RSS
Partager les évolutions de la génomique
Jura Bétail
Jura agricole et rural
Publié le:  27 août 2009
Page 4 

« La sélection génomique vient compléter les informations obtenues par les pedigrees, la production laitière et le pointage des animaux. Elle ne les remplace pas. »

La sélection assistée par marqueur est en route et fait son entrée dans les élevages. Pour répondre aux nombreuses questions  des éleveurs, Jura Bétail a organisé une réunion d'information à Champagnole.

«La campagne 2009-2010 marque le début  d'une ère nouvelle  pour l'amélioration  génétique montbéliarde avec l'utilisation  des premiers jeunes taurillons évalués  à partir des marqueurs génétiques.  Aujourd'hui, Jura Bétail travaille avec des  données génomiques », signale Alain  Romand, président de la coopérative d'insémination.  Une telle évolution valait  bien une réunion spécialement consacrée  au sujet de la génomique et à son application  dans le programme de sélection  Jura Bétail. Les éleveurs ont répondu  largement présent ce lundi 24 août à la  salle de l'Oppidum de Champagnole.

Une réunion qui était ouverte à tous les  acteurs de l'élevage du département mais  aussi aux éleveurs suisses et à la presse.

En introduction, Dominique Peinturier,  directeur de Jura Bétail a rappelé le fonctionnement  de la sélection génomique.
« Sélection génomique ne veut pas dire  sélection sur des gènes mais sur des  marqueurs génétiques.

Un marqueur est  un barreau de l'échelle qui compose  l'ADN et que l'on sait identifier facilement.

Ce marqueur peut se trouver dans  un gène ou à proximité d'un gène que l'on  cherche à identifier car on sait que ce  gène aura une action sur le taux butyreux,  le TP, etc.» La Sélection Assistée  par Marqueurs 2ème génération  (SAM2) permet désormais, avec une  simple prise de sang à la naissance,  d’avoir une information sur la valeur  génétique d'un animal. Cette information  parvient chaque mois à la coopérative  d'insémination.

Les index évoluent  vers plus de fiabilité

« L'index d'un taureau génomique, à  ses débuts, est composé à 60 % par l’information  apportée par les marqueurs  et à 40 % par son pedigree. Il n'est pas  encore au niveau d'un taureau dont on  connaît 75 filles mais il est beaucoup plus  précis que le seul pedigree et il évolue  dans le temps vers plus de fiabilité, notamment  avec la descendance », indique  Dominique Peinturier.

D'autres évolutions  sont attendues pour améliorer cette  fiabilité : l'ISU génomique se base actuellement  sur 15 caractères indexés parmi  ceux retenus en race montbéliarde ;  25 caractères seront indexés dès le mois  d'octobre 2009 et la totalité en 2010.

De  plus, la population de référence des taureaux  devrait avoir doublé en deux ans  avec 1 300 taureaux indexés en 2010. Enfin,  la génétique de laboratoire devrait  ouvrir la porte à de nombreuses avancées  avec la découverte de nouveaux marqueurs  spécifiques et, demain, la prise  en compte direct des gènes.

Une technologie  qui appartient aux unités  de sélection

La durée moins grande d'élevage d'une  partie des taureaux devrait logiquement  faire réaliser quelques économies aux  unités de sélection, mais sur la question  du prix des IA, le président Alain Romand  préfère la prudence : « Nous ne maîtrisons  pas tous les facteurs extérieurs à  notre métier mais je pense que nous pourrons  ainsi contenir nos charges... »

Michel  Cètre, administrateur à l'lUNCEIA  tient à souligner que le développement de  la sélection assistée par marqueur, démarré  en 2001, a demandé un effort financier  important des 8 unités de sélection françaises  qui se sont lancées dans l'aventure,  les France étant dans le trio de tête des  pays qui ont choisi de développer la SAM.

« Aujourd'hui, les retombées de cette technologie  leur appartiennent en propre. Des préconisations  ont été apportées par les organismes  d'élevage au sein de chaque  race mais les unités de sélection font leurs  propres choix, notamment de maintenir  ou non le testage ».

