Près de la moitié des ménages affirme avoir modifié leurs habitudes alimentaires depuis un an. À contre-courant, les produits bio affichent une hausse de 25 %.
La récession actuelle a intensifié les craintes des ménages explique une analyse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture.
Par conséquent, près d’une famille sur deux affirme avoir changé ses habitudes alimentaires. Cette proportion grimpe à 71 % chez les ménages pauvres.
Résultat, les populations les plus fragiles affirment se restreindre sur leurs dépenses alimentaires. C’est le cas de près d’un chômeur sur deux, 44 % des familles monoparentales ainsi qu’un tiers des jeunes et des étudiants.
La part consacrée à l’alimentation subit l’explosion des dépenses contraintes : santé, logement, eau, gaz, électricité, téléphone, assurance, frais financiers, transports, etc. Entre 1979 et 2005, la part de ces dernières est passée de 21 % à 38 % du budget des « classes moyennes » et jusqu’à 48 % pour les ménages les plus pauvres.
Ainsi, en plus de contrôler le volume de leurs dépenses alimentaires, les ménages font également des choix entre les produits alimentaires.
Certains produits enregistrent de fortes baisses : boissons sucrées, produits allégés, eau en bouteille, plats cuisinés ou encore alicaments. Parallèlement, la consommation de viande s’est fortement réduite en 2008. Les viandes les plus chères sont les plus affectées (bœuf, veau et agneau). La baisse de la consommation de produits laitiers à domicile porte également sur les fromages et les produits ultrafrais.
De manière opposée et malgré la crise, les produits bio enregistrent une progression des ventes de 25 %.
En 2008, ils représentent 1,7 % des produits alimentaires consommés contre 1,2 % en 2005. Les agriculteurs ne s’y trompent pas. La progression des surfaces en conversion à l’agriculture biologique est en hausse de 34,6 % en 2008.


