Le triticale voit ses surfaces encore progresser cette année en Bourgogne et Franche Comté, autour de 35 000 ha, soit environ 10 % des surfaces nationales. Sont principalement concernées les régions d’élevage de Saône et Loire, Nièvre et Côte-d’Or.
Le triticale bénéficie de nombreux atouts. Le potentiel de rendement est élevé, généralement supérieur à celui du blé, à conduite comparable, et plus régulièrement que ce dernier lorsqu’il est positionné en 2e ou 3e paille dans la rotation. Par ailleurs, en sols humides, son comportement est bien meilleur que celui d’une orge dans la mesure où sa capacité à taller est impressionnante.
De plus, il est résistant au froid. Enfin, dans tous les cas, sa production de paille est supérieure à celle des autres céréales à rendement grain équivalent. Arvalis –Institut du végétal rappelle quelques points de sa conduite de culture.
Nos choix de variétés
La productivité du triticale est constamment améliorée par l’arrivée de nouvelles variétés. Mais, en 2009, les quatre inscriptions Agostino, Pizzaro, Tarzan et Sequenz n’ont pas apporté de gain de productivité. Dans ces conditions, Tribeca, Triskell, Amarillo 105 et Seconzac restent les références en terme de productivité. Plus anciennes, Matinal et Collegial ne sont pas pour autant définitivement dépassées.
Date de semis
La plupart des variétés de triticale font leur stade épi 1 cm à des dates voisines ou légèrement en retard par rapport à un blé de type Apache. Par contre, leur maturité est généralement plus tardive car la durée du remplissage du grain de triticale dure en moyenne 5 jours de plus que celle du blé.
Densités de semis
La maîtrise des densités de semis est impérative pour maîtriser le potentiel et limiter les risques de verse sur cette espèce sensible. Les densités conseillées sont inférieures de 15 % à celles du blé.
Concrètement, en semis précoce, c’est de l’ordre de 250 grains/m2 en situation favorable jusqu’à 300 – 350 grains/m2 sur des sols très humides ou très caillouteux.
Lutte contre les mauvaises herbes
Les périodes de désherbage sont identiques à celles du blé. Les herbicides autorisés sur le triticale sont moins nombreux que sur le blé tendre. Toutefois, l’essentiel de ceux-ci, de type sulfonylurées antigraminées, permet de répondre pratiquement à toutes les situations.
Il convient de rappeler qu’aucun herbicide de post-levée à base d’urée substituée (Isoproturon ou Chlortoluron) n’est homologué.
Fertilisation azotée Concernant la fertilisation azotée, les besoins sont un peu inférieurs à ceux du blé, à 2.6 un./q. Comme sur blé, il est conseillé de fractionner et de limiter les apports précoces avant le stade épi 1 cm, voire de les supprimer dans les situations à fort reliquat d’azote en sortie d’hiver, situations fréquentes en zone d’élevage.
En conséquence, il est conseillé de réserver environ 40 à 60 unités de la dose totale pour application fin avril à début mai. Outre les gains de rendement et de teneur en protéines, le fractionnement limite le risque de verse sur cette espèce assez sensible.
Lutte contre la verse
Un des points faibles de l’espèce reste la sensibilité à la verse. Constant, Triskell, Trimour, Matinal et surtout Amarillo 105 et Seconzac ont confirmé leur sensibilité. La lutte contre la verse consiste à mettre en œuvre une application, entre 2 nœuds et sortie dernière feuille, d’un produit à base d’Ethephon (Etheverse, Terpal,…) en privilégiant des conditions de température douces et poussantes.
Lutte contre les maladies
Les variétés les plus cultivées sont peu sensibles aux maladies. Néanmoins, de plus en plus de variétés semblent sensibles à l’oïdium mais Bourgogne et Franche Comté ne sont plutôt pas concernées par cette maladie. Dans la plupart des situations, un seul passage au stade dernière feuille à 3/4 de la dose homologuée d’une triazole (Input, Opus, Horizon, etc.) est suffisant.
Peu concernée par les maladies du pied (piétin verse et piétin échaudage), l’impasse de traitement est tout à fait possible.


