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Un générateur photovoltaïque à la ferme
Centre d’élevage Lucien Biset de Poisy (Haute-Savoie)
Jura agricole et rural
Publié le:  17 octobre 2009
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Depuis 2001, des travaux conséquents de rénovation ont été accomplis au Centre d’élevage de Poisy qui, en tant qu’organisme inter établissements de réseau des chambres d’agriculture de Haute-Savoie, Savoie, Ain et Isère, avait besoin d’améliorer ses équipements pour mener à bien toutes ses missions, à la fois de formation des professionnels de l’élevage laitier, de recherche et développement et de promotion de la filière lait de Rhône-Alpes. L’ensemble de ces travaux a été inauguré en juin dernier.

« En matière de développement durable, le Centre d’élevage s’est engagé concrètement avec, par exemple, l’installation d’une station à filtres de roseaux pour l’épuration des effluents d’élevage de sa ferme, d’une citerne de récupération des eaux de pluie et de panneaux solaires pour chauffer l’eau.

Avec la rénovation du Centre, nous avions besoin de construire un nouveau bâtiment pour le fourrage ainsi qu’une stabulation pour les génisses, accolée au bâtiment des vaches laitières déjà existant. Avec la fumière couverte, cela représentait au total une superficie de toitures conséquente. D’où l’idée du photovoltaïque », commente le directeur, Philippe Pluvinage.

La décision de doter le Centre de son propre équipement a été adoptée par les quatre chambres d’agriculture. Pour le financement, deux d’entre elles, la Haute-Savoie et la Savoie, ont apporté respectivement 100 000 euros et 50 000 euros et emprunté auprès du Crédit agricole des Savoie les 600 000 euros complémentaires nécessaires à un projet évalué à 750 000 euros HT.

980 m2 de panneaux

Choisie après appel d’offres, la société Photon Technologies, filiale à 51% du groupe EDF Énergies Nouvelles Réparties, s’est occupée de toute la partie générateur, c’est-à-dire de l’installation d’une charpente spécifique sur les pans de toiture concernés et des panneaux photovoltaïques eux-mêmes (soit 980 m2 de superficie) jusqu’à l’étape « sortie de générateur », c’est-à-dire onduleurs compris.

Ce coût s’est élevé à 690 000 euros HT. La suite a consisté à faire la jonction entre l’onduleur et le local technique situé au sous-sol du bâtiment administratif et pédagogique, soit 250 mètres de câblage enterrés réalisés.

C’est de ce local que l’électricité produite part dans le réseau public EDF et qu’à son tour EDF réalimente le Centre d’élevage et lui fournit l’électricité nécessaire à la fois pour son bâtiment administratif, pédagogique et résidentiel et la ferme.

Tarif à la vente majoré dit « intégré au bâti »

Compte tenu du fait que le générateur photovoltaïque est intégré au bâti, le Centre d’élevage bénéficie du tarif à la vente à EDF le plus élevé, soit 60 centimes du kilowattheure (kWh).

Le générateur de Poisy a une capacité de 126 000 Watt crête (quantité d’électricité produite dans des conditions optimales), avec une puissance produite annuellement de 135 000 kWh, soit l’équivalent de l’électricité consommée par 54 ménages.

Cette électricité de source non fossile permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 45,9 tonnes de CO2 par an, c’est-à-dire ce que génère une voiture en parcourant 298 000 kilomètres. En vendant son électricité, le Centre d’élevage devrait engranger en moyenne 80 000 euros de recette par an. Le contrat de vente à EDF est d’une durée de 20 ans, sur la base de ces 60 centimes du kilowatt (tarif indexé sur l’inflation).

Au niveau des installations, qualité rime avec longévité des performances avec une garantie de production à 90 % de la puissance nominale pendant 10 ans, et à 80 % pendant 25 ans. « Il faut penser à bien voir cet aspect garanties avec son fournisseur, insiste Philippe Pluvinage.

Ainsi, pour les onduleurs, qui sont habituellement garantis sur cinq ans, nous avons négocié pour monter à quinze ans. Car il faut savoir que la durée moyenne d’un tel équipement est de treize ans… ».

Ultime conseil pour les agriculteurs intéressés : veiller aux aspects fiscaux d’une telle installation puisque la revente d’électricité constituera bien une recette pour l’exploitation.




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