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La campagne de vaccination 2009 est une réussite |
GDS France a conduit une mission d'étude dont l'objectif est de présenter pour la FCO des propositions aux Pouvoirs publics, autour de deux axes : l'adaptation du dispositif de lutte pour la prochaine campagne et une meilleure prévention ou une maîtrise rapide de nouveaux sérotypes qui pourraient apparaître en France.
Plus de la moitié des États membres de l’Union sont, parfois depuis plusieurs années, frappés par un ou plusieurs sérotypes de FCO Alors que la maladie semble durablement installée sur le territoire de l’Union et que la menace de nouveaux sérotypes existe, il semblait important pour les GDS de mettre en commun les expériences de tous les acteurs de la lutte sanitaire et des filières économiques.
Pour cela GDS France et sa Mission Prospectives Sanitaires ont rencontré les institutions européennes et internationales, institutions scientifiques, organisations professionnelles agricoles et vétérinaires, opérateurs économiques, le tout complété par des déplacements dans plusieurs pays européens, Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume Uni de Grande Bretagne et Suisse.
Un rapport préliminaire de 16 pages a été rédigé dont cet article constitue un résumé retraçant les grandes lignes de positions en cours au sein du Réseau des GDS.
Peut-on éradiquer un sérotype très installé ?
Même si les scientifiques n’excluent pas la possibilité théorique d’une éradication d’un sérotype de FCO (AFSSA, UNCEIA), l’ensemble des interlocuteurs rencontrés par la Mission d’étude à ce jour a, au minimum, élevé de très forts doutes quant à sa possibilité pratique, la majorité d’entre eux considérant même l’éradication impossible dès lors que le virus est installé sur un territoire.
Néanmoins, la Mission de prospectives sanitaires GDS recommande vivement la poursuite et l’amplification de la recherche en matière de FCO et considère essentiel, quelle que soit la stratégie de lutte retenue pour les années à venir, que soit approfondie la recherche de références quant à l’éradication de la FCO et/ou de ses divers sérotypes.
Il ressort, en effet, des échanges intervenus que l’éradication d’un sérotype de FCO sur un territoire donné n’est envisageable qu’au début d’un épisode ou avec une prévalence faible et sous d’importantes conditions, parmi lesquelles figurent la connaissance du vecteur, la connaissance de la persistance des anticorps, la maîtrise de la faune sauvage et enfin, naturellement, disposer des outils de lutte adaptés (vaccins).
En tout état de cause, un constat clair peut être tiré : la situation actuelle au regard des sérotypes présents sur le territoire européen, notamment les 1 et 8, ne laisse pas d’espérance d’une possibilité d’éradication.
En conclusion, le sentiment généralement exprimé est celui de la nécessité d’apprendre à vivre avec le virus durablement installé sur le territoire de l’Union et plus particulièrement avec les sérotypes 1 et 8 sur le territoire français.
Comment adapter le dispositif de lutte FCO ?
Si le fait de devoir apprendre à vivre avec le virus suppose l’acquisition progressive par les animaux d’une immunisation, il convient de minimiser l’impact de la maladie ainsi que son coût direct (pertes sanitaires) et indirectes (pertes économiques et commerciales).
Il n’est pas inutile de rappeler que seuls les animaux en bonne santé sont capables de faire des anticorps à la suite d’une vaccination ou d’une agression virale.
La Mission considère que le dispositif de lutte contre les sérotypes de FCO présents sur le territoire continental doit désormais viser deux objectifs prioritaires :
• Un objectif sanitaire : préserver la santé des animaux et réduire le coût de la maladie quand elle survient dans les élevages.
• Un objectif commercial : maintenir les capacités d’échanges vers les États membres de l’Union européenne et d’exportation hors de l’Union européenne.
Il convient de souligner que toute future stratégie de lutte ne pourra être définie que sous deux contraintes : l’acceptabilité de cette stratégie par les éleveurs d’une part et le coût de la lutte d’autre part.
Il apparaît clairement cependant que, tant de manière directe que de manière indirecte, les conséquences sanitaires de la FCO ne peuvent être négligées, d’après les informations, même parcellaires, dont dispose la Mission.
Si tous les élevages ne sont pas frappés de manière identique, des pertes significatives de production laitière ou de poids des animaux, des problèmes d’infertilité ont largement pu être notés.
Il convient d’ajouter les conséquences économiques liées aux restrictions de circulation des animaux prévues par les réglementations en vigueur.
Utilité de la vaccination non remise en cause
Dans la perspective de devoir vivre avec le virus, la première question qui se pose est naturellement celle de l’utilité de la vaccination, question qui a pu être soulevée, même de manière marginale, depuis l’année dernière.
En terme d’efficacité, et même s’il conviendra d’attendre la fin de l’été pour apprécier l’impact de la campagne de vaccination obligatoire, GDS France considère, au vu de l’expérience de la campagne de vaccination de l’an dernier et de l’aveu des scientifiques rencontrés, que les vaccins contre les sérotypes présents sur le territoire national ont fait la preuve de leur capacité à protéger efficacement les animaux vaccinés.
La vaccination reste donc le moyen de lutte, de protection et de maîtrise majeur dans la lutte contre la FCO, et ce, quelle que soit la stratégie retenue par les pouvoirs publics pour la prochaine campagne.
Enfin, s’ils peuvent dans certaines conditions (liées notamment à l’hygiène générale des animaux) présenter un intérêt certain en termes d’efficacité, les traitements non chimiques ne semblent pas pouvoir présenter un caractère d’efficacité suffisant pour constituer une alternative générale à la vaccination.
L’hypothèse du maintien d’une vaccination obligatoire pour la prochaine campagne n’est pas recevable !
