Depuis des années, le même constat est posé : la France consomme trop de foncier agricole pour son urbanisation, ses équipements commerciaux et ses grands ouvrages linéaires. À croissance et besoins égaux, les Allemands sont une fois et demi moins gourmands !
Notre pays a sacrifié à son développement urbain 52 000 hectares en 2006, 62 000 hectares en 2007, 72 000 hectares en 2008 !
En dix ans, malgré les alertes, rien n’a changé. Pire, la consommation injustifiée de foncier agricole s’est accélérée. À qui la faute ? Parfois aux agriculteurs eux-mêmes, il faut le dire, et à l’intérêt qu’ils trouvent à vendre un bout de terrain à bâtir.
L’autre raison, c’est la volonté politique des élus locaux. Certaines communes ont fait des choix, parfois douloureux, toujours courageux, de réduire la part de la surface de leur commune qui serait dévolue à l’urbanisation, mais c’est s’exposer à beaucoup de critiques et d’y risquer sa réélection.
La FNSafer et son président André Thévenot luttent depuis des années pour mettre fin à ce gaspillage très français.
Et, pour y parvenir enfin, ils suggèrent que les décisions relatives à l’urbanisation, c’est-à-dire la délivrance des permis de construire, soient gérées à l’échelle intercommunale et non plus communale.
Cette solution simple qui pourrait trouver son application concrète dans la mise en œuvre législative de la réforme des collectivités locales, suggérée par le rapport Balladur, aurait le mérite d’éloigner des intérêts locaux contradictoires la gestion de l’urbanisme.
D’autre part, toutes les demandes de déclassement de terres agricoles en terrain à bâtir devraient être soumises à l’approbation d’une commission départementale présidée par le préfet. André Thévenot, demande que « l’État se réapproprie la politique de gestion de l’espace ». Une nouvelle fois, l’affaiblissement de l’État et ses abandons répétés laissent aux intérêts privés la possibilité de supplanter, hélas, l’intérêt général.


