Le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, s’est rendu dans les Pyrénées-Orientales pour constater les graves difficultés que rencontrent les producteurs de fruits, et les soutenir.
La crise que traverse le secteur des fruits et légumes depuis le début de l’été a beau faire la une des journaux, rien n’y fait, les prix ne décollent pas. En cause, la fermeture du marché russe qui concentre une grande partie de la production européenne sur le sol européen, au moins pour les fruits d’été.
Avant un déplacement en région Provence-Alpes-Côte d’Azur la semaine prochaine auprès des producteurs de raisins et de pommes, la FNSEA a soutenu les producteurs de pêches et nectarines, le mardi 18 août, dans les Pyrénées-Orientales.
À Ille-sur-Têt, capitale de la production de pêches et nectarines, le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, a rencontré les producteurs et responsables de deux coopératives, La Jardinière et Ille fruits. Pour entendre à chaque fois le même message : « ça ne passe plus ! »
« Les producteurs des Pyrénées-Orientales sont soumis à une crise sévère puisqu’ils vendent sous leur coût de production, à 2,20 euros, alors qu’ils produisent à 3,30 euros. Il était normal que la FNSEA vienne sur place pour constater l’étendue des dégâts », a déclaré Dominique Barrau, à l’issue de la réunion tenue à huis clos dans la matinée.
Distorsions de concurrence
Et tous les producteurs le déplorent, leur coût de production est bien plus élevé que celui de leurs voisins européens.
« En juin, alors que la crise se dessinait, nous avons obtenu des outils pour mieux connaître les méthodes d’élaboration des prix de vente et des marges. Mais ce n’est pas assez, visiblement. Tout le monde le sait, l’origine de cette crise réside dans le coût de production des produits français, trop chers par rapport à leurs concurrents », explique Dominique Barrau.
Les Allemands, et d’autres pays du nord de l’Europe, confrontés au même problème de distorsion de concurrence, appuient leurs producteurs avec des aides pour compenser le coût de la main-d'œuvre et celui de l’énergie.
«Nous allons donc demander dans les jours qui viennent au gouvernement d’œuvrer en ce sens, pour faire aboutir le projet de prise en charge partielle du coût de travail, à raison de 4 euros pour les premières heures », a-t-il encore indiqué. La mesure devait être présentée au ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Bruno Le Maire, dès le 18 août.
« Nous avons fait le choix de la préférence communautaire, il est donc logique que les États prennent en charge le différentiel de coût de production entre les produits européens et ceux du reste du monde. Tout comme il est très valable, pour les producteurs des Pyrénées-Orientales, d’inscrire fortement l’agriculture dans le cadre du projet Euro-Méditerranée voulu par le Président de la République », a encore commenté Dominique Barrau.
En attendant, les ventes au déballage semblent connaître un accès d’intérêt des grandes surfaces pour les deux derniers samedis du mois d’août. « Ces ventes sont une bonne idée, il faut les poursuivre, mais elles ne suffisent et ne suffiront pas. Il faudra autre chose pour préserver les 10 000 emplois liés directement à l’agriculture dans les Pyrénées-Orientales », a averti le secrétaire général de la FNSEA.


