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Des techniques pour maîtriser l’enherbement
Maraîchage biologique
Jura agricole et rural
Publié le:  03 septembre 2009
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Mi-juin, la chambre d’agriculture de l’Ardèche et Agribio Ardèche, avaient organisé une demi-journée technique sur le maraîchage en agriculture biologique. Cette demi-journée était consacrée à la maîtrise de l’enherbement, enjeu majeur pour la réussite technique et économique des productions légumières biologiques.

Maîtriser l’enherbement des cultures, voilà un enjeu majeur pour la réussite technique et économique des productions légumières biologiques.

Ne pas se laisser envahir par les adventices pour éviter une concurrence préjudiciable au développement des cultures, éviter de créer un environnement favorable aux maladies…, sont les enjeux incontournables du désherbage.

Dominique Berry, tête de réseau « légumes biologiques Rhône-Alpes », est venu présenter quelques solutions, lors d’une demi-journée technique sur le maraîchage biologique en sud Ardèche.

« Des moyens préventifs existent pour limiter l’impact des herbes indésirables sur les cultures. Ils font appel à la prophylaxie et à des techniques adaptées. La lutte directe en culture nécessite généralement l’utilisation combinée de différentes approches techniques et de différents matériels », a-t-il expliqué en préambule.

Les principes de base

Avant de présenter les matériels et techniques de désherbage utilisables en maraîchage biologique, Dominique Berry a rappelé quelques principes de base, nécessaires à une bonne maîtrise de l’enherbement.

À commencer par la rotation, qui « est un des pivots de l’agriculture biologique. Outre son intérêt vis-à-vis des problèmes parasitaires et sur le plan agronomique, elle permet, par l’alternance d’espèces différentes, des cycles et modes de culture, de limiter le maintien et le développement des mauvaises herbes », a-t-il expliqué.

Il a ensuite évoqué les engrais verts, qui devraient représenter idéalement 25 à 30% de l’assolement d’une exploitation. « En permettant de casser le cycle légumes sur légumes, ils évitent la sélection d’une flore spécifique et permettent d’agir sur les aspects sanitaires et agronomiques ».

Et d’insister : « pour réussir ses engrais verts, il faut réellement les considérer comme une culture à part entière dans la rotation ».

Pour maîtriser son enherbement, il est aussi indispensable de détruire les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graine et de préférer le fumier composté plutôt que le fumier frais, le compostage permettant de détruire la faculté germinative des graines.

Dernier principe évoqué : celui du travail du sol. L’utilisation d’outils à dents, de façon répétée en période sèche, permet de détruire les mauvaises herbes vivaces (liseron, chiendent…). « La plupart des graines ne peuvent germer si elles sont situées en dessous de 6 cm de profondeur. Un labour peu profond permet de s’affranchir d’une partie des semences accumulées dans les premiers centimètres.

Par ailleurs, il faut absolument limiter l’usage d’outils rotatifs, qui favorisent la dissémination des plantes à multiplication végétative ».

Une combinaison de techniques

Plusieurs techniques de désherbage sont utilisables en agriculture biologique : faux-semis, désherbage thermique, solarisation, binage mécanique… Dominique Berry a présenté plusieurs d’entre elles, en insistant sur le fait que, c’est par une action combinée de ces différentes interventions que le désherbage est le plus efficace. Le maraîcher peut en effet commencer par réaliser un faux-semis, qui consiste à préparer un lit de semences plusieurs semaines avant la mise en place de la culture pour faire lever les adventices.

La destruction du faux-semis pourra se faire ensuite par des moyens mécaniques (herse étrille, binage) ou par des moyens thermiques. « La reprise du sol est possible par binage en plein ou par outil rotatif en veillant à se limiter à un travail superficiel, 5 cm maximum si possible, afin de ne pas remonter les nouvelles graines », a précisé Dominique Berry.

Par exemple, pour une culture de carottes, le désherbage peut se faire de la manière suivante : préparation du faux-semis, désherbage thermique, binages et interventions manuelles. Un autre itinéraire de culture pourrait aussi être envisagé de la façon suivante : solarisation, désherbage thermique ou mécanique, binages et interventions manuelles.

Forts de ces aspects théoriques, les participants à cette demi-journée technique se sont ensuite rendus chez Pascal Thibon, maraîcher à Chandolas qui, soucieux de l’environnement, utilise, entre autres, le paillage et une bineuse pour désherber certaines de ces planches de légumes.




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