Afin de limiter l’effet des risques climatiques en végétation sur les céréales d’hiver, il est nécessaire de prendre en compte les caractéristiques physiologiques des espèces et des variétés pour déterminer leur date optimale d’implantation.
Les gros PMG mesurés à la récolte 2009 doivent rester en mémoire dès lors qu’il faudra traduire des objectifs de grains/m2 semés en kg/ha à charger dans le semoir. Quelques recommandations proposées par Arvalis – Institut du végétal pour les régions de Bourgogne et de Franche Comté.
Le lundi 28 septembre, si les conditions sont bonnes, la tentation va être grande de vouloir démarrer les semis de céréales d’hiver. Pas de précipitation toutefois, car semer trop tôt les variétés précoces, majoritaires dans la gamme actuelle, c’est s’exposer à des risques de gel d’épi au stade épi 1 cm. Par ailleurs, semer très tôt engendre des effets collatéraux souvent difficiles à gérer tels le fort salissement en mauvaises herbes et les attaques de pucerons et cicadelles.
À l’inverse, si jamais la pluviométrie vient perturber les chantiers de semis et ainsi retarder la date de semis, le risque est alors d’exposer la variété à l’échaudage de fin de cycle et d’autant plus qu’elle est tardive. De ce fait, choisir des variétés de précocités différentes permet d’étaler les risques climatiques d’une part mais aussi d’étaler les périodes de travaux d’autre part.
Le tableau 1 dans notre édition papier, récapitule les périodes optimales de semis pour les principales variétés de blé tendre d’hiver.
Du côté des escourgeons et orges d’hiver, on veillera à ne pas semer Esterel et Arturio avant le 10 octobre, alors que Vanessa, Cartel et Campanile pourront être implantés à partir du 1/10. Azurel et Abondance occupent une place intermédiaire.
De manière optimale, les semis d’orges devront être finis avant le 20 octobre. Parmi les triticales, il faudra attendre le 10 octobre pour implanter Amarillo 105, Tribeca et Collegial. Par contre, Bellac, Tremplin et Matinal seront semés à partir du 1er octobre et Triskell et Seconzac à partir du 5 octobre.
La densité de semis dépend essentiellement, du type de sol, de la date de semis, et des conditions de semis, plus que de la variété.
Ainsi, plus le semis est tardif et plus les conditions de sol sont médiocres, plus la densité de semis sera revue à la hausse.
À l’inverse, semer trop dense en semis précoce augmente le risque de verse et peu parfois conduire à un excès de tiges au printemps si le climat est favorable pendant l’automne et l’hiver.
La densité de grains/m2 à implanter en blé tendre d’hiver en fonction des dates de semis et des conditions de sols est présentée dans le tableau 2 de notre édition papier. Pour les autres espèces que le blé, on retiendra les règles de décisions suivantes : en escourgeons, les densités de semis sont identiques à celle des blés. Par contre, pour les orges d’hiver à 2 rangs les densités doivent être augmentées de 15%. À l’inverse, la densité de semis conseillée en triticale est inférieure de 15 % à celle du blé.
Une fois l’objectif de grains/m2 déterminé, il reste alors à convertir la dose à semer en kg/ha en tenant compte du poids de mille grains, variable entre les variétés et entre année. La dose en kg/ha est égale au poids de mille grains multiplié par le nombre de grains/m2 et divisée par la faculté germinative. Les mesures au laboratoire de faculté germinative donnent régulièrement des valeurs de l’ordre de 95 %.
Néanmoins, au champ, on retiendra par sécurité une valeur de l’ordre 90 %, ou mieux la valeur exacte, si celle-ci est indiquée sur le sac de semences. Ainsi, par exemple, on sèmera 133 kg/ha, pour implanter 300 grains/m2 d’une variété ayant un PMG de 40 g, ou encore 195 kg/ha pour implanter 350 grains/m2 d’une variété à PMG de 50g.
Ce calcul est incontournable d’autant plus cette année avec les semences issues de la récolte 2009 avec de gros PMG. Il ne sera pas rare de constater que les kg/ha à semer cet automne sont supérieurs de 15 à 25% de plus que ceux de l’année passée.
La profondeur de semis idéale pour du blé (et les autres céréales d’hiver) se situe entre 2 et 3. S’écarter de cette profondeur de semis peut induire des pertes à la levée ou une moindre vigueur des plantules.
Enfin, rappelons que pour commencer du bon pied le programme de désherbage à venir, il est indispensable de semer sur un sol indemne de mauvaises herbes. Par ailleurs, il est maintenant avéré qu’attendre le 10 – 15 octobre pour semer a pour effet de limiter significativement la levée des graminées adventices sans pour autant affecter le rendement final.
Calculer votre densité de semis en quelques minutes…
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