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Pour dire leur mécontentement, les JA ont installé des banderoles sur plusieurs carrefours giratoires, sur les grands axes de circulation du département |
Après plusieurs années de morosité, le début 2008 quasi euphorique que nous avons connu aurait pu naïvement nous faire croire que les prix des produits agricoles seraient durablement orientés à la hausse. Mais, quelques mois plus tard, les effets de la dérégulation, conjugués à la crise économique mondiale sont intervenus et c’est à une inversion de tendance diamétralement opposée à laquelle nous assistons aujourd’hui.
Le secteur agricole traverse une crise comme il n’en a jamais connu dans l’histoire : les prix des produits, toutes filières confondues, sont au plus bas et les agriculteurs se sentent délaissés des Pouvoirs Publics.
La production alimentaire de nos concitoyens est avant tout une activité stratégique et bon nombre de pays l’ont bien compris. Pourtant, en ne prenant pas la mesure de la situation, les responsables politiques sont en train de sacrifier un pan entier de notre économie.
À la FDSEA et à JA du Jura, nous refusons de laisser des agriculteurs sans perspectives, en considérant qu’il s’agit, comme le disent certains, « d’une nécessaire restructuration ».
Derrière chaque exploitation, il y a avant tout des femmes, des hommes et des familles qui n’ont plus aucune marge de manœuvre et qui vivent dans l’incertitude du lendemain.
Situation des productions :
• Production laitière : Le département du Jura a la chance de bénéficier de 3 AOC fromagères qui, à court terme, et grâce aux outils mis en place par l’interprofession, sont moins touchées par la crise.
En revanche, la filière lait « standard » qui représente 35% du lait collecté est frappée de plein fouet.
Pour 2009, les données de la chambre d’agriculture et du CERFrance Jura font apparaître des perspectives dramatiques. Le critère du prix d’équilibre permet de mettre en avant un prix de lait intégrant une rémunération du producteur à hauteur de 1,5 Smic.
Ce prix d’équilibre, en lait standard, devrait se situer aux alentours de 350 euros/tonne pour répondre aux objectifs de rémunération de l’éleveur.
Avec un prix interprofessionnel annuel à 280 euros/tonne auxquels s’ajoutent 20 à 25 euros/tonneliés au contrat avec l’entreprise de transformation, le prix payé au producteur n’excédera pas 305 euros/ onne À ce stade, les prélèvements privés constituent la variable d’ajustement.
La situation est encore plus dramatique pour les jeunes agriculteurs et les producteurs ayant effectué des investissements lourds récemment (mise aux normes, construction de bâtiment…).
Non seulement, l’exploitation ne génère plus de revenu mais les exploitants ont recours à l’emprunt pour pouvoir rembourser les annuités.
• Grandes cultures : La situation n’est pas plus favorable pour ce secteur. Les prix de revient des céréales avec une rémunération à 1,5 SMIC sont largement en dessous des prix de marché.
• Viande bovine : Quant à la production de viande bovine, le contexte économique 2009 est caractérisé par une baisse des cours des bovins finis et le maintien de coûts de production élevés. À ces tendances viennent s’ajouter une baisse de la consommation et un écart grandissant entre les prix de vente à la production et les prix à la consommation.
Dans le Jura, il existe des exploitations spécialisées grandes cultures et bovins allaitants mais la majorité est constituée de systèmes lait / viande / céréales. Or, cette année, la situation dégradée de l’ensemble des marchés ne permet pas de rattraper les difficultés d’une production par rapport à une autre et ce sont toutes les exploitations qui sont en difficulté.
Les aides du FAC débloquées au mois de juillet dernier ne prennent pas en compte cette spécificité. Nombre d’exploitations en difficulté ont un taux de spécialisation (chiffre d’affaire de l’atelier lait) inférieur aux 40% requis et n’ont pas pu bénéficier de ces mesures d’urgence.
FDSEA et JA exigent :
• À court terme, nous exigeons la mise en place d’une année blanche de remboursement des annuités d’emprunts et des charges sociales.
• À moyen terme, au niveau national, les travaux engagés sur l’observatoire des prix et des marges doivent se traduire par une nouvelle répartition de la valeur ajoutée entre production, transformation et distribution. Ce nouveau cadre ne devra pas rester théorique. Il devra être clairement défini dans la loi de modernisation prévue pour l’automne et mettre un terme au hold-up que pratiquent la grande distribution et certains transformateurs.
• Quant au niveau européen, il est indispensable que la commission revienne sur ses positions ultra-libérales et réinstaure des mécanismes de régulation efficaces, c'est-à-dire, à des niveaux et des volumes d’intervention qui ont un véritable impact sur les prix.
• Concernant la taxe carbone, il n’est pas envisageable que nous puissions la payer : le poids des charges est déjà bien assez lourd.
Nous ne pouvons pas accepter cette réalité avec fatalisme. C’est pourquoi, nous vous demandons d’agir concrètement et rapidement, en prenant la mesure de la crise que nous traversons !


