’équilibre à 294 euros. Avec la hausse des charges, le prix d’équilibre a ensuite rapidement évolué (357 euros), alors que le prix payé passait à 363 euros.

La consolidation des trésoreries n’aurait pas pu à elle seule permettre d’endiguer l’effet d’un prix actuel scandaleusement bas… mais elle aurait pu aider, dans un contexte qui semble devoir être fortement fluctuant à long terme. Les résultats montrent également une forte variabilité, en particulier au niveau de l’autonomie, avec des variations de 5%, soit 12 000 euros annuels entre la moyenne et le quart le plus
efficient.

Il existe aujourd’hui des marges de manœuvre, en particulier sur les coûts d’alimentation (35 euros/1000 litres de
variabilité).

Se positionner pour mieux décider

L’analyse fine des résultats peut être un appui essentiel à la gestion de l’exploitation. CER France Jura peut vous accompagner dans la détermination de vos prix d’équilibre et de revient (en lait bien sûr, mais aussi sur les autres activités agricoles comme les céréales), dans la recherche des marges de progrès (maîtrise des charges) et dans l’analyse de votre situation de trésorerie (Fonds de Roulement, Besoins en Fonds de Roulement, etc.).

Ce type de diagnostic permettant la recherche de solutions d’amélioration proposée dans le cadre du partenariat Chambre d’agriculture / Syndicat de Contrôle Laitier / CER France Jura.




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