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Des prix alignés sur ceux de 1997-2006
Perspectives agricoles 2009-2018
Jura agricole et rural
Publié le:  27 août 2009
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Dans leurs dernières perspectives agricoles 2009-2018, l’OCDE et la FAO (1) annoncent que les prix agricoles et alimentaires devraient s'aligner sur les niveaux de la décennie 1997-2006, avant les pics de 2007 et 2008, voire même les dépasser. Les prix de l’énergie et les prix agricoles sont, eux, de plus en plus connectés.

Les dernières perspectives agricoles, élaborées conjointement par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), évaluent les marchés des biocarburants, des céréales, des oléagineux, du sucre, de la viande, du lait et des produits laitiers pour la période 2009-2018.

Ces perspectives, qui constituent un scénario plausible d’évolution des marchés agricoles pour les dix années à venir, ont été rédigées, en 2009, alors que la récession économique mondiale ne faisait que débuter. Ces projections sont donc à interpréter avec prudence car la situation macroéconomique mondiale continue d’évoluer rapidement.

L’enseignement principal de cette évaluation est que, sur les dix prochaines années, les prix moyens agricoles et des produits alimentaires devraient s'aligner sur les niveaux de la décennie écoulée (1997-2006), avant les pics de 2007 et 2008, voire même les dépasser.

En 2009, les prix ont considérablement baissé par rapport à 2007 et 2008, en raison d’une offre de produits agricoles meilleure que prévue, en particulier dans les pays développés, et de prix du pétrole brut beaucoup plus bas qu'anticipés. La faiblesse persistante de l'économie mondiale va encore freiner les prix des denrées de base au cours des deux ou trois prochaines années, puis ils devraient se raffermir sous l’effet de la reprise économique.

Prix légèrement plus élevés

Par rapport à 1997-2006, les productions végétales devraient connaître des augmentations de prix de 10 à 20 %, les huiles végétales pouvant même enregistrer des hausses supérieures à 30 %. Les prix de la viande, quant à eux, ne devraient pas dépasser la moyenne de 1997-2006.

Par ailleurs, les baisses de revenus enregistrées début 2009 vont inciter les consommateurs à se reporter sur des viandes moins chères, telles que la volaille au lieu du boeuf. Les prix moyens des produits laitiers devraient, enfin, être légèrement plus élevés ces dix prochaines années, sous l'effet de la hausse  des prix des énergies et des huiles végétales.

L'augmentation de 12 % des prix du beurre est la plus notable.

En dépit de la gravité de la récession économique mondiale, « l'agriculture devrait s'en sortir relativement mieux » que d’autres secteurs d’activité, souligne le rapport de l’OCDE et de la FAO, en raison de revenus comparativement élevés lors de la période précédente, et d’une demande alimentaire assez inélastique par rapport aux pertes de revenus des consommateurs, liées à la crise économique.

La réduction des prix, de la production et de la consommation des produits agricoles, associée à une baisse des revenus, « devrait être modérée », à condition que l'on assiste à un début de reprise économique d'ici deux à trois ans.

Pétrole et agriculture

Néanmoins, la demande de produits de bétail plus onéreux comme le boeuf, le porc et les produits laitiers, serait la plus touchée si l’on retient le plus mauvais des scénarios de ces perspectives agricoles. Parmi les céréales, les prix du maïs seraient les plus sensibles à des baisses de produit intérieur brut (PIB), reflétant ainsi son utilisation principale en tant qu'aliment de bétail plutôt que matière première utilisée pour produire des biocarburants.

Enfin, il ressort de cette étude que les prix énergétiques et les prix agricoles sont devenus beaucoup plus interdépendants depuis l'avènement de l'agriculture industrialisée, la transformation croissante des produits, l'accroissement des transports, mais aussi depuis l'apparition des biocarburants (particulièrement ceux utilisant des matières premières telles que le maïs, les graines d'oléagineux et les plantes sucrières).

Dans le scénario des perspectives, l'hypothèse de prix du pétrole brut à moyen terme se situe environ 60 % au dessus de la moyenne de la période 1997-2006. Et son prix devrait augmenter modérément jusqu'à atteindre 70 dollars le baril d'ici à 2018.

Mais si ce prix atteignait le niveau de 90-100 dollars/baril, les prix agricoles augmenteraient considérablement, selon le rapport. Et la production serait la plus touchée avec, d'un côté, une baisse de production provoquée par des intrants plus coûteux et, de l'autre, un accroissement de la demande de matières premières agricoles provenant du secteur des biocarburants.

(1) La base de données complète des Perspectives agricoles est consultable sur le site Internet commun de l’OCDE et de la FAO, à l’adresse www.agri-outoutlook.org.


Un milliard de mal nourris

Les prix élevés de 2008 se sont avérés bénéfiques pour beaucoup de producteurs, dans les pays développés comme dans les pays en développement. Cependant, bon nombre d’agriculteurs des pays en développement ne sont pas reliés aux marchés, et n’ont tiré guère d’avantages, voire aucun, de cette flambée. Pour les pauvres, en particulier dans les zones urbaines des pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, la situation s’aggrave.

Dans bien des pays à faible revenu, la nourriture représente en moyenne plus de 50 % du budget, et le haut niveau de prix a fait franchir la barre du milliard d’individus mal nourris dans le monde, en 2009. D’où la nécessité de développer les capacités d’approvisionnement intérieur des pays en déficit alimentaire, en améliorant l’environnement général dans lequel l’agriculture fonctionne.

Enfin, selon FAO, il serait nécessaire d'augmenter la production alimentaire mondiale de plus de 40 % d'ici 2030 et de 70 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux moyens 2005-2007, afin de nourrir l’humanité.




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