Jean-Michel Lemétayer : « le plan va dans le bon sens, mais on attend des prix ».
« Le plan va dans le bon sens. Le président a pris conscience de la gravité de la situation. Cependant, un plan aussi important soit-il, il ne remplacera pas une politique de prix pour assurer le revenu des agriculteurs » a déclaré le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer à l’issue du discours de Nicolas Sarkozy à Poligny dans le Jura, le 27 octobre. « Un plan qui ne va pas jusqu’au bout » des demandes professionnelles.
Ainsi sur l’avance de trésorerie d’un milliard d’euros accordée par les banques, l’État ne prend pas en charge la totalité des frais financiers. Seulement la moitié. « L’effort aurait pu être plus important ». Exit donc « l’année blanche » que revendiquait la FNSEA pour redonner de l’espoir aux agriculteurs.
Idem sur la taxe sur le foncier non bâti. Avec une exonération promise à hauteur de 60 millions d’euros, le compte n’y est pas par rapport aux 200 millions d’euros demandés. Satisfaction en revanche sur l’enveloppe de 200 millions d’euros débloqués pour le fonds d’allégement des charges et sur la poursuite de l’exonération de la TIPP (gazole) et de la TICGN (gaz naturel) (170 millions d’euros).
En revanche, l’introduction de l’exonération à 75 % de la taxe carbone dans le plan d’urgence est un peu fallacieuse, dans la mesure où le président de la République aurait dû annoncer « une contribution nouvelle des agriculteurs de 40 millions d’euros, plutôt qu’un allégement de 120 millions d’euros ».
Quant à l’allégement du coût du travail qui bénéficie d’une enveloppe de 270 millions d’euros, le président de la FNSEA relativise l’effort. « Cela ne va pas compenser les énormes distorsions de concurrence avec nos voisins européens ». D’autant, que l’exonération porte sur le travail saisonnier et non permanent.
« À condition bien entendu qu’il soit mis en place rapidement », la FNSEA estime que ce plan ne constitue que la première phase d’une fusée à trois étages. Le projet pour l’agriculture devra être confirmé dans la loi de modernisation agricole par la prise en compte des aléas économiques, la contractualisation dans les filières et le renforcement du poids des agriculteurs vis-à-vis de la grande distribution.
D’autre part à Bruxelles par le retour de la régulation des marchés dans la prochaine Pac. Ainsi que la mise en œuvre de véritables politiques d’harmonisation européenne.
« Le plan ne va pas assez loin », selon les JA
Tout en se félicitant des propos ambitieux de Nicolas Sarkozy pour l’agriculture, William Villeneuve, le président des JA, considère que les moyens ne sont pas à la hauteur et que « le plan ne va pas assez loin ». Notamment en ce qui concerne le prêt à taux bonifié (au lieu du taux zéro attendu), l’exonération partielle de la taxe sur le foncier non bâti ou l’allégement du coût de la main-d’œuvre.
Avant d’évoquer des sujets qui devront être traités dans la loi de modernisation agricole ou à Bruxelles tels que la surconsommation de foncier, la contractualisation et la mise en œuvre d’une véritable régulation des marchés.
D’ailleurs sur ce sujet « il est impératif que les chefs d’État et de gouvernement reprennent la main pour infléchir la politique libérale de la Commission de Bruxelles ».


