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À Besançon : ras-le-bol général !
Jura agricole et rural
Publié le:  22 octobre 2009
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Frédéric Perrot : « On se bat pour être encore tous là, debout, au printemps ».

À Besançon comme partout en France, la journée du 16 octobre a été celle de la mobilisation générale. Plus de 1 200 agriculteurs de Franche-Comté ont répondu à l'appel de la FDSEA et de JA. Les agriculteurs sont au bord de l'asphyxie et ils l'ont fait savoir.

Vendredi 16 octobre, 1200 agriculteurs venus des quatre départements francs-comtois ont afflué vers Besançon. Partis tôt le matin, 390 tracteurs ont emprunté les routes nationales et convergé vers la capitale comtoise à grand renfort de klaxons et de slogans.

Producteurs de lait standard et de lait AOC, céréaliers, producteurs de viande bovine, éleveurs de porcs, de moutons, aquaculteurs... Toutes les filières agricoles étaient là, soutenues également par les agriculteurs retraités.

Plusieurs entreprises de l'amont et de l'aval avaient rejoint les convois avec leurs camions et camionnettes : concessionnaires de matériel agricole, groupement de vente de bétail... Une mobilisation impressionnante à l'entrée de la ville qui s'est poursuivie par un rassemblement devant la Préfecture de région.

« Pas de paroles, des actes »

Au milieu de l'après-midi, massés sur la place, les manifestants attendaient un geste, un mouvement symbolique pour marquer le coup. « Le sentiment de ras-le-bol est général. On ne veut pas des paroles mais des actes », grondent certains, apostrophant leurs responsables syndicaux. La colère dans les campagnes demande à s'exprimer au risque de se tromper de cible.

« Cette journée sert à nous faire entendre du chef de l'État et cette mobilisation massive lance un message très clair : les paysans sont dans la détresse ! Aujourd'hui, nous exigeons des réponses rapides pour soutenir nos exploitations. Parce que, tous, nous voulons rester paysans demain ! » répondra Frédéric Perrot, président de la FRSEA.

Vers 16 heures, le concert de klaxons a repris de plus belle quand les troupes un peu échauffées ont décidé de passer en force devant la Préfecture, certains manifestants menaçant même d'arracher les grilles.

Quelques bottes de paille et des pneus ont été brûlés sur place et des projectiles ont été lancés par-dessus les murs. Sur la route du retour, une vingtaine de tracteurs ont manifesté à nouveau dans les rues de Dole jusqu'en soirée.
La semaine qui vient risque d'être décisive.

Les agriculteurs attendent de la France un plan de soutien à la hauteur de leurs difficultés et de l'Europe des décisions suffisamment fortes pour réguler les marchés.

Faute de quoi, la protestation risque de ne pas désarmer. Les francs-comtois ont su se mobiliser le 16 octobre. Ils répondront à nouveau présent s'il le faut. Mais cette fois le désarroi risque de céder la place à la colère.

FDSEA et JA : « Entendez-vous dans nos campagnes »…

Le malaise est réel : le secteur agricole devrait voir ses revenus reculer de 10 % à 20 % en 2009, après une baisse de plus de 20 % en 2008. Les marchés n'offrent plus aucune visibilité. La situation des trésoreries est tendue partout... Les agriculteurs veulent des réponses concrètes.

Échos des revendications exprimées à Besançon. Pour le Jura, plus de 300 agriculteurs avaient fait le déplacement avec 80 tracteurs.

« Halte au bradage de nos produits ! »

Jean-Claude Jeannin, président de la FDSEA du Doubs apostrophe les sénateurs, les députés et les conseillers généraux présents au premier rang des manifestants : « Messieurs les élus, on veut une nouvelle Pac pour que nos campagnes vivent ! Halte au bradage de nos produits ! »

Concernant la politique franco-française « qui veut laver plus blanc que blanc », l'agacement du syndicaliste est à son comble : « Vous avez contribué à empiler le mille-feuille administratif. Y'en a marre !... La taxe carbone ? Ça, nous ne l'accepterons jamais. C'est la taxe des villes contre les campagnes. Le matin quand on se lève, on ne prend ni le métro, ni le RER. Pour aller au boulot, on est obligé de prendre la voiture » .

•« Une vraie politique d'installation, c'est une politique de prix »

Julien Bigand, président de JA Franche-Comté rappelle que le 16 octobre, c'est aussi la journée mondiale de l'alimentation. Triste bilan où plus d'un milliard de personnes sont affamées.
« Si les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur métier, que ce soit ici ou dans les pays en voie de développement, comment voulez-vous qu'ils produisent ? ».

Comme son homologue du Doubs, il harangue les politiques de la : « Aujourd'hui, nous sommes obligés de nous adresser directement au président de la République. Nos élus sont d'accord avec nos revendications mais il semble qu'ils n'ont pas su les faire remonter. Ou ils ne servent à rien ou ils sont mauvais... ».

Les élus ne sont pas la seule cible des jeunes agriculteurs en colère : « La grande distribution se gave sur les dos des agriculteurs et des consommateurs, s'indigne Julien Bigand. L'observatoire des prix l'a prouvé. Il faut des sanctions, maintenant ! ».

La revendication principale, véritable cheval de bataille de JA, est celle d'un prix rémunérateur pour le producteur : « Une vraie politique à l'installation, c'est une politique des prix ! » martèle le président des JA.

• « Un plan de sauvetage de l'agriculture »

Pour Frédéric Perrot, président de la FDSEA du Jura et de la FRSEA de Franche-Comté, le message à faire passer tient en une phrase : « Il faut des agriculteurs en nombre, présents sur l'ensemble du territoire » .

Face à des manifestants visiblement énervés qui réclamaient « moins de discours et plus de concret », le président de la FRSEA, n'a pas lâché sur le fond : « Vous avez le droit d'être en colère mais on doit trouver des solutions pour sortir de cette crise. L'agriculture a besoin d'un plan de sauvetage, au même titre que les banques ou le secteur automobile. Le gouvernement n'a pas hésité l'an dernier à mettre plusieurs milliards à la disposition des banques !

Nous demandons une année blanche pour que les exploitations puissent différer leurs charges. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les banques, le Crédit Agricole, Groupama... Et en même temps nous devons travailler ensemble dans les filières et agir pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Si nous nous battons, c'est pour que nous soyons encore tous là, debout, au printemps ! »

• « Il nous faut une réponse du Président ! »

Thierry Chalmin, président de la FDSEA de Haute Saône a enjoint le Préfet de région de jouer son rôle de « courroie de transmission » et d'être « le porte-parole de la détresse des agriculteurs ».

« Il ne faut pas que tout cela reste lettre morte. Il faut que, dans les jours qui viennent, nous ayons une réponse du Président de la République », prévient le responsable agricole, dont les troupes étaient parmi les plus remontées. À plusieurs reprises, les représentants syndicaux ont dû faire preuve de calme et de persuasion pour éviter des débordements.
Jusqu'à quand ?

Plus de 1 200 agriculteurs francs-comtois ont fait le siège de la préfecture de Région




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