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Les éleveurs en rupture de trésorerie
Crise bovine
Jura agricole et rural
Publié le:  03 septembre 2009
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Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine (FNB)

La crise qui touche les producteurs de lait et de fruits et légumes frappe également les éleveurs bovins. La Fédération nationale bovine demande aux Pouvoirs publics des mesures d’aide à la trésorerie et davantage de transparence dans les relations commerciales avec les abatteurs.

Moins 29 % de baisse du revenu en 2007, moins 22 % en 2008, un revenu qui ne représente que 51 % du revenu moyen agricole. Selon la commission des comptes de l’Agriculture les éleveurs de bovins ne voient pas la sortie de crise s’annoncer. Et ce d’autant plus que la conjoncture est loin d’être au beau fixe.

Selon les catégories, les prix s’affichent en baisse entre -3 et -11 % par rapport à la même période de l’an dernier Sans parler des effets de la fièvre catarrhale ovine (FCO) sur la perte de fertilité des vaches. « Nous avons 250 000 veaux en moins. À 1000 euros/tête, cela fait un manque à gagner de 250 millions d’euros » déplore Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine (FNB). Conséquence, les trésoreries des éleveurs sont exsangues. Notamment celle des récents investisseurs.

Au directeur de cabinet de Bruno Le Maire, Pascal Viné, et au responsable de l’agriculture au cabinet de Nicolas Sarkozy, Christophe Malvezin qui l’ont reçu le 26 août, Pierre Chevalier a plaidé pour des mesures immédiates d’aide à la trésorerie.

D’abord il demande la mise en paiement dans les meilleurs délais des aides ou du solde des aides annoncées en 2008. La FNB évalue à 20 à 30 millions d’euros les arriérés dus aux éleveurs au titre des différents plans de soutien au titre de l’accompagnement de la FCO. Le président a également insisté sur le report en fin de tableau d’amortissement de toutes les annuités, ainsi que l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti. « Des mesures pas chères et extrêmement efficaces » sur la trésorerie des éleveurs, estime la FNB.

Quant au versement anticipé de la prime à la vache allaitante, déjà annoncé pour le 16 octobre, la FNB souhaiterait que son taux soit porté à 80 % au lieu des 70 % promis.

Comités de filière

Surtout la FNB déplore la situation quasi monopolistique dans laquelle se trouve désormais la filière bovine depuis la prise de contrôle de Socopa par Bigard.

L’entreprise qui contrôle désormais plus de 50 % de l’abattage français « peut fixer le prix pour l’ensemble du territoire » au travers de ses différentes filiales, s’insurge Pierre Chevalier. Sans parler des pressions que l’entreprise exerce sur la pesée, le classement, le marquage et la présentation des carcasses à l’abattoir. La transparence et la loyauté des transactions commerciales ne peuvent relever des interprofessions, au risque de « les faire exploser », estime le président de la FNB.

Et d’en appeler aux Pouvoirs publics pour remettre un peu d’ordre dans la filière.
Notamment dans le cadre de la prochaine loi de modernisation agricole. Ce qui n’empêche pas les éleveurs de réfléchir à de nouveaux modes de fonctionnement.

Guy Hermouet, le responsable de la section engraissement, a évoqué la création sous l’égide de la FNB de comités de filière associant les groupements de producteurs et susceptibles d’établir un nouveau rapport de force vis-à-vis des abatteurs.

Au-delà du nécessaire rééquilibrage du rapport de force, la FNB insiste sur la nécessité de remettre en place à l’échelle communautaire de nouveaux mécanismes de régulation, aujourd’hui abandonnés. «

La Commission de Bruxelles doit repenser la politique agricole avec de nouveaux mécanismes de régulation » insiste Pierre Chevalier.

En précisant que son analyse est désormais partagée par le ministre de l’Agriculture.




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