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La France trop gourmande de terres
Jura agricole et rural
Publié le:  24 juillet 2009
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En France, entre 2000 et 2006, les espaces artificialisés continuent de s’étendre aux dépens des surfaces agricoles, mais à un rythme plus ralenti qu’entre 1990 et 2000, d’après le dernier inventaire biophysique Corine (Coordination de l’information sur l’environnement) publié par le Commissariat général au développement durable.

La France métropolitaine est couverte majoritairement de terres agricoles (60%) et de forêts ou autres espaces semi-naturels (34%). Les sols artificialisés occupent un peu plus de 5 % du territoire, les zones humides et surfaces en eau sont peu représentées (respectivement 0,3 % et 0,7%).

Selon la base de données géographiques Corine Land Cover (CLV) (*), les changements d’occupation des sols ont affecté environ 620 km2 par an entre 2000 et 2006 contre environ 1 120 km2 par an durant la période 1990-2000. Les changements les plus importants concernent les espaces artificialisés qui s’étendent fortement aux dépens des sols agricoles. Selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, « de 20 000 à 30 000 hectares de terres cultivées cèdent chaque année la place à l’artificialisation ». Cette artificialisation des sols est variable selon les régions.

L’île de France, le Nord, l’Alsace, le couloir rhodanien et le littoral en général, régions à forte densité de population permanente ou saisonnière, sont plus artificialisés que le reste du territoire. Comme on peut s’y attendre, la progression de l’artificialisation se fait principalement aux alentours des grandes villes, le long des réseaux de transport et des vallées.

« L’expansion démographique et ses corollaires que sont les demandes de logements et d’infrastructures sont les moteurs de l’artificialisation de sols. De plus, les maisons individuelles se substituent à l’habitat collectif et les nouvelles normes de confort absorbent aussi de plus en plus d’espace » explique Laurent Bisault, du service des statistiques agricoles.

+ 3 % de sols artificialisés entre 2000 et 2006

Entre 2000 et 2006, les espaces artificialisés présentent globalement un accroissement de 3%. Le tissu urbain continu ne couvre que 1,6 % des sols artificialisés et reste stable depuis 1990.

En revanche, le tissu urbain discontinu est beaucoup plus consommateur d’espace, il occupe les trois quarts des espaces artificialisés (21 000 km2) et son extension se poursuit dans toutes les régions (+56 km2/an). Les zones industrielles et commerciales continuent de s’étendre dans toutes régions (+38 km2 entre 2000 et 2006). Les réseaux routiers et ferroviaires de large emprise (autoroutes, voies ferrées et surfaces annexes d’une largeur minimale de 100 mètres) progressent de 13 km2 / an. Rapporté à leur surface totale, ce type d’occupation des sols présente la plus forte progression relative (+ 19%).

La surface totale des terres agricoles a diminué dans toutes les régions au profit du tissu urbain discontinu, des zones industrielles et commerciales, mais aussi des chantiers et carrières. Les prairies ont régressé dans toutes les régions et ont la particularité d’alimenter l’extension de nombreux autres postes, et en premier lieu les terres arables.

D’après l’Ifen, « de 1993 à 2003, les surfaces agricoles ont diminué de 81 000 ha par an et les zones urbaines ont augmenté de 60 000 ha par an. » Ces évolutions se retrouvent à l’échelle européenne, « durant les années 1990, 800 000 hectares de sols européens, soit une superficie équivalente à plus de trois fois la taille du Luxembourg, ont été asphaltés ou bétonnés », selon l’agence européenne pour l’environnement.

Cette artificialisation des sols a de nombreuses incidences sur l’environnement : « perte de ressources naturelles et agricoles, fragmentation des habitats naturels par les infrastructures et entrave au déplacement de certaines espèces animales, imperméabilisation des sols et augmentation du risque d’inondation, dégradation des paysage … » analyse le ministère de l’Environnement, de l’Énergie, du développement durable et de l’Aménagement du territoire.

Maîtriser cette artificialisation constitue un enjeux fort de l’aménagement durable des territoires. Au niveau européen, la commission a adopté en 2006 une stratégie en faveur de la protection des sols, et en France, une stratégie nationale de développement durable, révisée fin 2006, a notamment pour objectif de veiller à freiner le rythme d’artificialisation du territoire.

(CLV) (*) la base de données géographiques Corine Land Cover est produite dans le cadre du programme européen de
coordination de l’information sur l’environnement Corine. Cet inventaire biophysique de  l’occupation des terres fournit une information géographique de référence pour 38 états européens.




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