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Rencontre avec les producteurs au Gaec du Joncheret à Rahon Jura Agricole et Rural

Nicolas Sarkozy s'engage à sauver l'agriculture
Crise agricole
Jura agricole et rural
Publié le:  28 octobre 2009
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Nicolas Sarkozy a reçu en cadeau une meule de Comté, pendant la visite de l'Enilbio Jura Agricole et Rural

Le président de la République a annoncé lors d'un déplacement à Poligny dans le Jura, un plan de financement "ambitieux" doté de 650 millions d'euros de soutiens exceptionnels et un milliard d'euros de prêts bancaires "bonifiés" pour faire face à une crise agricole "exceptionnelle".

Depuis quelques jours, toute la profession agricole attendait les annonces du président de la République. Devant la gravité de la crise agricole, Nicolas Sarkozy a choisi de faire connaître le plan de soutien de l'Etat et les grandes orientations politiques qu'il souhaite donner à l'agriculture française à Poligny dans le Jura, terre des fromages AOC.

Devant 700 à 800 agriculteurs, chef d'entreprises, artisans et une cinquantaine de journalistes, il a dressé un constat sans équivoque sur la situation de l'agriculture française.

"Toutes les filières agricoles sont aujourd'hui touchées par une baisse de revenu" a insisté Nicolas Sarkozy. "Cette crise n'est pas une simple crise conjoncturelle, c'est aussi une crise structurelle."

Pour y répondre, le chef de l'Etat propose d'agir sur trois axes. D'abord, un plan de soutien exceptionnel pour permettre aux agriculteurs touchés par la crise de surmonter les difficultés de trésorerie.

Ensuite, une action portant sur la régulation rénovée de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Europe et dans le monde (voir encadré). Enfin, de poursuivre la modernisation de notre agriculture pour préparer la politique agricole commune de 2013.

Un plan de soutien à 650 millions d'euros

Dans le but de permettre aux agriculteurs de surmonter les difficultés actuelles, le président de la République a  proposé un plan "sans précédent" de soutien exceptionnel à la profession. Un milliard de prêts seront accordés par les banques "pour assainir la situation de trésorerie de 2009 et engager les dépenses d'investissement pour la prochaine campagne".

L'Etat apportera 60 millions d'euros qu'ils soient bonifiés, c'est-à-dire que les taux d'intérêt de ces prêts soient à 1,5% sur cinq ans pour les exploitants et 1% pour les jeunes agriculteurs.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en oeuvre un plan de soutien doté de 650 millions d'euros, avant la fin de l'année.

Pour les agriculteurs en difficulté et pour accompagner les restructurations des exploitations, les charges d'intérêts d'emprunts de 2009 et 2010 seront allégées grâce à une enveloppe de 200 millions d'euros.

"Selon la situation financière de chacun, l'Etat prendra aussi en charge les cotisations dues par les agriculteurs à la MSA pour la somme de 50 millions d'euros" a poursuivi le chef de l'Etat.

Remboursement de taxes

Parallèlement l'ensemble des agriculteurs seront remboursés de la taxe intérieure de consommation sur les produits  pétroliers (TIPP) et de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN). Cela représente pour le budget l'Etat un effort de 170 millions d'euros.

Toujours à propos d'impôt, Nicolas Sarkozy a confirmé que la taxe carbone sera compensée à hauteur de 75% soit 120 millions d'euros pour les agriculteurs.

Rencontre avec les responsables agricoles du département Jura Agricole et Rural

"Ce plan sera engagé dans son intégralité avant la fin de l'année. Je veillerai personnellement à ce qu'il en soit ainsi," s'est engagé le président de la République. Il a demandé au ministre de l'Agriculture, Bruno Lemaire - auquel il a renouvelé son soutien - d'organiser dès la semaine prochaine "une première réunion avec les organisations représentatives concernées", sans préciser lesquelles seraient invitées. Les préfets seront chargés d'organiser le suivi de la mise en oeuvre de ces mesures.

Pour une agriculture de "production régulée"

Le président de la République a présenté sa vision pour l'agriculture d'après crise. "Au coeur de mon ambition, il y a une exigence : valoriser et renforcer la compétitivité de notre agriculture, a affirmé Nicolas Sarkozy. Nous avons besoin d'une agriculture de production en France et en Europe. L'agriculture est un secteur d'avenir que nous ne laisserons pas tomber."

Pour cela, le chef de l'Etat souhaite "moderniser nos outils nationaux de régulation" dans le but que "chaque agriculteur puisse vivre du prix de son travail et de sa production."

Pour faire baisser le coût du travail, le président à annoncer l'exonération totale des charges patronales dues à la MSA pour les travailleurs saisonniers. Ces 170 millions d'euros permettront d'après le chef de l'Etat de permettre  à la France de "se battre à armes égales avec ses voisins européens".

La contractualisation dans chaque filière

Ses ambitions seront portées par la loi de modernisation de l'agriculture qui sera déposée devant le parlement avant la fin de l'année d'après Nicolas Sarkozy. D'abord, la contractualisation sera au coeur de la LMA.

Le président veut "des contrats équilibrés et régulés par l'Etat qui protégeront le producteur." Chaque filière devra les décliner par des accords interprofessionnels ou des décrets. Dans la filière laitière, la contractualisation s'appliquera dès 2010 par la loi.

La LMA devra également renforcer l'organisation économique des filières agricoles pour peser plus facilement lors des négociations avec les distributeurs. Il a ainsi jugé qu'il était "inacceptable" que la répartition de la valeur ajoutée de la production alimentaire soit aussi "inéquitable".

La LMA s'attachera également à simplifier les contraintes administratives qui pèsent sur les agriculteurs. Enfin, la loi devra participer à "une meilleure protection de nos territoires et de leur développement durable notamment pour prévenir la disparition des terres agricoles au rythme d'un département tous les dix ans.


Europe : Sarkozy veut défendre une régulation de l'agriculture

Le chef de l'Etat s'inscrit clairement dans un objectif d'une agriculture française et européenne de production pour relever le défi de la crise alimentaire mondiale. Cependant, pour résoudre les difficultés par la volatilité des prix des produits agricoles, il souhaite des outils de régulation européen. "L'idée de la toute puissance du marché (...) est une idée folle", a-t-il affirmé.

Il a ainsi demandé à la Commission européenne de faire des propositions pour limiter la spéculation sur les matières agricoles et d'encadrer les produits financiers dérivés sur les marchés financiers.

Premier objectif de Nicolas Sarkozy, il souhaite que l'Europe affirme une préférence communautaire en matière d'achat de produits agricole reposant sur des normes sanitaires et environnementales.  Il défendra une protection tarifaire des produits sensibles.

Le deuxième objectif est de créer de "véritables outils de gestion des marchés"


Retrouvez tout le compte rendu de la visite du Président de la République dès demain dans notre édition papier !

De la ferme à l'école… la visite s'est déroulée à un rythme soutenu Jura Agricole et Rural




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