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Comment en est-on arrivé là ?
Prix du lait
Jura agricole et rural
Publié le:  08 octobre 2009
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Dans une note économique sur le marché des produits laitiers, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), souligne que, sur le long terme, les perspectives sont favorables.

La crise économique mondiale apparue depuis l’automne 2008 polarise l’attention sur des thématiques davantage conjoncturelles, « mais le défi à long terme reste identique : nourrir une population de 8 milliards d’individus en 2030 et de 9 milliards en 2050 », indique le Cniel.

Un défi qu’il faut gérer à partir des données existantes. « Les produits laitiers sont d’autant plus concernés par la résolution de ces équations à 20 et 40 ans, qu’ils bénéficient d’un potentiel conséquent de développement à court terme.

La consommation apparente par habitant est de nouveau dans une phase dynamique à l’échelle mondiale depuis une décennie et l’extrême variabilité géographique du niveau de consommation des produits laitiers laisse espérer des marges de développement importantes dans certains pays sous-consommateurs, où la progression du pouvoir d’achat autorise des évolutions du régime alimentaire ».

Des projections émises par la FAO (Nations unies) et l’OCDE, (Organisation de coopération et de développement économiques) sur la période 2009-2018 restent globalement optimistes en termes de volumes, même dans l’hypothèse d’une reprise économique lente.

« Les prix des produits laitiers vont certes augmenter entre 2009 et 2018, mais ils resteront en retrait de la moyenne historiquement élevée établie sur la période 2006 à 2008 », constate le Cniel.

Une consommation mondiale plus forte

Les projections de prix établies par le Fapri, (Food and agricultural policy research institute) sont globalement similaires à celles de la FAO et de l’OCDE. Sur la période 2009-2018, Fapri considère « que les cours mondiaux des fromages et des poudres de lait devraient présenter des progressions supérieures à celles de la plupart des produits des grandes cultures ».

Pour la FAO, en conséquence, « la production laitière va davantage s’accroître dans les pays émergents ou en voie de développement que dans les pays industrialisés sur la période actuelle courant jusqu’en 2030. ».

La dérégulation a un impact certain

L’extrême volatilité des récentes cotations européennes témoigne, avec une brutalité inattendue, de l’impact du démantèlement des outils de régulation.

Pour les analystes du Cniel, « cela démontre que les enjeux en termes de régulation se situent désormais non seulement en période d’offre excédentaire, mais aussi de pénurie. ».

Mais l’analyse va au-delà : « la période allant de fin 2007 à début 2009 se caractérise au sein de l’Union européenne par des évolutions très disparates de la production d’un bassin laitier à l’autre. Ces évolutions, parfois inattendues, ont mis en évidence notre méconnaissance de la réactivité de la production laitière dans un contexte dérégulé. Cette lacune constitue un enjeu majeur pour les filières laitières française et européenne, dans la mesure où les quotas vont être supprimés en 2015 et qu’ils sont d’ores et déjà inopérants pour assurer l’équilibre du marché européen. Sur la campagne 2008-09, la production laitière européenne a été globalement inférieure de 7 millions de tonnes aux quotas ».

Selon le Cniel, la laiterie France exporte environ 30 % de sa production. Sa balance commerciale est traditionnellement positive avec un solde de 3,1 milliards d’euros en 2008.

Le Cniel, en fonction des constats, propose différentes voies d’action. « En premier lieu, une extrême vigilance s’impose sur le volet importation du cycle OMC de Doha. Le maintien d’une préférence communautaire s’avère indispensable pour préserver l’équilibre du marché européen.

Accroître son accessibilité, conduirait à importer la volatilité du marché mondial sur le marché européen. Par ailleurs, il faut renforcer les outils de régulation et l’optimisation de leur utilisation.

L’inflexibilité de la Commission conduit à focaliser la réflexion sur des outils de gestion interne de l’équilibre offre demande, à savoir l’intervention et le stockage privé. Enfin, il faut étudier de nouveaux outils de gestion des risques aux différents niveaux de la filière et la mise en place d’un nouveau cadre contractuel ».

Source : Cniel




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