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La maîtrise des charges de mécanisation apparaît comme une piste solide pour conforter le revenu tiré de l’atelier laitier |
Dans un contexte de prix du lait à la production fortement dégradé, l’analyse comparative des coûts de production dans différents pays permet d’imaginer des pistes de réduction des charges.
Matthieu Cassez, ingénieur réseau fermes de références à la chambre d’agriculture du Doubs présentait des données sur le thème de la comparaison des coûts de production laitière dans différentes régions et pays du monde. Une comparaison riche d’enseignements…
Il apparaît ainsi qu’à l’échelle française, en 2006, compte tenu du prix des intrants, des amortissements matériels et bâtiments… que les entreprises agricoles n’ont pas la même sensibilité au niveau du prix du lait. Les réseaux d’élevage se sont intéressés à l’indicateur « prix d’intérêt » du lait, c'est-à-dire le prix qui permet de rémunérer correctement la main-d’œuvre consacrée à cet atelier. En Bretagne, un prix de lait de 339 euros la tonne permettait en 2006 de rémunérer la main-d’œuvre non salariée à hauteur d’1,5 Smic.
En Franche-Comté, un système foin-regain de plaine nécessitait 354 euros/ tonne de lait pour dégager le même revenu, soit une valeur proche de celle calculée pour la Bavière voisine, en terme de tailles d’exploitation, de contraintes climatiques, etc.
En Montagne et zone AOC de Franche-Comté, il fallait 360 euros/tonne. Enfin, pour les systèmes maïs de plaine, on arrive à 399 euros la tonne. Cette différence s’explique en grande partie par des coûts d’alimentation, de foncier et de mécanisation supérieurs.
Un cheval-vapeur par UGB
À titre de comparaison, les régions du monde où les prix d’intérêt du lait sont les plus bas sont l’Australie de l’Ouest (129 euros/tonne), l’Argentine (133), l’Inde (142), la Biélorussie (142). Différents facteurs expliquent ces fortes disparités à l’échelle de la planète : le coût de la main-d’œuvre salariée, les économies d’échelles permises par des mégastructures, des conditions pédoclimatiques favorables à l’extensification, etc.
En regardant de plus près les coûts de production du lait dans les fermes des réseaux d’élevage suivies en 2007, on s’aperçoit qu’à l’intérieur de chaque système, il existe des différences importantes.
« Si on s’attache au prix d’intérêt, on se rend compte que les écarts vont de 50 à 300 euros pour 1 000 litres. Cela s’explique par la valorisation des productions (transformation et vente directe), mais aussi des différences de coût alimentaire et de maîtrise des concentrés, ainsi que des investissements matériels et bâtiment. Il est donc possible de poursuivre l’optimisation des systèmes. »
Autre enseignement des comparaisons entre systèmes, la remise en herbe de terrains jusqu’à présent utilisés pour les cultures peut trouver un intérêt à certaines conditions « si il y a un potentiel réel de pâturage, c'est-à-dire des surfaces accessibles aux vaches laitières, et su les rendements des cultures sont faibles et aléatoires. »


