Le ministre de l’Agriculture s’efforce de rassurer les producteurs en leur promettant le soutien de l’État dans la conclusion d’accords avec les transformateurs.
Vingt-quatre heures après avoir reçu l’interprofession laitière, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a reçu le samedi 19 septembre les organisations syndicales représentatives pour tenter de dénouer la crise du lait. Il leur a annoncé qu’il recevait les représentants des banquiers, des assureurs et de la MSA, lundi 21 septembre.
Objectif : leur demander de faire un geste en guise « de solidarité » pour soulager la trésorerie des producteurs, notamment les jeunes et les récents investisseurs particulièrement sinistrés.
Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, William Villeneuve, président des JA et Henri Brichart, président de la Fédération nationale des producteurs de lait ont insisté auprès du ministre, pour une « année blanche » portant sur une exonération totale les cotisations sociales, des remboursements d’emprunt et des primes d’assurance en 2009.
Devant les professionnels, Bruno Le Maire a évoqué des accords qui peuvent être conclus entre producteurs et transformateurs « de nature à garantir un revenu équitable et stable ».
Une nouvelle rencontre sous l’égide des Pouvoirs publics, le 1er octobre avec l’interprofession, devrait préciser « les formes que peuvent prendre ces accords ». Le ministre de l’Agriculture n’a pas caché que la puissance publique s’y impliquerait. Il n’exclut pas « la mise en place d’un régulateur national ». Ou bien un recours à la loi pour établir un cadre législatif et éviter que « les industriels dictent leur loi aux producteurs ».
Enfin, troisième point, « le plus important », selon Bruno Le Maire porte sur la nécessité de bâtir de nouvelles règles européennes de régulation du marché du lait.
Un processus lent et difficile tant « il est difficile de renverser un choix de dérégulation » qui prévaut actuellement dans le cadre de la politique agricole commune. Après avoir persuadé l’Allemagne et un certain nombre de nos partenaires européens d’aller dans ce sens, le ministre de l’Agriculture ne désespère pas de rallier à sa cause Varsovie où il s’est rendu lundi 21 septembre. « Si la Pologne rejoignait la position franco-allemande, ce serait un signal fort qui ferait basculer les choses définitivement » a assuré Bruno Le Maire.
À ce moment-là une nouvelle majorité qualifiée au sein du collège européen sur les nécessaires régulations des marchés européens pourrait voir le jour qui pourrait convaincre la Commission de Bruxelles de corriger le tir.
Dominique Barrau : « Nous avons la même détermination »
« Nous n’avons pas les mêmes modes d’action, mais nous avons la même détermination » a déclaré Dominique Barrau, à l’issue de la rencontre avec Bruno Le Maire. Il répondait ainsi à des journalistes qui l’interrogeaient sur les raisons pour lesquelles la FNSEA ne s’associait pas au mouvement de grève.
Avant d’évoquer la demande immédiate « d’une année blanche pour 2009 », ainsi que sur la nécessité de mettre en place des accords interprofessionnels en France sur le prix du lait et une politique de régulation des marchés à Bruxelles.
« La problématique de la crise du lait ne se résoudra pas par une démarche purement française » a renchéri William Villeneuve, en observant que la grève du lait était surtout suivie en France et beaucoup moins ailleurs.
Pour Henri Brichart, « les Pouvoirs publics doivent passer à la vitesse supérieure ». À la fois sur l’urgence d’apporter des réponses concrètes aux éleveurs, sur la nécessité de redonner « de l’efficacité aux quotas jusqu’en 2015 » et de mettre en place de nouveaux instruments permettant une relation plus équilibrée entre producteurs et transformateurs.


