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Identifier le meilleur compromis rendement / débouché est tout l’enjeu du choix d’une variété d’orge d’hiver ou d’escourgeons.
En conséquence, variété brassicole ou fourragère sera le premier critère de sélection. Ensuite, on ne s’arrêtera pas au seul comparatif rendement, en tenant compte d’autres critères, tels la sensibilité à divers accidents.
Six brassicoles en compétition
Parmi les variétés reconnues « variétés préférées » par les malteurs pour la récolte 2010, cinq variétés sont en compétition : Arturio et Cartel rejoignent Esterel, Azurel et Vanessa. Esterel réalise, cette année, un des meilleurs scores de sa longue carrière aussi bien au niveau du rendement que du calibrage.
Comme d’habitude, sa teneur en protéines reste bien contenue. Ses caractéristiques agronomiques sont toujours en retrait par rapport à la concurrence : sensibilité aux maladies, à la verse et à la casse de l’épi. Vanessa obtient des résultats dans sa moyenne pluriannuelle sans que cela ne risque, pour autant, de freiner son déclin.
Malheureusement, sa remplaçante n’est toujours pas en vue. Testé depuis quatre ans, Azurel est un peu en retrait par rapport à Esterel. Supérieur en calibrage, il est aussi un peu plus riche en protéines. Enfin, cette variété se distingue également par un bon PS et une sensibilité aux maladies et à la verse dans la bonne moyenne.
Arturio, nouveau dans cette catégorie de qualité (bien qu’inscrit en 2004) est l’escourgeon très précoce le plus productif, en moyenne depuis 5 ans, parmi les candidats brassicoles. En référence à Esterel, cet escourgeon produit de l’ordre de 5 à 6 % de plus en moyenne.
Comme Esterel et Azurel, il fait son rendement avec beaucoup d’épis et des petits grains. Son calibrage est intermédiaire entre ceux de ces deux variétés alors que sa teneur en protéines semble vite s’élever dans les situations à rendement limité. Son PS est modeste et ses caractéristiques agronomiques sont proches de celles d’Esterel.
Enfin, Cartel accède à cette classe de qualité seulement deux ans après son inscription.
Cet escourgeon adapté aux semis précoces produit 3 à 4% de rendement de moins que Esterel en moyenne sur les trois dernières années.
Néanmoins, il faut faire ses comptes. Il se distingue par un calibrage très élevé, proche de celui d’une orge à 2 rangs et par une teneur en protéines plutôt faible. Ses caractéristiques agronomiques, retiennent également l’attention : tolérance à l’ensemble des maladies et à la verse.
Contrairement aux escourgeons de la catégorie, il réalise son rendement avec assez peu d’épis et des gros grains. Parmi les « variétés observées par les malteurs en conditions industrielles » pour la récolte 2010, c’est le grand vide.
Cervoise, un escourgeon très productif, est déclassé alors que les deux orges Metaxa et Malicorne, également très productives parmi les 2 rangs, arrêtent leur carrière brassicole à la porte de cette catégorie.
Enfin, arrive dans la catégorie des « variétés admises en validation technologique », une orge à 2 rangs : Casanova.
Avec un rendement supérieur d’environ 10 % à celui de Vanessa, elle confirme un niveau de productivité élevé, comme dans les essais d’inscription. Plus précoce que cette dernière, elle semble avoir des qualités brassicoles identiques : calibrage très élevé et prise de protéines assez facile. Ses caractéristiques agronomiques, aussi bien au niveau des maladies que la verse, semblent intéressantes.
Les plus productives sont toujours de fourragères
Depuis au moins cinq ans, Abondance et Champie font la course en tête de la productivité. Comparés à Esterel, ces escourgeons produisent 10 % de plus en moyenne.
Néanmoins, ces deux variétés ont des caractéristiques agronomiques plutôt défavorables, hormis un bon PS : forte sensibilité aux maladies ainsi qu’à la verse.
Avec un rendement encore 10 % supérieur à celui des deux références fourragères, arrive Volume. Cet escourgeon est un hybride plutôt tolérant aux maladies et à la verse.
Enfin, pour les inconditionnels des orges à 2 rangs, Yatzi reste l’orge d’hiver fourragère la plus productive mais aussi une des plus sensibles aux maladies.
Sinon, rien de bien nouveau : Platine, Dolmen, Menhir et Campanile sont des valeurs sûres sans réels défauts auxquelles viennent se joindre Metaxa et Malicorne.
Luc Pelce et Matthieu Kill-Mayer Arvalis Institut du végétal Dijon


