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Cournon a confirmé que d’autres secteurs de montagne que la Franche-Comté sont touchés par le campagnol (photo d’archives) |
La Fredon vient de tenir son assemblée générale. Une occasion pour faire le point sur les divers engagements et sur la nécessité de maintenir des Gdon.
Lassitude ou pas ? C’est une question récurrente que nous nous posons. » Ce lundi 12 octobre, une petite salle de la Draaf (direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt) est suffisante pour accueillir l’assemblée générale de la Fredon (fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) de Franche-Comté.
Une petite salle donc car si la fédération compte 208 structures, l’immense majorité des Gdon (groupement de défense contre les organismes nuisibles) est dormante voire inactive. Prêtes à sortir de leur torpeur quand il s’agit de lutter de manière raisonnée à base de bromadiolone contre le campagnol.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, Daniel Prieur, le président de la FR Gedon rend hommage à feu Régis : « Il est toujours présent avec nous. » Particulièrement quand il est question de parler du campagnol.
« Comme c’était le cas à Cournon, au Sommet de l’élevage. Sa qualité d’observateur attentif l’a conduit à accompagner beaucoup de groupes. Il a gardé sa capacité à toujours s’étonner et de se donner les moyens d’aller voir plus loin. » Tout en œuvrant pour maintenir bien vivante une telle structure même si les difficultés économiques l’ont obligé à réduire son équipe - pour s’établir en 2009 à 7,5 équivalents temps pleins.
« Mais voilà, une fois de plus, nous avons eu le tort d’avoir eu raison avant les autres. » Des autres qui s’inspirent du travail mené au sein de la chambre régionale d’agriculture de Franche-Comté.
« En tout cas, la Fredon est reconnue dans son rôle d’expertise. » Qui sera vraisemblablement renforcé avec l’arrivée du plan Ecophyto.
Qui dit Fredon pense prioritairement rongeurs. C’est d’ailleurs le compte rendu d’activité qui débute par cette question. Dix axes constituent ce volet. Un site internet a été conçu et développé, on y suit la zone en agriculture biologique à La Chaux etGilley et l’université de Dijon a été sollicitée pour une surveillance aérienne. Il est encore question de sensibiliser les contrôleurs laitiers ainsi que les agents de développement afin qu’ils informent les agriculteurs.
Communications
Le grand public n’est pas oublié. C’est ainsi qu’une conférence a été organisée avec la Ligue de protection des oiseaux. Surveillance des territoires et lutte raisonnée, expertise et dérogation autour de la bromadiolone et du gaz PH3, piégeage, prévention et contrôle des populations, professionnalisation de la lutte à base de PH3 sont autant de points mis en avant.
« Parmi nos perspectives pour l’année à venir, nous allons travailler autour de l’engagement collectif, d’un projet taupier, mais aussi créer un observatoire national tout en expérimentant une lutte sans recourir à la chimie », résume Alexandre Dumontier, le directeur.
La fin programmée de la bromadiolone interpelle. « Les conditions d’utilisation sont très strictes », explique Daniel Prieur. « Si nous en utilisons à petites doses sur les parcelles, il n’y a pas de dégâts sur la faune non-cible. » Il reste encore la question de la culture de l’herbe.
« Réimplanter une prairie entièrement détruite n’est pas forcément une chose évidente », intervient Claude Vermot-Desroches. « Mettre une céréale pour réimplanter correctement l’herbe semble une bonne solution mais avec les règlements de la PHAE, nous sommes handicapés pour nos prairies permanentes. »
« C’est le gros cri du cœur des agriculteurs à Cournon », lance Daniel Prieur. Au-delà des zones historiquement touchées par le campagnol, de nouveaux secteurs sont atteints. « Il faut que les gens du ministère et de Bruxelles comprennent que mettre en place des règlements n’est pas une fin en soi. D’autant plus qu’ils vont à l’encontre de mesures de bon sens que nous devrions prendre sur le terrain. »
Des actions sont aussi menées dans le secteur de l’environnement. En faveur de la réduction des pollutions des eaux par les produits phytosanitaires ainsi que des actions à destination des utilisateurs non agricoles de ces produits phytosanitaires.
Troisième secteur d’intervention des agents de la Fredon : la surveillance du territoire. Les maïs, la vigne, les champs de pommes de terre, les tomates sont dans leur collimateur. Ils s’intéressent même aux vergers, aux forêts et aux communes.
En fin de réunion, l’assemblée a débattu du maintien des GDon, pour assurer les missions officielles exigées par le Code rural à l’instar du GDS.
En plus des nuisibles connus que sont le campagnol et le ragondin, il est envisagé de s’occuper des corvidés et des plantes invasives comme ce fut le cas par le passé avec le chardon ; comme cela devient nécessaire avec l’ambroisie.
La Fredon à Cournon
Après une introduction de Michel Cothenet, commissaire de massif du Jura, la question de l’évolution de l’agriculture, l’évolution de ses pratiques agissant sur la diversité floristique et les paysages et la pullulation ont été évoquées par Patrick Giraudoux de l’université de Franche-Comté (UFC) puis Francis Raoul de l’UFC a traité des réponses des communautés de prédateurs et des effets de la bromadiolone avant que Denis Truchetet, du Service régional de l’alimentation (SRAL) de la Draaf de Franche-Comté a présenté la boîte à outils et les méthodes de lutte alternative.
En complément des témoignages ont appuyé ces propos en présentant les expérimentations engagées sur les zones de Charquemont et Grand’Combe des Bois ainsi que sur le piégeage expérimenté à Mouthe.


