La construction des maisons individuelles est le principal moteur de l’artificialisation des milieux agricoles et forestiers. Viennent ensuite les routes et les terrains de sport.
Le phénomène est difficilement réversible et continu. Tel est le constat que dresse Laurent Bisault, d’Agreste, qui a signé une étude sur ce thème. « mais cela ne remet pas en cause le caractère rural du territoire français, puisqu’il demeure pour une grosse moitié tourné vers l’agriculture et pour 30 % vers la production forestière.
Mais la poussée de l’artificialisation aux dépens des espaces naturels consomme 800 000 hectares sur la période 1992-2004. Soit l’équivalent de la superficie de la Marne ou du Puy-de-Dôme, deux des plus vastes départements français ». De 1992 à 2004, l’habitat individuel consomme la moitié des espaces soustraits à l’agriculture et la forêt pour occuper un total de deux millions d’hectares en 2004. Pour Laurent Bisault, « le développement tient d’abord à la croissance de la population. Il vient également du choix des Français qui plébiscitent la maison individuelle.
L’importance spatiale de la maison individuelle est d’autant plus forte qu’elle s’étend bien au-delà du bâti. Pour 100 mètres carrés utilisés, on en compte 55 pour les pelouses et les jardins, une vingtaine pour les allées, les parkings et autres haies, et seulement 25 mètres carrés pour la maison. En comparaison, l’habitat collectif utilise le tiers de ses espaces pour le bâti. »
Un étalement urbain en deux temps
L’étude d’Agreste révèle que le logement individuel couvre 12 % des surfaces dans les pôles urbains, 4 % dans le périurbain et 2 % en zones rurales. « La maison individuelle s’étend par densification de l’habitat dans les pôles urbains, extension des villes dans le périurbain, et par altération des paysages ruraux. La progression la plus faible est celle des pôles urbains. La partie du territoire où l’espace est rare et cher. Depuis 1975, la population n’y augmente que par l’excédent des naissances sur les décès. ».
Depuis 1975, l’étalement urbain se fait en deux temps. Il pousse d’abord les habitants des pôles vers les couronnes périurbaines. Il se fait plus lointain après 1999, quand la croissance démographique s’étend aux zones rurales. Ce qui se traduit par une progression de 25 % des maisons individuelles dans le périurbain entre 1992 et 2004, et de 33 % en zones rurales.
La rurbanisation
Conséquence d’un habitat individuel qui s’étend, le réseau routier grignote aussi le non bâti. « Amélioration des routes existantes et création de voies, les nouvelles routes relient en priorité les pôles urbains et leur couronne. Les nouvelles routes absorbent cependant 30 000 hectares de terres agricoles et forestières entre 1992 et 2004 dans les zones rurales. Les équipements de sport et loisir, troisième moteur de l’artificialisation des sols, accompagnent la croissance des populations. « Leur développement se fait aux dépens de 75 000 hectares de terres agricoles et forestières entre 1992 et 2004.
En priorité dans les espaces ruraux et périurbains, où ces équipements contribuent à la qualité de vie. Les nouveaux équipements sont plus rares dans les pôles urbains, où ils sont toutefois déjà bien présents avec 3 % des surfaces », explique Laurent Bisault.
Les équipements sportifs font une large place aux espaces verts. « Ils sont constitués pour une petite moitié de pelouses, auxquelles s’ajoutent de nombreux arbres. Les contributions des équipements industriels et commerciaux à l’artificialisation du territoire sont plus limitées ».
Agreste souligne également, dans son étude, qu’en comparaison des demandes liées à l’habitat, aux routes et aux terrains de sport, 30 000 hectares ont été consacrés à l’industrie de 1992 à 2004 et près de 20 000 hectares pour le commerce.
Source : Agreste