50% de taureaux  de testage

Concrètement Jura Bétail a choisi de  conserver la moitié de son activité de testage  tandis que d'autres unités de sélection  pencheraient pour son abandon. Les  administrateurs de Jura Bétail ont, là aussi,  prôné la prudence. « Cette technologie  est très récente et évolue régulièrement.

Qui peut nous dire avec certitude les  conséquences d'une utilisation unique et  massive de taureaux génomiques ? Le  maintien du testage nous permet également  de renforcer notre population de référence,  ce qui est essentiel pour rendre  la sélection génomique plus fiable et maintenir  une certaine variabilité », explique  Alain Romand. Le choix de ne présenter  qu'une quinzaine de taureaux génomiques  par an au catalogue, c'est aussi pour rester  dans une proportion gérable, pour les  éleveurs et pour l'unité de sélection.

« Si  35 nouveaux taureaux arrivaient chaque  année au catalogue, cela deviendrait un  véritable casse-tête ! », commente Jean-François Saillard, président de la commission  génétique chargée de suivre l'adaptation  de ces nouvelles technologies au  programme Jura-Bétail (lire ci-dessous).

Dans tous les cas de figure, qu'il s'agisse  de taureaux génomiques ou issus de testages,  les filles seront contrôlées et serviront  à enrichir les résultats des index.  « Pas question de diminuer l'intensité du  contrôle laitier et du pointage morphologique,  insiste le président Alain Romand.

Jusqu'à aujourd'hui, pour nous  renseigner sur les potentiels génétiques  des animaux, nous avions les pedigrees,  la production laitière, le pointage et la descendance.

La génomique vient compléter  ce que nous avions déjà, c'est la 4ème  dimension ». Une chose est sûre, les techniciens  de Jura Bétail continueront encore  à se rendre dans les élevages pour repérer  les meilleures mères à taureaux...

IP

Nous reviendrons dans nos prochaines  éditions sur ce sujet à travers une série  de questions-réponses.


Les atouts des JB juniors

Les JB Juniors sont des jeunes taureaux  sans filles en production  mais avec une information génomique.
Avec ce système, il est possible  de savoir si un taureau sera améliorateur  très tôt, dès l'âge de 3-4 mois  contre 6 ans pour un taureau en testage  après contrôle de descendances.

Jura-Bétail propose 10 de ces taureaux  « Juniors » dans son nouveau catalogue  sur un total de 26, les autres étant indexés  selon la méthode traditionnelle,  c’est-à-dire sur les performances de  leurs filles. L'intérêt de ces taureaux  génomiques, plus jeunes de 4 à 5 ans  que leurs aînés, est d'apporter un niveau  génétique plus élevé.

« L'illustration  en est faite avec cette série de JB  Junior qui sort à 145 points d'ISU en  moyenne », indique D. Peinturier. Leur  utilisation est limitée à 5% des IAP de  l'année précédente par taureau et il est  conseillé d'utiliser plusieurs taureaux  JB Junior plutôt qu'un seul pour garantir  une bonne moyenne d'ISU.

Une commission  génétique

Cette commission composée d'une  vingtaine de personnes, techniciens et  administrateurs de Jura Bétail, agriculteurs  et représentants de la fédération  suisse des sélectionneurs de  bétail bovin (FSBB), s'est scindée en  deux groupes : une commission  « SAM2 » qui se réunit mensuellement  et une commission « création » qui choisit  les pères à taureaux et travaille sur  la voie femelle (génotypage, transplantation  embryonnaire...).

« Le travail  en amont est énorme pour repérer les  animaux à génotyper, analyser et hiérarchiser  les résultats d'indexation. il  faut une grande réactivité pour acheter  les veaux mâles, les mettre en voie  de testage ou en JB Junior. Ces derniers  ne sont pas choisis uniquement  sur leur index génomique mais ils doivent  venir de montages génétiques différents  entre eux », explique J.-François  Saillard.




Newsletter GRATUITE