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« Le faible effectif et la dispersion sur le territoire nous ont amenés à concevoir une structure unique, ouverte à tous les éleveurs de la race et qui nous permet de construire un projet durable. », précise Jean Bernhard, président de l'OES Simmental France |
La liquidation de l’Upra Simmental est effective depuis le 29 juin 2009. Toutes les missions et activités génétiques de la race sont désormais entièrement assurées au sein de l’OES Simmental France. Le travail ne manque pas pour la nouvelle structure qui devra faire avancer le dossier génétique, réfléchir à l’utilité du sexage, travailler sur une table de pointage européenne et dynamiser les ventes de génisses.
« L’Upra est morte, vive l’OES ! » Une page se tourne dans l’histoire de la Simmental. Jean Thurel, qui fut président de l’Upra Simmental pendant de longues années, n’a pas sombré dans la nostalgie lors de la dernière assemblée générale de la structure, le 29 juin à Desnes. Créée en 1977 à la suite du Herd Book, elle fut l’une des premières Upra de France.
« Merci à tous ceux qui ont maintenu la race et contribué à faire ce qu’elle est devenue aujourd’hui : une race performante qui assure le revenu des éleveurs ! », insiste son président. L’assemblée générale extraordinaire du 13 mai 2008 à Fontaines en Saône-et-Loire avait déjà approuvé à l’unanimité la réforme des statuts de l’actuelle union Simmental. L’année qui a suivi, l’Upra a délaissé ses prérogatives au profit de la nouvelle structure : l’Organisme et entreprise de sélection Simmental FranceSimmental France.
La liquidation effective de l’Upra, votée le 29 juin 2009 à Desnes, marque ainsi l’aboutissement du processus. Une passation en douceur qui a permis à la nouvelle équipe de s’organiser sur le terrain avec Jean Bernhard comme président et Jean Georges Herr qui assure la direction de l’OES, épaulé par Hervé Vignon pour la partie technique et OS.
L’OES démarre son premier exercice avec une situation financière saine, l’Upra soldant ses comptes avec un résultat de -22 700 euros compensé en partie par 15 000 euros de capitaux propres, une subvention de 40 000 euros du ministère de l’Agriculture ayant été reversée directement sur le compte de l’OES.
22 938 IAP
Le bilan d’activité de l’Upra pour l’année 2008 est donc aussi celui de l’OES. Il concerne la collecte des données morphologiques, l’orientation et la promotion de la race ainsi que la gestion du livre généalogique.
213 élevages étaient adhérents à l’Upra en 2008 avec 8 902 vaches inscrites dans 33 départements. 3 954 pointages ont été réalisés en 2008 par les techniciens OES et les coopérative d’IA, avec plus de 1 000 vaches adultes repointées.
Ce double pointage se justifie pour la race car les animaux évoluent de façon significative du point de vue morphologie entre le premier vélage et l’âge adulte. La forte hausse du nombre de vaches est liée à l’augmentation des effectifs dans les élevages pour réaliser les rallonges de quota attribuées durant l’hiver 2007-2008.
Pour l’activité génétique proprement dite, l’OES Simmental France a réalisé 22 938 IAP (+5,3%) en 2008. L’activité hors zone est en forte progression, surtout à l’Ouest. La simmentale sera d’ailleurs mise à l’honneur lors du Space 2009 à Rennes avec 36 vaches présentées et un concours spécial.
L’OES réalise également une forte activité sur les éleveurs qui ne font pas de testage. « L’idéal pour l’intérêt général et le financement du schéma serait de retenir les proportions suivantes dans chaque élevage : un tiers de testage, un tiers de taureaux français et un tiers de taureaux étrangers », commente Jean Georges Herr.
La génomique à l'échelon européen
Les taureaux étrangers représentent une part importante dans les élevages français et même si les index de ces taureaux semblent surestimés, « l’ordre de classement est le bon et nos partenaires étrangers nous donnent accès à leur meilleurs taureaux », commentent les techniciens OES. Le schéma de sélection simmental s’appuie également sur l’utilisation de génétique européenne (allemande, autrichienne, suisse) avec l’achat de doses de taureaux étrangers, d’embryons...
L’avenir de la race Simmental se jouera sans doute de plus en plus à l’échelon européen, notamment avec l’arrivée de la génomique. L’intervention de Xavier David de l’UNCEIA a ouvert la réflexion et l’OES devra se positionner dans les mois qui viennent sur cette question de la génomique : faut-il opter pour un programme européen uniquement Simmental, voire être moteur dans le processus, ou préférer un rapprochement avec les autres races françaises de petits effectifs ? L’OES pencherait plutôt pour la première solution.
