La rentrée agricole 2009 est celle, sans précédent, des crises d’une majorité de secteurs de production. La FNSEA et les JA organisent une grande mobilisation nationale, en région, le 16 octobre. Dominique Barrau nous explique pourquoi.
• La FNSEA et les JA appellent à une grande mobilisation nationale le 16 octobre. Sous quels mots d’ordre ?
« Toujours plus de charges, donc moins de revenu ! L’impression des agriculteurs français est que notre agriculture fout le camp ! La détresse des producteurs de lait exprimée ces derniers jours est révélatrice.
L’État a su apporter son soutien à des secteurs d’activité jugés importants pour notre pays. L’agriculture est aussi stratégique que l’automobile ou le secteur bancaire, et la crise aussi grave !
Nous demandons du concret à l’État français sur la problématique du coût du travail, d’abord, pour toutes les productions très utilisatrices de main-d'œuvre, comme les fruits et légumes, et qui sont en situation de distorsion de concurrence avec leurs voisins européens.
Puis du concret sur « l’année blanche » que nous réclamons en matière de charges de remboursement d’emprunt, et de taxes, comme la taxe sur le foncier non bâti (TFNB). Et, je le répète, nous ne pouvons pas, aujourd’hui, supporter une nouvelle charge au travers de la taxe carbone ».
• Comment va s’organiser cette grande mobilisation ?
« Elle va se décliner dans les capitales régionales car la région est un niveau de décision important aujourd’hui.
Notre objectif est que nos concitoyens portent la problématique agricole et nous bénéficions déjà de beaucoup de soutien de leur part.
Nous devons être très revendicatifs pour que l’État accompagne le secteur agricole ».
• Nicolas Sarkozy devrait annoncer des mesures de soutien, plutôt conjoncturelles, courant octobre. Selon vous, que doit-il décider en priorité ?
« Les fermes ont besoin d’oxygène !
Nous attendons du chef de l’État qu’il soutienne un système de régulations et d’harmonisation à l’échelle européenne ; qu’il décide aussi un allégement des charges qui pèsent sur les agriculteurs ; enfin, qu’il joue son rôle de catalyseur, à l’échelle de l’État, pour trouver les solutions les plus adaptées à toutes les situations avec les établissements bancaires et la Mutualité sociale agricole.
Il faut que ces mesures exercent un véritable effet de levier pour la production agricole ».
• Que doit permettre la loi de modernisation de l’agriculture (LMA) sur le moyen et long terme ?
« La France doit rester solide sur sa demande de régulations des marchés agricoles et d’harmonisation des règles européennes, en matière environnementale notamment ».
• Avez-vous un message particulier à adresser aux agriculteurs français en cette période de crise ?
« Pour le moment, nous mettons l’accent sur le dossier laitier, mais la majorité des productions agricoles sont en crise. En restant unis et en faisant comprendre nos problématiques à nos concitoyens, nous pourrons alors peser sur les décisions du Gouvernement.


