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Un fromage portugais |
Entre deux colloques sur la plus value que représente l’agriculture en montagne, le concours a mis aux prises 631 fromages et les différentes festivités annexes. La sixième édition des Olympiades des fromages de montagne qui s’est déroulée dans les Franches-Montagnes a rencontré un immense succès.
L’actuel édifice de l’abbaye de Bellelay érigé entre 1708 et 1714 avec son style baroque accueillait donc ces Olympiades.
Et il fallait bien ce cadre somptueux de l’abbatiale - aujourd’hui désaffectée - pour mettre en valeur les 631 fromages qui concouraient. Ces Olympiades qui se déroulent tous les deux ans en sont à leur sixième édition après un passage aux Rousses en 2003.
À l’origine, les organisateurs qui ont fondé Caseus Montanus, l’association support, expliquent que les populations des territoires de montagne perçoivent toujours plus intensément la globalisation de l’économie comme une menace existentielle.
D’où cette initiative de fonder en 2002 ces Olympiades. L’italien Gerardo Beneyton, président, explique que « seuls les efforts conjoints de personnes et des organismes permettront de commercialiser à leur véritable valeur les denrées alimentaires produites dans des conditions difficiles avec des variétés qui reflètent celle des territoires de montagne ».
Des territoires où la présence de l’homme est nécessaire et qui rencontrent des difficultés qui ne touchent pas les économies de plaine, ajoute-t-il encore.
À plus de 600 mètres
Le concours répond à un règlement strict qui veut que les fromages présentés le soient obligatoirement par les fabricants et doivent provenir de laits produits à plus de 600 mètres d’altitude.
Des fromages frais aux pâtes molles en passant par les mi-dures, les dures, les brebis et les chèvres, 15 catégories se sont retrouvées aux prises avec la centaine de membres du jury parmi lesquelles figurait la charmante Japonaise Miyuki Murase.
Plus proche de nous, Josette Garnier de Lons-le-Saunier participait pour la troisième fois au jury. Elle avait vendredi dernier, rien moins que 33 pâtes pressées cuites à juger ! « L’apparence, le croûtage, la présence de trous ou encore les laînures figurent parmi les critères de classement mais nous regardons encore la consistance la texture pour noter sur 20 points les fromages » explique-t-elle.
Mais le moment le plus important reste bien sûr la mise en bouche, là ou les molécules explosent d’abord sur la langue puis au palais, enfin dans toute la bouche. Là, où comme pour un vin, il reste le rétro olfactif et les goûts de noisette, de marron de sous-bois issus des terroirs via la flore et le lait des animaux.
Les trois meilleurs fromages de cette catégorie faisaient enfin l’objet de l’attribution par un autre jury des médailles d’or d’argent et de bronze reçues dimanche en fin de matinée (voir ci-dessous). Au total un exercice pour le moins difficile puisque même si du pain et de l’eau sont à discrétion, le palais est à la peine trois heures durant…
Le plus grand buffet
Au-delà ces sixièmes Olympiades ont rencontré un immense succès populaire avec la présence de 40 000 personnes. À Saignelégier par exemple, le marché couvert du fromage de montagne, devait accueillir 70 exposants avec leurs spécialités fromagères provenant de la région, du reste de la Suisse et de l'étranger.
Et samedi, le plus grand buffet de fromages de Suisse a permis à 4 500 amateurs d’avoir accès à un plateau de fromage pour le moins extraordinaire tandis qu’une fondue géante au fromage de montagne, rassemblait 1 000 personnes.
À Bellelay, le programme prévoyait également des moments de recueillement avec des concerts d'orgue, ainsi que des promenades en char attelé avec fondue.
Le musée de la Tête de Moine inauguré par Doris Leuthard et une pièce de théâtre ont retracé l'évolution historique de Bellelay, berceau de ce célèbre fromage.
Enfin le défilé du dimanche après-midi et les démonstrations de quadriges ont été l'occasion, pour les visiteurs, de découvrir des aspects folkloriques de la région jurassienne avec en vedettes les vaches, les sonneurs de cloches et les chevaux.
Le palmarès
Si les fromages suisses forcément plus nombreux à concourir se sont taillé la part du lion, deux fromages du Doubs ont remporté une médaille d’or.
D’abord la coopérative de Guyans-Vennes dont la présidence est assurée par Pierre-Magnien Faysot et la fabrication est aux soins de Benoît Demontrond le fromager, ont remporté l’or pour leur morbier AOP régulièrement primé par ailleurs à Paris et à Morbier. Un fromage affiné d’abord par la coopérative puis par les fromageries Arnaud et commercialisé par ces dernières.
En comté, les fromageries Arnaud reçoivent l’or également avec un fromage qui provient des Longevilles-Mont-d’or dont la présidence est assurée par Bernard Gressot.
Sept ans d’âge
Les Italiens avec leur célèbre parmigiano reggiano étaient naturellement au marché couvert avec un fromage : il s’agissait d’une meule fabriquée en octobre 1994 qui bien sûr n’était pas mis en vente.
On trouvait toutefois un parmigiano de 87 mois soit de 2002 dont on pouvait déguster quelques miettes et dont le prix se situait à 87 francs suisses les 100 g, soit 58 euros !
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Un exercice difficile pour le jury |


