Après la réunion d'information organisée par Jura-Bétail, nous terminons avec cette série de questions-réponses pour mieux comprendre la place de la génomique dans les élevages du Jura.
• Le contrôle des descendances sera le même pour tous les taureaux ?
Jura Bétail : Dans tous les cas de figure, que l'éleveur ait utilisé la génomique ou le testage, 4 ans plus tard, les filles des taureaux seront contrôlées, pointées et serviront à enrichir les résultats des index. Une raison de plus pour garder la même intensité de contrôle laitier et de pointage morphologique !
• Même avec la génomique, il faut un nombre important de filles par taureau. Pourquoi ?
Il faut qu'un taureau JB Junior soit utilisé dans un maximum d’élevages, dans tous les milieux. Contrairement au testage pour lequel la semence est utilisée au hasard, avec les JB Junior le taureau est choisi.
Pour compenser les éventuels biais dans l’indexation future liés à ce choix, il faut procréer plus de filles. Nous visons 70 filles par taureau pour le testage et plus de 200 pour chaque JB junior.
Avec ces précautions, dans 4-5 ans nous connaîtrons la valeur génétique des JB Juniors avec une très grande fiabilité.
• Avec la SAM, le volet femelle va prendre de plus en plus d'importance ?
Oui, car nous connaîtrons mieux le potentiel génétique d’une femelle de 3 mois que celui d’une vache en lactation aujourd’hui.
C’est un vrai bouleversement, et il faut nous organiser pour bénéficier de cet atout pour le programme de sélection.
Ceci dit, ce qui a le plus d’impact pour l’amélioration génétique c’est le volet mâle car nous ne sommes toujours pas capables de donner naissance à des milliers de descendants d’une femelle, contrairement aux mâles.
Et si demain nous avons le moyen de trouver à coup sûr les femelles génétiquement les meilleures, tous leurs descendants mâles ne seront pas des champions, c’est ce que l’on appelle « l’aléa de meïose ».
• Comment déterminer qu'un taureau sera utilisé en JB Junior ou en testage ?
La coopérative reçoit les indexations mensuelles des taureaux, refait des classements tous les mois et oriente progressivement chaque taureau dans l’une ou l’autre des deux voies. Les éléments qui influencent le choix sont bien sûr les index SAM 2, mais aussi les autres fils du même père en concurrence, la complémentarité avec le catalogue, l’âge des taurillons, le besoin en semence, …
Le choix se fait intra-père et nous accordons une grande importance à la diversité génétique.
• Parmi les critères détectés par la SAM, certains portent sur les qualités fromagères du lait ? Quels autres critères pourraient être retenus à l'avenir ?
À travers la génomique, nous allons poursuivre le travail entrepris pour répondre aux besoins à la fois de l'élevage et de la production fromagère qui tous deux font vivre les éleveurs. La capa-caséine* fait partie des critères indexés depuis plusieurs années maintenant.
Mais les choses ne vont pas s’arrêter là. Des recherches sur les parties fines de la composition du lait sont également engagées avec le contrôle laitier, le laboratoire départemental d'analyses et l'Inra au travers un vaste programme national.
La demande des consommateurs évolue vers des produits naturellement riches en nutriments santé (oméga 6, oméga 3,…). Plusieurs centaines de vaches montbéliardes du Jura vont être génotypées.
Le but est de voir si certaines souches sont plus favorables à la production de ces composants. Avec une analyse détaillée des pratiques d’élevage, on espère aussi mettre en évidence celles qui ont un impact positif.
• La volonté de conserver une activité de testage, n'est pas partagée par toutes les coopératives. Quel a été le débat au sein de l'OS Montbéliarde ?
La loi sur l'élevage ayant disparu, la commission nationale d'amélioration génétique, ainsi que les organismes de sélections raciaux (les OS) ont un rôle à jouer sur l'utilisation de la génomique.
Il n'est pas question d'aller à l'encontre des décisions raciales mais nous sommes dans un système qui se libéralise. Chaque entreprise de sélection prend ses propres décisions et en assume seule la responsabilité.
La technologie de la sélection assistée par marqueur évolue très vite.
Il nous faut être réactif et notre taille nous le permet. Jura-Bétail partage la recherche du maximum de fiabilité, tout en souhaitant partager vraiment avec les éleveurs ces innovations technologiques. La conservation d’une activité testage réduite répond au besoin de fiabilité et de diversité. Jura-Bétail a investi dès 2001 dans la SAM de première génération avec sept autres unités de sélection française.
Aujourd'hui, la coopérative a décidé de participer à la création d’une entreprise au capital de 1 million d'euros pour continuer à travailler dans ce sens.
*critère qui n'était pas disponible au moment de l'impression des catalogues 2009-2010 mais que les éleveurs peuvent demander à Jura-Bétail.


