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Pour l’autoconsommation choisir une variété productive, facile à conduire et de préférence riche en protéines |
À partir des synthèses variétales, les agriculteurs trouveront ici les éléments pour faire évoluer les variétés présentes sur leur exploitation.
L’agriculteur comme l’organisme stockeur a intérêt à diversifier son choix variétal sur un secteur donné, pour limiter les risques d’accident climatique chez le producteur, et associer points forts et faiblesses des différentes variétés pour la commercialisation.
La proposition de choix que nous faisons se répartit en trois catégories :
• les variétés confirmées qui ont démontré dans nos essais une bonne régularité de productivité et dont leur mode d’emploi est bien cerné. Dans les conditions où elles sont préconisées, elles peuvent constituer la base d’un assolement.
• les variétés récentes sont présentes dans nos essais depuis deux ou trois ans.
Leurs performances nous paraissent intéressantes, elles peuvent être testées sur une partie de la sole.
• les nouveautés bénéficient d’une seule année de test après l’inscription et peuvent être testées sur une petite surface dans les conditions de l’exploitation.
Blés panifiables supérieurs
• Variétés confirmées
Aubusson : bien adaptée aux sols légers, a l’avantage de pouvoir être semée tardivement. Sa sensibilité aux maladies ne doit pas faire oublier sa bonne tenue de tige, son PS, sa qualité.
Éviter les précédents maïs et sorgho.
Premio : à réserver aux terrains profonds, variété demi-précoce, bonne tolérance à la verse, aux maladies foliaires et note tout juste moyenne sur fusariose d’épis. Bonne teneur en protéines, PS moyen (comme Caphorn), en observation par la meunerie.
Caphorn : pour les situations profondes notamment au nord de la région, avec un rendement seulement moyen, compensé par beaucoup d’atouts : teneur en protéines, pas de gros problème sanitaire ni de verse, surveiller néanmoins la rouille brune.
Aldric, variété type Caphorn pour le nord de la région, courte mais plutôt sensible à la verse, bonne tolérance à la rouille brune mais pas à l’oïdium, PS moyen, valeur boulangère qui intéresse la meunerie. Pas de chlortoluron.
Arlequin, son créneau est limité : blé précoce pour remplacer apache derrière maïs en valorisant sa bonne tolérance à la fusariose d’épis. La contrepartie : un PS faible, au mieux égal à Caphorn, mais souvent inférieur, une grande sensibilité à la verse et aux maladies foliaires, pour un potentiel dans la moyenne, sans effet lieu ou terrain marqué. Bon complément à Caphorn, recommandée par la meunerie.
Mercato : variété demi-précoce pour les semis précoces où on sèmerait Orvantis, avec moins de maladies. Sensibilité moyenne aux fusarioses, valeur boulangère bonne et régulière, PS tout juste moyen. Boudée par la meunerie.
PR 22R58 : est une variété productive, précoce, un très bon PS, une teneur en protéines satisfaisante, peu de sensibilité aux maladies foliaires, assez bonne tolérance à la verse, tolérante au chlortoluron.
Très sensible à l’oïdium, et à la fusariose d’épis les mauvaises années. Boudée par la meunerie.
Apache ne reste incontournable qu’en semis simplifié derrière maïs ou sorgho.
Ne pas oublier
Graindor pour sa tolérance aux maladies y compris les fusarioses d’épis, et sa qualité constante, Epidoc pour sa précocité et sa bonne valeur boulangère.
• Variétés récentes
Sollario : variété précoce pour les sols profonds, très sensible aux maladies, peu versante. Très bon PS, qualité satisfaisante. Pas de chlortoluron.
Exelcior : variété précoce, pas trop compliquée à produire, très bon PS, en observation par la meunerie.
Arezzo : variété précoce, productive en bonne situation au nord de Valence.
Moyennement sensible à la verse et aux maladies du feuillage, note supérieure à celle d’Aubusson pour les fusarioses d’épis.PS exceptionnel, teneur en protéines élevée, en observation pour la meunerie.
Valodor : variété très précoce, à protéger contre maladies et verse, productivité plus intéressante au sud de la région. PS juste moyen, teneur en protéines élevée, en observation par la meunerie.
