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« La grève n’est pas la solution »
Lettre ouverte aux producteurs de lait
Jura agricole et rural
Publié le:  17 septembre 2009
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Dans une lettre ouverte adressée à tous les producteurs de lait, Jean-Michel Lemétayer, William Villeneuve et Henri Brichart considèrent que la grève du lait conduit les éleveurs à une impasse.

En revanche, ils demandent au Gouvernement de prendre en considération la détresse des producteurs en décidant d’une « année blanche » sur les charges.

Les producteurs de lait français et européens subissent une crise sans précédent. De dérégulations en abandons, les éleveurs que nous sommes se retrouvent sans armes et, plus grave, sans perspective.

Il faut le dire sans tabou, le désespoir a gagné de nombreuses fermes.

En quelques mois, une crise d’une ampleur extraordinaire est venue frapper les producteurs de lait, au niveau international, européen et français. Profitant de cette situation, certains ont choisi un mode d’action : la grève du lait.

Ce n’est pas une solution, encore moins une protection. Nous ne la soutenons pas.

Qui peut croire à la chimère des 400 euros les 1 000 litres ? Cette action, qui consiste à jeter le fruit de son travail, peut diviser et choquer, y compris nos concitoyens qui sont eux-mêmes éprouvés durement par la crise.

Nous avons choisi d’y répondre par un discours de vérité, en proposant responsabilité et rassemblement.

Obtenir un accord interprofessionnel le 3 juin, c’était un premier pas pour préserver notre système national instauré en 1997. Le niveau négocié reste insuffisant face à nos charges, nous l’avons toujours affirmé ; mais il nous permet, pour l’instant, de connaître des niveaux de prix très supérieurs à nos principaux collègues européens. Sans cet accord, c’est aux prix des Belges, des Allemands… que nous serions payés aujourd’hui.

Il nous faut rester unis, éviter des conflits et altercations entre producteur.

Faisons nos comptes, calculons nos pertes de revenus et demandons au Gouvernement les compensations indispensables à notre survie, notamment par l’application d’une année blanche.

Oui, ce n’est pas évident de faire rêver sans mentir ! Au Gouvernement, nous voulons dire que le lait, ce sont d’abord des femmes et des hommes, des familles et pas seulement des chiffres sans âme. À l’Europe, nous voulons signifier que son idéologie et son obstination font le lit de toutes les rancœurs, hélas justifiées.

À vous, producteurs de lait, nous voulons exprimer, au-delà de notre solidarité, notre volonté de travailler sur le court et le long terme, pour une filière qui valorise ses producteurs et ses productions.
Enfin, nous souhaitons partager avec nos concitoyens notre attachement à ce lait, symbole de vie et de qualité de vie.

Ensemble, nous avons les moyens de retrousser nos manches pour trouver des solutions acceptables par le plus grand nombre. Pas de moins-disant, aucune lâcheté, pas de défaitisme, juste, au-delà du savoir-faire, rendre justice au travail de milliers de producteurs ».




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