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Déchaumage mode d'emploi
Grandes cultures
Jura agricole et rural
Publié le:  30 juillet 2009
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Entre récolte des céréales et préparation des lits de semence, le déchaumage répond à plusieurs objectifs agronomiques : enfouissement superficiel des débris végétaux, lutte contre les adventices, nivellement du sol et amélioration de la circulation de l’eau.

Première fonction du déchaumage : la maîtrise des flores adventices annuelles et des repousses de la culture. Ce travail superficiel du sol peut être réalisé à l’aide d’une grande variété d’outils, historiquement à dents, puis à disques et même à socs : chisels, covercrops, canadiens, néo-déchaumeurs, déchaumeurs à disques indépendants…

Si, originellement, le déchaumage prenait sa place entre la récolte et les labours profonds de fin d’été, c’est le développement des techniques de culture simplifiée qui a stimulé l’innovation technique dans ce secteur du machinisme. La suppression du labour ouvre en effet un large champ à la problématique de la gestion des résidus et des repousses.

En combinant une rangée de dents, une rangée de disques et un rouleau arrière les néo-déchaumeurs améliorent le mélange terre-paille obtenu avec les outils à dents classiques et les cover-crop, tout en maintenant un bon nivellement du sol.

Quel que soit le matériel présent sur l’exploitation, les conditions d’utilisation sont déterminantes pour obtenir les meilleurs résultats. Ainsi, des conditions très sèches peuvent pénaliser l’efficacité des outils à disques, ou des coutres à ailettes de l’Actisol, là ou des outils à socs s’en sortiront mieux. De même, les néo-déchaumeurs ne sont pas à leur place dans tous les types de sols, et la question de leur rentabilisation se pose parfois.

Faux-semis

Toujours est-il que l’opération doit déboucher sur un lit de semence bien nivelé et rappuyé, ce qui va déclencher la levée de nombreuses graines adventices situées dans les premiers centimètres du sol, dès que les conditions d’humidité sont propices : c’est le principe du faux semis. Avec des limites toutefois : la fonction désherbante “ mécanique” du déchaumage n’est efficace que contre les adventices annuelles et les repousses de cultures.

En présence de vivaces, il faut rester attentif au problème du fractionnement des rhizomes de chiendent, de liserons, de chardons et de rumex par les herses à disques. Un maximum de ces plantules indésirables pourront être détruites après la levée, soit par une solution mécanique, soit par un désherbage chimique avant l’implantation de la culture suivante.

La date de ce deuxième passage sera à raisonner en fonction de la météorologie, et des observations au champ. Les plantules jeunes sont les plus vulnérables à un stress physique (deuxième passage du déchaumeur) ou chimique (désherbage avant le semis de la culture suivante).

Aussi, il faudra trouver un bon compromis pour maximiser l’intérêt du faux-semis entre le nombre d’adventices germées et leur âge. Il faudra également tenir compte du fait que seule une partie du stock semencier de la parcelle germera effectivement suite au premier passage. Certaines espèces végétales nécessitent en effet une période froide pour germer.

Structurer le sol

Le second objectif poursuivi lors du déchaumage, c’est d’accélérer la décomposition des résidus de récolte. Lésions mécaniques et incorporation des débris à la terre vont dans ce sens. Les outils à disques, qui réalisent un mélange paille-terre (appelé mulch), sont particulièrement bien adaptés à cela. Une fois incorporées, les pailles sont rapidement attaquées par les microorganismes du sol et la quantité de débris végétaux en surface est réduite de manière conséquente.

Le déchaumage réalisé par deux passages de cover-crop permet de diviser par trois environ la quantité de paille en surface. L’intérêt est d’autant plus grand que ces débris végétaux hébergent bon nombre de champignons parasites des cultures pendant l’hiver : agents de la septoriose, de la fusariose, etc. Les résidus de récolte, s’ils restent en surface, constituent aussi un abri pour les populations de ravageurs, et notamment les limaces.

En l’absence de déchaumeur à disque sur l’exploitation, il faudra préalablement broyer les chaumes, avant de les enfouir avec un outil à dents. Le déchaumage superficiel permet donc en affinant le sol, en répartissant et en enfouissant partiellement les résidus, de faciliter le travail de semoir et d’améliorer la qualité du futur lit de semence. On évitera ainsi les problèmes ultérieurs de bourrage, de mauvais contact sol-graine... que peuvent causer les débris végétaux rigides. C’est aussi une manière de limiter les populations de ravageurs (telles les limaces) en supprimant le couvert végétal qui leur sert d’abri.

Enfin, cette façon culturale peut permettre, dans les grandes parcelles à sol compact et durci par la chaleur et le passage des engins de récolte, de briser superficiellement la croûte. Cela facilitera l’infiltration de l’eau lors des épisodes pluvieux ultérieurs (souvent violent en été) et diminuera le risque d’érosion.

Le mulch, réalisé en mêlant les résidus de récolte et la terre, améliore aussi la capacité de stockage de l’eau : cette couche brise la continuité structurale du sol et limite en partie les pertes d’eau par évaporation.




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