Tiago : variété précoce, productivité bonne et régulière. Très moyenne sur la verse et les maladies du feuillage et de l’épi. PS comparable à celui de Caphorn, bonne teneur en protéines, qualité satisfaisante.
• Nouveautés
Goncourt : variété précoce, productivité intéressante notamment du sud de Rhône-Alpes jusqu’à la hauteur de Lyon. Pas de gros problème de tenue de tige mais dégâts de maladies élevés. PS type
Caphorn, protéines dans la bonne moyenne. Repérée par l’ANMF, a toutes les caractéristiques d’un BPS, à confirmer.
Solehio : variété précoce, productive mais irrégulière. Sensible à la verse, dégâts de maladies modérés. PS comparable à Aubusson, bonne teneur en protéines, qualité à confirmer.
Aerobic : n’a que des qualités, mais pour un potentiel limité, très régulièrement intermédiaire entre celui d’apache et celui de Soissons. Assez alternative, précoce, courte et tolérante à la verse, niveau exceptionnel de tolérance aux maladies foliaires. PS et teneur en protéines comparables à ceux d’Aubusson, repérée par l’ANMF, bon comportement à confirmer.
Blés panifiables (ex BPC)
• Variétés confirmées
Andalou : variété précoce, confirme ses bons résultats, avec un W qui s’améliore avec la teneur en protéines. Pas de défauts notables, sauf une sensibilité moyenne à la germination sur pied.
Garcia : précoce, productive, notamment en situations profondes, dégâts de maladies élevés, PS tout juste moyen.
Altigo : est une variété précoce à réserver aux sols profonds, bonne tolérance à la verse et aux maladies foliaires, assez bonne note sur fusariose d’épis mais PS tout juste moyen.
• On pourra essayer
Hekto : variété type Caphorn, productivité élevée et régulière pour cette première année d’essais. Variété courte, tenue de tige juste moyenne, très sensible à la rouille brune, note moyenne sur fusarioses d’épis (à confirmer). PS satisfaisant, teneur en protéines cohérente avec sa productivité, pas de chlortoluron.
Aramis : variété précoce, productivité moyenne bonne mais irrégulière entre lieux. Très bonne tenue de tige, dégâts de maladies très élevés, comparable à Aubusson pour la fusariose d’épis (à confirmer). PS correct et teneur en protéines parfois un peu faible.
Blés biscuitiers
Paledor est aujourd’hui la variété la plus adaptée localement sur ce créneau. Elle est productive, souple en ce qui concerne la date de semis, peu versante, avec un bon PS. C’est un bon choix en semis tardif.
Pour l’autoconsommation
Choisir une variété productive, pas compliquée à conduire, de préférence riche en protéines, et pourquoi pas panifiable… comme autan, Aubusson, andalou, graindor, Paledor, Premio … car les variétés impanifiables n’apportent pas de plus en productivité aujourd’hui.
Les blés améliorants et de force
Si nous regardons les résultats obtenus sur Rhône-Alpes en 2008 et 2009, que constatons que :
- Le couple lona - Galibier constitue une référence sérieuse, avec avantage à lona pour la facilité de conduite, sauf en ce qui concerne la fusariose sur épis, et avantage à Galibier pour la précocité.
- Togano est comparable sur beaucoup de points à Lona. Il en est de même pour Runal, avec davantage de tardiveté et de tolérance aux maladies foliaires, et un bon niveau moyen vis-à-vis des fusarioses d’épis.
- Valbona est la moins productive, la plus douée en protéines, et la plus précoce, avec un P/L élevé.
- Saturnus, Nara ou Pirénéo se rapprochent de ce groupe de tête mettant en avant la teneur en protéines, elles sont toutes les trois tardives, les deux premières étant à plus fort W.
- Claro, Logia, Troféo, Stéfanus, Lukullus sont un peu en dessous, avec une productivité remarquable de Lukullus. Palladio assure un niveau élevé de rendement, avec un handicap protéines important, et est très précoce.
Ne pas oublier
Turelli et Fiorina, proches de lona en rythme de développement et en qualité.
Esperia a un meilleur W que lona, à même teneur en protéines, un P/L plus élevé, pour un rendement supérieur de 10 % et davantage de verse et de rouille brune.
