Pour la MSA, l’insertion professionnelle des handicapés et leur maintien dans l’emploi constituent une priorité dans la lutte contre toute forme de discrimination et pour l’égalité des chances.
Quoi de plus naturel pour la MSA de profiter de l’assemblée pour se pencher sur un point qui concerne son secteur d’activité.
Cette année, la question du handicap physique mais aussi mental - a été mis en avant.
Lorsque dans la séquence des questions du public a été évoqué le fait que les visites médicales professionnelles prenaient du retard faute de médecins du travail - postes pour lesquels tout est engagé pour les pourvoir à brève échéance -, le docteur Lamy, chef du service au travail de la MSA de Franche-Comté, promue depuis le 1er août, affirme : « Tout est fait pour assurer un maximum nos permanences et parmi le public que nous considérons comme prioritaire, nous trouvons les travailleurs handicapés. »
Guy Ciron, le président, souligne à ce propos qu’il souhaite partager avec l’assemblée cette « préoccupation majeure ». Pour s’en convaincre, il suffit d’apprendre que la MSA de Franche-Comté a engagé de gros travaux dans quelques-unes de ses structures pour les rendre plus accessibles. « Nous sommes d’ailleurs honteux de ne pas l’avoir fait avant. » D’autant plus que le handicap, ce n’est pas seulement pour les autres. « Chacun d’entre nous peut se retrouver demain dans un fauteuil. »
Imposant un changement de vie radical qui touche tous les aspects du quotidien.
Dont le travail qui est essentiel dans sa vie sociale, source de reconnaissance des autres et d’insertion sociale. « Retrouver un emploi en fauteuil, c’est aussi se réinsérer, retrouver le moral, et par conséquent retrouver le sourire. »
Préjugés à combattre
Pour mettre en lumière de façon ludique cette question délicate, la MSA de Franche-Comté a invité la compagnie de théâtre Guichets fermés qui a interprété sa pièce Le petit fauteuil de Raymond, créée pour sensibiliser les entreprises, leur DRH et leurs cadres.
Juste avant que les trois acteurs ne rentrent en scène alternativement, une chanson de Pierre Vassiliu pose à sa manière le décor : « Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ? Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga… »
De là se succèdent toutes les situations : de l’incompréhension au refus de changer ; de la mise en place d’un poste adapté non conforme au handicap de la personne embauchée ; du questionnement dans un sens positif à l’évolution des mentalités au sein de l’entreprise…
La pièce s’achève comme elle a commencé : en chanson. Avec cette fois-ci une note positive. « Chacun sa route, chacun son chemin ; chacun son rêve, chacun son destin », conclut Tonton David. « Que dire ? », s’interroge Guy Ciron. « Pour beaucoup, c’est une piqûre de rappel. » Plus que nécessaire. « Il faut veiller à aller contre les préjugés. »
Malgré la loi de février 2005, 23 000 entreprises - majoritairement des PME de 20 à 50 salariés - versent une contribution maximale à l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées).
En finir avec les tabous est un enjeu majeur de la problématique de la diversité dans l’entreprise et une question citoyenne de premier plan. L’insertion professionnelle des handicapés et leur maintien dans l’emploi constituent une priorité dans la lutte contre toute forme de discrimination et pour l’égalité des chances.
Il est d’autant plus urgent d’agir aujourd’hui car les entreprises qui n’auront rien fait seront dès demain sévèrement sanctionnées. De 400 à 600 fois aujourd’hui, les sociétés verront leur contribution passer à 1 500 fois le Smic horaire.
La MSA ne pouvant se targuer d’un côté de son engagement mutualiste, se devait de l’autre de mettre en adéquation son discours et ses pratiques. C’est pourquoi, Guy Ciron, au nom de la structure qu’il préside encore quelque temps a solennellement mis en avant l’engagement de la MSA : « Développer et conjuguer les valeurs de diversité et de solidarité dans nos entreprises. » Qui s’est traduit par la signature d’un accord collectif qui engage une démarche citoyenne.
« À travers quatre orientations, nous entendons favoriser le recrutement de salariés handicapés, les maintenir dans l’emploi, développer les formations et celles des encadrants, et recourir aux services du secteur du travail protégé pour les travaux de sous-traitance.»


