Avec des températures caniculaires et une faible pluviométrie, le mois d’août confirme les déficits en eau enregistrés depuis le 1er septembre. Sauf, curieusement, dans le sud où les pluies restent sur 12 mois excédentaires.
Le mois d’août 2009 restera dans les annales comme un mois sec et chaud.
À bien y regarder, les précipitations ont parfois été supérieures à la normale comme sur les stations de montagne de Thonon-les-Bains, de Chambéry ou de Bourg-Saint-Maurice. Saint-Étienne dans la Loire atteint également sa normale des précipitations.
En revanche, le Jura, l’Ain, Lyon ou l’Ardèche affichent des déficits très importants de plus de 50 % voire plus de 60 % dans l’Ain et à Lyon qui n’a reçu en août que 24 millimètres de pluie contre les 76 millimètres habituels.
Dijon en excédent
Ce déficit global vient encore renforcer le manque d’eau observé depuis le 1er janvier 2009 période sur laquelle seule la station de Dijon est en excédent de 9 % sur une année normale. Partout ailleurs, les pluies cumulées sur les huit premiers mois de 2009 sont inférieures à la moyenne décennale.
Parfois de façon spectaculaire comme dans le Rhône (Lyon ou les Sauvages dans les monts du Beaujolais), en Savoie aussi (Chambéry et Bourg-Saint-Maurice) où il manque plus d’un quart de la pluviométrie habituelle.
Lyon manque d’eau
Concernant le bilan hydrologique qui cumule les précipitations entre le 1er septembre 2008 et le 31 août 2009, quatre stations (Lanas, Dijon, Montélimar, Saint-Étienne) sont en excédent. Surtout les deux stations de l’Ardèche et de la Drôme qui affichent chacune plus de 20% d’excédents. En revanche, Lyon et Chambéry sont les deux stations où la pluviométrie observée est la plus gravement déficitaire.
Pour Lyon, sur les 12 derniers mois, il manque 24 % des pluies habituelles et 22 % pour Chambéry.
Températures et ETP en hausse
À ces déficits pluviométriques, s’ajoute une température, en moyenne, partout supérieure en août aux températures observées sur dix ans. De 3 à 11 % de plus en base 0°C sur le mois d’août 2009 et de 2 à 15 % de plus que la normale en base 8°C !
C’est considérable surtout à Bourg-Saint-Maurice où est enregistrée la plus forte augmentation des températures avec 15 % de plus en août. Ce constat mensuel est confirmé par les relevés de températures observés depuis le 1er avril 2009. Toujours à Bourg-Saint-Maurice, la température est supérieure de 20 % à la période décennale de référence.
240°C de plus que la normale depuis le 1er avril 2009 en Savoie, c’est le record dont on peut craindre qu’il ne sera pas sans effet ni sur l’environnement de ce climat de montagne, ni sur son agriculture.
Au titre de l’évapotranspiration, ces températures élevées du mois d’août 2009 ont, sauf à Dijon qui reste dans la normale, fortement influencé l’ETP qui progresse de 10 à 17 % selon les stations.
Depuis le 1er avril, l’évapotranspiration est supérieure d’environ 10 %, sauf à Dijon, sur les stations observées.
Moins d’eau qui vient du ciel et plus d’évaporation consécutive à l’élévation de la température, c’est le scénario préoccupant qu’avaient déjà en son temps prévu les météorologues du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).