Variétés de blé en agriculture biologique
La variété doit permettre d’éviter le risque maladie dominant sur la région, avoir si possible un fort pouvoir de concurrence vis-à-vis des adventices, et être capable de garantir une teneur en protéines suffisante pour atteindre les exigences de la filière !
• Pour une qualité maximum Renan, régulière en toutes situations bien que tardive, sans gros défaut.
Lona, variété de printemps tardive et barbue, à semer en dernier, avec la meilleure régularité de qualité.
Saturnus, tardif, sain et barbu, en situations profondes, Espéria ou Palladio en situation précoce sans rouille brune.
•Pour un bon compromis rendement – qualité :
Orpic ou Graindor en zone précoce, peuvent se semer tard. Caphorn en situation profonde, et si possible une alimentation azotée soutenue, couvre très peu le sol.
Essayer Paledor, bonne tolérance aux maladies et bonne teneur en protéines, Aerobic pour sa rusticité et sa qualité.
Les variétés de blé dur
Elles doivent concilier régularité de rendement, faible sensibilité au mitadinage, et si possible être d’une bonne qualité. Rappelons que ce sont tous des blés de printemps plutôt tardifs, susceptibles de souffrir du froid hivernal quand on les sème en automne. À semer en fin de période de semis.
• L’assolement pourra reposer sur :
Biensur, régulier, peu sensible aux maladies ou à la verse, un peu tardif mais bonne tolérance au froid hivernal, bon PS, peu de mitadinage, belle qualité.
Karur, pour des terres profondes, notamment en moyenne vallée du Rhône, assez tolérant au froid, PS moyen.
Orlu, pour sa régularité de rendement, sa tolérance aux maladies et à la verse. PS moyen, sensible à la moucheture.
Miradoux : productive, notamment en sols profonds, attention à la rouille et à la verse. Bonne qualité (peu de moucheture, taux de protéines dans la bonne moyenne) avec un très bon jaune.
Durobonus : la plus régulière sur trois ans en quasiment toute situation mais avec des faiblesses : maladies, verse. Tolérance au froid correcte, bon PS, belle couleur, taux de protéines un peu faible, tolérance à la moucheture seulement moyenne.
Ne pas oublier :
Claudio, gros grains pour la moyenne vallée du Rhône, PS élevé mais sensible au mitadinage, Dakter pour sa qualité sans défauts, Pescadou pour sa teneur en protéines, joyau pour sa qualité
•Essayer :
Liberdur, en bons sols, bonne tolérance à la verse, tolérance moyenne aux maladies, dont la rouille. Couleur satisfaisante.
Babylone : productivité élevée, comparable localement aux résultats à l’inscription. Plutôt tardive, avec un très gros PMG, tolérante aux maladies foliaires et à la verse. Qualité très correcte avec une belle couleur et une teneur en protéines correcte pour son rendement.
Clovis : productivité élevée, comparable aux résultats à l’inscription, bon comportement en situation à piétin échaudage. Précocité intermédiaire, gros grain, bon PS, bon comportement vis-à-vis des fusarioses à confirmer.
Pour en savoir plus sur nos préconisations et consulter le détail des caractéristiques variétales, consultez Culti-LIS à partir du site www.arvalisinstitutduvegetal.fr
Variétés et gestion du risque mycotoxines
Faute de moyens de lutte en végétation adaptés, le choix d’une variété moins sensible dans les situations à risque est une précaution qui peut s’avérer payante.
Rappelons que le risque de contamination par le champignon ne s’exprimera que si la floraison se déroule dans une ambiance humide, et que les précédents maïs et sorgho sont très défavorables.
En techniques simplifiées d’implantation, et derrière maïs et sorgho, semer une variété tolérante comme apache, Graindor, voire Renan.
La tolérance de Andalou, Arlequin et peut-être Arezzo semble suffisante pour les conseiller dans les mêmes situations.
Ne pas semer Royssac, Caphorn, Maxyl, PR 22R58, et attention aux variétés de blé dur les plus sensibles.
PS : Poids spécifique (le poids spécifique indique la masse de 100 litres de grain, en kg/hectolitre).
W : La valeur boulangère ou force boulangère (se mesure avec la résistance W de la pâte).
P/L : Le P/L donne le rapport entre l'élasticité et l'extensibilité de la pâte.
BPS : Blé panifiable supérieur.
PMG : Poids de mille grains.


