Jean Racine, responsable nutrition animale, est venu donner quelques conseils en matière d'utilisation du maïs ensilage dans le but d'éviter l'acidose, à l'occasion de la visite d'essais variétaux.
Premier point important en matière de réussite de l'ensilage, récolter au bon stade de maturité.
« Il faut viser un taux de matière sèche de 32 à 33% pour un ensilage destiné à des vaches laitières : en s'éloignant de ces valeurs on a des problèmes de conservation ! », prévient Jean Racine. La qualité et le taux de matière sèche dépendent du rapport grain sur plante entière.
Cette année, les maïs sont grands, ce qui peut induire en erreur.
À travers plusieurs exemples de rations, tant pour les génisses que les taurillons ou les laitières, le spécialiste de nutrition animale a démontré l'intérêt d'un taux de matière sèche maîtrisé pour une performance optimale.
Un ensilage à 32 % de MS, ingéré à hauteur de 33 kg en ration complète équilibrée permet de couvrir une production de 22,7 litres de lait. S'il ne fait que 27 % de MS, pour couvrir une production équivalente, il faudra ajouter 1,4 kg de triticale et les vaches consommeront 2 kg de maïs brut en moins. Pour un troupeau de 50 vaches et un hiver de 200 jours, on arrive à un total de 14 tonnes de triticale distribué, ce qui correspond à environ 2 ha de cette culture.
Outre le taux de matière sèche, l'aspect qualitatif est aussi primordial. « Je sais qu'on est toujours pressé pendant le chantier d'ensilage, mais l'éclateur à grain doit être utilisé, et il vaut mieux s'arrêter si nécessaire pour aiguiser afin d'avoir une coupe franche : la fibrosité et la digestibilité du produit en dépendent. »
En matière de finesse de coupe, la largeur doit être choisie en cohérence avec l'appareil de reprise, entre 12 et 17 mm « plutôt 17 si on utilise une fraise pour désiller ».
Le spécialiste précise aussi la notion de fibrosité ; « La digestion d'une vache, c'est un problème mécanique : par fibre on entend une particule riche en cellulose suffisamment longue et rigide pour avoir le pouvoir grattant nécessaire au bon fonctionnement du rumen. Un morceau de tige de maïs de 15 mm, c'est une fibre. »
Il poursuit en insistant sur l'importance de tenir compte des autres fourrages distribués.« Cette année les foins récoltés en mai sont très riches en feuilles, appétant mais peu fibreux, ce qui augmente les risques d'acidose. »
Complémenter
Côté apports, l'ensilage de maïs constitue un aliment naturellement déséquilibré en protéines. « C'est pourquoi il faut veiller à bien le rééquilibrer en protéines pour bénéficier de sa pleine efficacité alimentaire. Idéalement, la vache devrait ingérer simultanément le maïs et le correcteur azoté, comme nous quand on mange un sandwich au jambon, on a les protéines et l'énergie en même temps. Il ne faut pas oublier que ce n'est pas une vache qu'on nourrit, mais la flore microbienne de son rumen. »
Enfin, petite astuce pratique pour équilibrer grossièrement une ration en attendant les résultats d'analyse de la valeur alimentaire du silo « il faut compter un kg de correcteur azoté pour 10 kg brut de maïs. »