GDS France tient, tout d’abord, à rappeler que les organisations professionnelles d’élevage n’ont accepté la généralisation et l’obligation de vaccination des animaux des espèces sensibles décidées par les pouvoirs publics que pour une année, dans l’idée de réduire la pression de la maladie dans les élevages.
Cet avis négatif sur « le maintien d’une vaccination obligatoire », qui est notamment celui des organisations professionnelles d’élevage, n’est pas d’abord fondé sur des raisons financières, mais sur des raisons stratégiques (l’absence de perspectives crédibles d’éradication) et techniques.
Deux arguments supplémentaires peuvent être opposés au maintien de cette option :
• En premier lieu, à partir du moment où « il faudra s’habituer à vivre avec le virus », une année de plus de vaccination obligatoire ne ferait probablement que retarder une échéance inéluctable.
• En second lieu – et cet argument est particulièrement pertinent par rapport à la proposition de poursuivre pour un an encore la vaccination obligatoire – la protection vaccinale et sauvage sera maximale l’année prochaine ; ceci signifie que la prolongation de l’obligation de vaccination ne se justifierait l’année prochaine que dans la perspective de sa pérennisation.
Le passage à une vaccination volontaire
L’adoption d’une politique de vaccination volontaire des animaux contre les sérotypes de FCO présents sur le territoire continental s’inscrit naturellement dans la perspective de vivre avec le virus ; elle présente l’avantage incontestable d’être fondée sur la responsabilisation personnelle des éleveurs. Elle permet également, de prendre en compte l’immunisation acquise suite à la circulation des virus sauvages.
Pour que chaque éleveur puisse prendre sa décision en toute connaissance de cause, GDS France considère indispensable qu’une importante politique de communication et de conseil soit collectivement élaborée et portée par l’ensemble des acteurs de terrain.
Il conviendra notamment d’attirer l’attention des éleveurs sur la question des jeunes animaux, non protégée par l’immunisation acquise par le passage de la maladie. Dans cette perspective, une recommandation de vaccination de ces animaux devra, a minima, être faite, à destination des éleveurs souhaitant renforcer, dans la durée, la protection de leur cheptel.
En parallèle, GDS France s’interroge sur l’application des mécanismes de solidarité pour des éleveurs n’ayant pas assuré la protection de leur cheptel.
Conditions de l’acceptabilité de la vaccination
Que les pouvoirs publics orientent leur décision en matière de stratégie de lutte contre la FCO l’année prochaine en maintenant une politique d’obligation vaccinale ou en rendant la vaccination volontaire, GDS France, avec l’ensemble des organisations professionnelles agricoles rencontrées (FNSEA, FNB, FNO, FNEC), considère indispensable que la possibilité d’une vaccination des animaux par les éleveurs ne fasse plus l’objet de discussions, ni de querelles.
Compte tenu de la situation économique des élevages, mais aussi du coût de la vaccination (notamment en cheptel ovin), cette condition apparaît indispensable C’est une des premières conclusions opérationnelles que la Mission de prospectives sanitaires a souhaité tirer.
Depuis l’origine, GDS France rappelle que les dispositions juridiques comme la pratique quotidienne dans les élevages et l’élévation du niveau de compétence technique des éleveurs ouvrent cette opportunité pour toute vaccination volontaire des animaux.
À cet égard, la Mission de prospectives sanitaires ne peut que se féliciter que les organisations vétérinaires aient dernièrement publiquement reconnu la légalité de cette pratique.
Sur ce point, la position de la Mission est que doit être réservée au vétérinaire sanitaire la responsabilité de la vaccination des seuls animaux destinés aux échanges dans le cadre des dispositions réglementaires européennes en vigueur et que les éleveurs aient le choix pour les autres animaux de recourir au vétérinaire ou de les vacciner eux-mêmes.
Par ailleurs, au vu des tarifs moyens fixés cette année, la Mission recommande très fortement que la fixation des tarifs de prophylaxie se fasse sur une base horaire.
Animaux destinés aux échanges
GDS France propose une solution techniquement fiable qui comprendrait la vaccination par le vétérinaire sanitaire des seuls animaux destinés aux échanges et une vaccination encadrée que l’éleveur aurait la possibilité de réaliser pour le reste du cheptel.
Les modalités de cet encadrement pourraient s’appuyer sur les conditions fixées par le décret sur la prescription hors examen clinique des animaux et sur une traçabilité assurée par un enregistrement dans SIGAl, afin que les autorités sanitaires puissent en assurer le contrôle.
GDS France tient enfin à souligner qu’une procédure identique pourra être mise en œuvre dans le cadre plus générale de la vaccination volontaire, afin notamment de sécuriser les achats d’animaux en crédibilisant l’engagement du vendeur, le passeport ne pouvant plus servir matériellement de support à la traçabilité de la vaccination.
Conclusion provisoire
Compte tenu des différents éléments en sa possession, GDS France juge indispensable que les Pouvoirs publics affichent rapidement la stratégie retenue et les objectifs qu’ils se fixent, afin que la politique mise en œuvre connaisse une lisibilité garante d’adhésion de la part des éleveurs.
En l’absence d’une possibilité d’éradication, GDS France considère que ces objectifs doivent, selon les sérotypes et selon les situations, viser à endiguer la progression de la maladie, donner le temps aux éleveurs de s’organiser pour lutter contre la maladie en fonction de leur propre situation et vivre avec le virus.
Enfin, GDS France partage l’opinion avancée par les organisations professionnelles agricoles et vétérinaires selon laquelle les options qui devront être prises devront être retenues sur une base technique et scientifique et non sur des bases politiques.
(D'après le rapport d'étape de la Mission prospectives sanitaires conduite par GDS France)


