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La crise qui nous touche depuis maintenant quatre mois est sans précédent et je prends toute la mesure des conséquences qu’elle engendre.
Vous avez suivi avec force et conviction les appels à la mobilisation lancés par la FNSEA et les JA depuis plusieurs mois et je tiens à vous remercier pour l’unité et le courage dont vous avez fait preuve.
Pourtant, la crise n’est pas terminée et elle pèse de plus en plus. Moi-même producteur de lait, je sais à quel point la situation est dure. J’entends également votre mécontentement face à l’accord sur le prix du lait, signé par la FNPLait et soutenu par la FNSEA.
Cependant, je reste convaincu que cet accord, tout aussi insuffisant qu’il soit, était nécessaire.
Nécessaire d’abord, parce qu’il préserve, pour l’avenir, l’indispensable fonctionnement interprofessionnel qui devra prendre à bras-le-corps le dossier compliqué de la contractualisation et y apporter des réponses justes et équitables.
Nécessaire ensuite, parce que l’absence d’accord aurait, à coup sûr, donné aux entreprises les moins disantes la possibilité de tirer vers le bas l’ensemble des prix payés aux producteurs. Pour autant, le prix qui résulte de cet accord n’est pas durablement supportable par les producteurs et nécessite une solution à plus long terme.
Je tiens à vous dire que la FNSEA ne baisse pas les bras, loin de là ! Nous continuons et continuerons à nous battre pour que votre revenu ne soit pas laissé en pâture et que votre travail soit reconnu. À court terme, l’État doit impérativement dégager les moyens d’allégement de charges permettant aux plus fragiles de ne pas disparaître. D’ailleurs, le rendez-vous sur le revenu, très attendu, que la FNSEA demande pour l’automne, permettra d’éclaircir la situation.
C’est une bataille de longue haleine et à tous les niveaux. Nous devons rester forts face aux industriels et à la grande distribution. Au niveau européen, la FNSEA continuera à peser de tout son poids pour contrer une Commission européenne, trop libérable, souvent autiste et bornée comme en témoignent ses dernières positions. Nous avons été les premiers à demander plus de régulation.
Aujourd’hui, la France n’est plus aussi isolée sur ce point. D’autres pays sont en train de nous rejoindre sur la nécessité de réguler un secteur qui ne peut être laissé à la seule loi du marché. L’unité est notre force.
Enfin, nous devons être vigilants quant aux discours démagogiques que nous avons pu entendre ici et là. Si nous devons viser haut pour gagner la bataille, nous devons aussi faire preuve de raison et dire la vérité.
Plus que jamais nous devons rester unis pour faire face à la tempête qui touche notre profession.
C’est une condition indispensable pour sortir vainqueur de notre combat.


