Suite à la réunion d'information organisée par Jura Bétail, nous vous proposons une série de questions-réponses pour mieux comprendre la place de la génomique dans les élevages du Jura.
• Pourquoi Jura-Bétail a choisi de conserver une activité conserver une activité de testage ?
Jura-Bétail : La montbéliarde reste une petite race avec une population de référence de seulement 800 taureaux aujourd’hui.
Ce chiffre peut paraître élevé mais il est plus faible qu’en race holstein.
Si la coopérative n'avait eu qu'une visée commerciale, elle aurait sûrement arrêté le testage. Mais dans le futur, nous devrons progressivement renouveler cette population par tous les moyens, le testage en est un. Il permet aussi de préserver une certaine diversité génétique.
Demain, ce volet sera à surveiller avec plus d'attention compte tenu de la réduction de l’intervalle entre générations.
• Dans un ISU de taureau JB Junior, quelle est la part des informations génomiques et du pedigree ? Comment le CD* va-t-il s'améliorer ?
L'index génomique, à la naissance d'un taureau, est représenté à 60% par l’information provenant des marqueurs et à 40 % par son pedigree (ascendance et animaux apparentés).
Cet index génomique avec une descendance de 70 filles correspond à 85 de CD. C'est l'augmentation éventuelle du nombre de marqueurs pris en compte et du nombre de filles qui va faire augmenter les CD.
• La part des parents dans l'indexation des JB Juniors peut-elle évoluer ?
L'information apportée par les marqueurs explique 50 % de la variabilité génétique d'un caractère dans la race. Plus cette part de variabilité augmentera, notamment par la prise en compte de nouveaux marqueurs, plus on pourra s'affranchir des pedigrees. À terme, on pourra donc indexer à partir des marqueurs sans connaître les origines de l’animal.
• Quelles nouveautés pour la prochaine campagne ?
Jura-Bétail va mettre en place un système de remises de fidélité et modifier le système de versement des primes de testages. Ces modifications sont devenues inévitables compte tenu de l’évolution que connaît la branche insémination aujourd’hui.
• Pourquoi limiter le nombre d'IAP avec des taureaux JB Junior ?
La coopérative a fait le choix de répartir au maximum les taureaux JB Junior dans tous les élevages et dans tous les milieux en leur consacrant un maximum de 5 % des IAP de l'année précédente par taureau. Ceci afin d'avoir suffisamment de filles de chaque taureau et ainsi permettre à chacun d’eux d’être indexé sur descendance dans cinq ans.
Cette répartition limitera aussi le risque d’une éventuelle mauvaise évaluation SAM de l’un ou l’autre des JB Junior.
• Comment va évoluer l'offre de taureaux Jura-Bétail ?
En octobre 2009, Jura-Bétail propose 10 taureaux JB Junior disponibles en semences et probablement un total d’une quinzaine en novembre. L'année prochaine, l'offre devrait se composer de 15 à 20 JB Junior, selon la demande, et de 15 taureaux de testage.
Pour composer cette offre, 90 veaux seront achetés en ferme, soit autant qu'avant, tous seront passés par la SAM et le choix se fera sur les meilleurs. Les techniciens et la commission de sélection continueront à visiter les mères à taureaux dans les élevages.
Tout animal avec un défaut notoire sera écarté du programme même si son index génomique semble intéressant.
À suivre...
*CD : Le coefficient de détermination indique le degré de fiabilité de l’index
Pour comprendre
Qu'est-ce qu'une population de référence ?
En sélection génomique, la population de référence est la population des taureaux qui sont à la fois testés sur descendances et génotypés. À partir de ces deux sources d’information, les chercheurs établissent les « équations de prédiction » qui permettront ensuite, à partir du génotypage d’un individu, quel que soit son âge, d’en déduire sa valeur génétique.
En race montbéliarde, la population de référence comprend aujourd’hui 800 taureaux testés. Plus la population de référence est grande, plus les index sont fiables.
Qu'est-ce qu'une puce ADN ?
Le prélèvement d'un échantillon de sang sur les veaux mâles est analysé pour déterminer un certain nombre de marqueurs génétiques (fragment d'ADN présent dans un gène ou à proximité d'un gène et facilement identifiable). Pour faire une puce ADN, on utilise la capacité des filaments d'ADN composés d'acides aminés à se diviser et à se reformer à l'identique.
On dépose un fragment d'ADN de l'animal sur une petite plaque de silicone ou de verre contenant des fragments d'ADN appelés sondes. L'ADN issu de l'animal se recompose au niveau des sondes qui lui correspondent, un peu comme deux brins d'une fermeture éclair, puis on scanne l'image qui se traduit en points lumineux fluorescents. Cette information est analysée et transposée en index par l’équipe de recherche de l’UNCEIA qui les envoie chaque mois dans les unités de sélection.