Après l’assemblée générale, les éleveurs ont pu visiter l’élevage de l’EARL Buatois à Desnes, un élevage en lait à comté : 144 ha et 42 vaches simmental, avec une moyenne de 6 175 kg à 33,2 TP. Quota de 274 000 litres, lait vendu à la coopérative de Desnes. Une production autonome par vache de 4 945 kg de lait. Parmi elles, Aurore (Rumba/Zeit), 159 points ISU, classée première de section au concours de Longwy-sur-le-Doubs. Elle est en cours de première lactation : 231 jours à 5 976 kg et 33,2 TP.
Céline et Frédéric Buatois élèvent aussi une quinzaine de bœufs à l’herbe par an qui sont vendus à 3 ans, à un poids moyen de 410 kg, et une dizaine de vaches de réforme/an à un poids moyen de 352 kg.
• Activité record du groupement
L’activité du groupement de producteurs Simmental est en hausse de 23% avec 560 animaux commercialisés en 2008. Le commerce de génisses pleines reste dominant mais stable (39% des transactions). La hausse d’activité s’est portée sur les vaches et petites génisses pour combler le manque de génisses pleines. Les animaux ont été vendus dans 32 départements différents. Une dispersion qui ne facilite pas l’organisation du transport. En ce qui concerne l’approvisionnement, la Haute-Marne représente 42% des achats de reproducteurs du groupement. Ils proviennent aussi de Côte-d’Or, Jura, Alsace, Isère, Meuse et quelques autres départements. Une soixantaine d’animaux (11% des achats) ont été fournis par des éleveurs étrangers pour répondre à des demandes spécifiques et pour pallier au manque de reproducteurs.
• Nouvelle structure, nouveau fonctionnement
L’OES s’ouvre à de nouveaux partenaires tels que les syndicats d’éleveurs de la race, le Groupement de producteurs ou toute autre structure intéressée par la génétique Simmental. Les adhérents ne sont plus des éleveurs mais des structures réunies en trois collèges : coopératives d’IA qui font le testage (neuf administrateurs), groupements d’adhérents et groupements simmental (trois administrateurs), un syndicat d’élevage (cinq administrateurs). Les collèges sont renouvelables par tiers.
• Face aux défis de la génomique
Pour le moment, les index génomiques sont disponibles pour trois races : montbéliarde, normande et prim’holstein. Les races allaitantes et les autres races laitières étudient cette possibilité mais les cheptels peu importants limitent la fiabilité des mesures. Des partenariats avec d’autres pays sont donc nécessaires pour atteindre une taille critique de troupeau. La population de référence potentielle en pie rouge européenne est estimée à 6 000 taureaux. Le programme prim’holstein européen prévoit quant à lui 14 000 taureaux.
« Si la pie rouge européenne veut aller plus loin en génomique, il faudra mettre en place un outil fiable pour les éleveurs, basé sur une population de référence importante et un contrôle des performances, mutualiser les coûts de recherche et mettre en place un standard européen commun de la race », commente Xavier David de l’UNCEIA. Par ailleurs,d’ici 2011, tout éleveur pourra demander un génotypage de ses vaches (avec un système simplifié et pour un faible coût) pour l’aider à la gestion du renouvellement de ses femelles par exemple.
Les confirmés et les nouveaux
Le directeur de l'OES a présenté les reproducteurs indexés au catalogue 2009, avec la confirmation de taureaux comme Tombois (Romello/Zeukar), 161 d’ISU avec des critères morphologiques hors du commun qui n’ont pas empêché sa progression en lait (953 en lait).
En deuxième et troisième positions, on retrouve Titus (Malhax/Zeukhar) et Senior (Malefiz/Tino) avec un ISU de 151 grâce à leurs très bons taux et leurs critères fonctionnels. Uhrich, un nouveau taureau, seul fils de Romel, cumule de bons résultats en lait, taille, mamelle, facilité de naissance. Confirmation pour Rayman également, un fils de Zeit, ce qui en fait un taureau à génisses.
Parmi les nouveautés : Ushaïa, premier fils de Lys, le plus laitier de la race (1 283 en lait) mais très négatif en taux (-2,3 en TP) et Tramel (Libéral), un taureau qui fait de très jolies vaches, très jaunes avec de bons aplombs, mais manquant un peu de pis, à privilégier dans les élevages limités en production.
Le catalogue de testage 2009 compte notamment trois fils de Malint et le premier fils de Hutman. L’OES a pris par ailleurs 20% de parts sur les doses d'Illumati, taureau le plus laitier de la race avec des vaches allant jusqu’à 14 000 kg de lait.


