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La crise touche toutes les filières
FDSEA - JA du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  08 octobre 2009
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Pour dire leur mécontentement, les JA ont installé des banderoles sur plusieurs carrefours giratoires, sur les grands axes de circulation du département

Après plusieurs années de morosité, le début 2008 quasi euphorique que nous avons connu aurait pu naïvement nous faire croire que les prix des produits agricoles seraient durablement orientés à la hausse. Mais, quelques mois plus tard, les effets de la dérégulation, conjugués à la crise économique mondiale  sont intervenus et c’est à une inversion de tendance diamétralement opposée à laquelle nous assistons aujourd’hui.

Le secteur agricole traverse une  crise comme il n’en a jamais  connu dans l’histoire : les prix  des produits, toutes filières  confondues, sont au plus  bas et les agriculteurs se sentent  délaissés des Pouvoirs Publics.

La production alimentaire de nos  concitoyens est avant tout une activité  stratégique et bon nombre de pays  l’ont bien compris. Pourtant, en ne prenant  pas la mesure de la situation, les responsables  politiques sont en train de sacrifier  un pan entier de notre économie.

À la FDSEA et à JA du Jura, nous  refusons de laisser des agriculteurs sans  perspectives, en considérant qu’il s’agit,  comme le disent certains, « d’une  nécessaire restructuration ».

Derrière  chaque exploitation, il y a avant tout des  femmes, des hommes et des familles  qui n’ont plus aucune marge de  manœuvre et qui vivent dans l’incertitude  du lendemain.

Situation des productions :

• Production laitière : Le département du Jura a la chance de  bénéficier de 3 AOC fromagères qui, à  court terme, et grâce aux outils mis en  place par l’interprofession, sont moins  touchées par la crise.

En revanche, la filière  lait « standard » qui représente  35% du lait collecté est frappée de plein  fouet.

Pour 2009, les données de la  chambre d’agriculture et du CERFrance  Jura font apparaître des perspectives  dramatiques. Le critère du prix d’équilibre  permet de mettre en avant un prix  de lait intégrant une rémunération du producteur  à hauteur de 1,5 Smic.

Ce prix  d’équilibre, en lait standard, devrait se  situer aux alentours de 350 euros/tonne pour  répondre aux objectifs de rémunération  de l’éleveur.

Avec un prix interprofessionnel  annuel à 280 euros/tonne auxquels  s’ajoutent 20 à 25 euros/tonneliés au contrat  avec l’entreprise de transformation, le  prix payé au producteur n’excédera pas  305 euros/ onne À ce stade, les prélèvements  privés constituent la variable d’ajustement.

La situation est encore plus dramatique  pour les jeunes agriculteurs et  les producteurs ayant effectué des  investissements lourds récemment (mise  aux normes, construction de bâtiment…).

Non seulement, l’exploitation  ne génère plus de revenu mais les  exploitants ont recours à l’emprunt pour  pouvoir rembourser les annuités.

• Grandes cultures : La situation n’est pas plus favorable  pour ce secteur. Les prix de revient des  céréales avec une rémunération à  1,5 SMIC sont largement en dessous  des prix de marché.

• Viande bovine : Quant à la production de viande  bovine, le contexte économique 2009 est  caractérisé par une baisse des cours des  bovins finis et le maintien de coûts de  production élevés. À ces tendances viennent  s’ajouter une baisse de la consommation  et un écart grandissant entre les  prix de vente à la production et les prix  à la consommation.

Dans le Jura, il existe des exploitations  spécialisées grandes cultures et bovins  allaitants mais la majorité est constituée  de systèmes lait / viande / céréales. Or,  cette année, la situation dégradée de  l’ensemble des marchés ne permet pas  de rattraper les difficultés d’une production  par rapport à une autre et ce  sont toutes les exploitations qui sont en  difficulté.

Les aides du FAC débloquées au mois  de juillet dernier ne prennent pas  en compte cette spécificité. Nombre d’exploitations  en difficulté ont un taux de  spécialisation (chiffre d’affaire de l’atelier  lait) inférieur aux 40% requis et  n’ont pas pu bénéficier de ces mesures  d’urgence.

FDSEA et JA exigent :

• À court terme, nous exigeons la mise  en place d’une année blanche de remboursement  des annuités d’emprunts et  des charges sociales.

• À moyen terme, au niveau national,  les travaux engagés sur l’observatoire des  prix et des marges doivent se traduire par  une nouvelle répartition de la valeur  ajoutée entre production, transformation  et distribution. Ce nouveau cadre ne  devra pas rester théorique. Il devra être  clairement défini dans la loi de  modernisation prévue pour l’automne et  mettre un terme au hold-up que pratiquent  la grande distribution et certains  transformateurs.

• Quant au niveau européen, il est  indispensable que la commission revienne sur ses positions ultra-libérales  et réinstaure des mécanismes de régulation  efficaces, c'est-à-dire, à des niveaux et des volumes d’intervention  qui ont un véritable impact sur les prix.

• Concernant la taxe carbone, il n’est pas envisageable que nous puissions la payer : le poids des charges est déjà bien  assez lourd.

Nous ne pouvons pas accepter cette réalité avec fatalisme. C’est pourquoi, nous vous demandons d’agir concrètement  et rapidement, en prenant la mesure  de la crise que nous traversons !




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