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« Nous appelons les éleveurs à entrer dans la contractualisation »
Serge Preveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO)
Jura agricole et rural
Publié le:  10 septembre 2009
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Serge Preveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO)

Au moment où le Salon professionnel du mouton, le Tech ovin, a rassemblé près de 20 000 visiteurs (1er, 2 et 3 septembre 2009, à Bellac), Serge Preveraud évoque les sujets phares de la rentrée ovine, axée autour de la restructuration de la filière.

• Quels sont les dossiers brûlants de la rentrée pour la filière ovine ?

« J’en vois trois très importants.

D’abord, l’après bilan de santé de la Pac avec la nouvelle aide pour la production ovine (125 millions d’euros au total, ndlr), ce qui correspond à une prime fixe à la brebis d’un montant de 21 euros.

Mais une majoration de 3 euros de l’aide est prévue pour les éleveurs ayant opté pour la contractualisation avec des opérateurs commerciaux. Nous appelons donc aujourd’hui une grande majorité d’éleveurs à entrer dans la contractualisation, autour d’un contrat gagnant-gagnant.

Nous pourrons ainsi maintenir assez haut le prix de l’agneau. Car plus le prix sera haut, plus la production augmentera.

Ensuite, c’est le dossier de la restructuration amont-aval de la filière, de l’appui technique aux éleveurs et de la valorisation des produits ovins.

Quelle suite donnée au rapport du Conseil général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux (CGAAER, service du ministère de l’Agriculture, ndlr) sur l’organisation économique de la filière, qui date de 2006 ? Il faut accompagner cette restructuration de la filière, et le sujet devrait être au cœur de la future loi de modernisation agricole (LMA), qui doit arriver au Parlement à la Toussaint.

Enfin, il y a l’appui technique à la production. Nous devons arriver à obtenir le plus de kilos d’agneau par brebis, et réduire les coûts de production ».

• Comment réduire les coûts de production justement ?

« En production ovine, les charges structurelles pèsent 60 % du coût global contre 40 % pour les charges opérationnelles.

Du côté des premières, plus la production d’agneaux augmente, plus le coût de production est divisé. Nous devons donc augmenter en premier lieu notre production. Puis, au niveau de l’alimentation animale, étant donné la hausse du prix des matières premières, il est nécessaire de développer la culture de la luzerne par exemple.

À nos experts techniques d’étudier les différentes voies possibles ».

• Quelles sont les pistes pour revaloriser le prix de l’agneau ?

« Nous allons travailler à sa revalorisation dès cet automne. La seule piste, c’est la contractualisation pour essayer de gagner 0,30 à 0,40 euro sur le prix du kilo d’agneau, sans que cela change quoi que ce soit pour le consommateur.

Mais les produits ovins en provenance de Nouvelle-Zélande demeurent une des plaies de la filière, car ce sont eux qui tirent aujourd’hui le prix vers le bas dans le monde ».

• Comment se positionne le ministère de l’Agriculture sur la contractualisation ?

« Il approuve, et il va aussi dans le sens d’un plus grand appui technique aux producteurs. Nous devons profiter des nouvelles aides obtenues récemment. La filière vit une période historique ! »




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