Le Conseil des ministres européen du 5 octobre consacré à la crise du lait s’est soldé par la création d’un groupe de travail de haut niveau chargé de réfléchir aux nouvelles régulations du marché du lait à l’échelle européenne.
En arrivant à Bruxelles pour le Conseil des ministres extraordinaire du 5 octobre, Bruno Le Maire s’était fixé un objectif : faire en sorte que l’Union européenne se prononce sur une nouvelle régulation du marché du lait pour remplacer les quotas.
Au final, les Vingt-sept se sont mis d’accord sur la constitution d’un groupe de travail de haut niveau chargé d’établir un nouveau cadre réglementaire pour l’après-quota. Placé sous l’égide de la Commission de Bruxelles, il devra rendre ses conclusions au plus tard en juin 2010.
D’emblée, Marian Fischer Boel, la commissaire européenne à l’Agriculture a fixé les limites à l’exercice : « Il ne devra pas revenir sur le bilan de santé de la Pac ». Autrement dit, il n’est pas question de remettre en cause la disparition des quotas. Tout en rappelant que les vingt pays qui se sont prononcés sur une régulation du secteur laitier l’envisagent de manière différente et parfois contradictoire. L’Italie par exemple veut augmenter sa production, alors que la France veut la limiter pour faire remonter les prix. Sans oublier que certains n’en veulent pas du tout comme le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède ou les Pays-Bas.
Le ministre français de l’Agriculture, quant à lui, juge positif la création de ce groupe : « Nous avions besoin d’un signal politique clair. Nous avons un signal politique clair », a-t-il indiqué même s’il reconnaît que les choses ne vont pas assez vite : « On ne change pas, en une journée, la direction d’un paquebot comme la politique laitière européenne. Mais son cap a été modifié comme nous le souhaitions », a-t-il déclaré avant de rappeler que « le mandat du groupe de haut niveau correspond aux propositions franco-allemandes. Nous avons toutes les briques pour construire la future régulation du marché du lait », s’est-il félicité.
À savoir la mise en place d’accords contractuels entre producteurs et transformateurs, le renforcement de l’organisation économique des producteurs, la transparence du marché du lait, l’éventuelle création de marché à terme du beurre et de la poudre. Néanmoins, le document n’évoque pas la notion « de volumes indicatifs » de production sur laquelle le ministre s’était déjà prononcé.
Nouveau conseil des ministres
Quant au court terme, c'est-à-dire aux mesures immédiates susceptibles de redresser le marché du lait, elles devraient faire l’objet de propositions concrètes lors du prochain Conseil des ministres de l’Agriculture, le 19 octobre.
Bruno Le Maire a évoqué le relèvement du prix d’intervention ainsi que l’extension des périodes pendant lesquelles celle-ci est autorisée, la distribution de lait dans les écoles …propositions qui feront l’objet d’un front commun franco-allemand. Mais ici aussi, Mariann Fischer Boel a délimité le champ du possible : « Au vu du budget 2010, nous disposons de marges de manœuvre extrêmement limitées » a-t-elle indiqué.
« Et pour dégager de nouvelles ressources, il faudrait demander aux États membres de payer plus, ce que les ministres des Finances refuseront immédiatement, ou de réduire les subventions à d’autres secteurs que le lait », a-t-elle expliqué. Avant de conclure : « je ne vois aucune de ces deux options fonctionner ».
Une façon de renvoyer la balle dans le camp des États.


