À l'occasion de la venue de Nicolas Sarkozy dans le Jura, une délégation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs a rencontré Pascal Viné, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire pour faire avancer un certain nombre de dossiers départementaux.
Parmi ces dossiers, la ré-industrialisation du bassin sucrier d’Aiserey pour laquelle des financements complémentaires sont nécessaires.
Doté de 16,5 millions d’euros pour Bourgogne et la Franche-Comté, le fonds d’indemnisation (Feaga) n’est pas suffisant pour concrétiser les projets individuels, agro-industriels surtout du programme de modernisation des réseaux d’irrigation estimés à 25,5 millions d’euros.
Différentes possibilités ont été évoquées et Pascal Viné s’est engagé à revoir un plan de financement complémentaire en analysant les différentes sources possibles.
Durant cet entretien, Franck Lenoir, président du syndicat des irrigants du Jura a également demandé une validation du dossier par les ministères concernés afin d’éviter tout risque vis-à-vis de l’Union Européenne. Face aux récents déboires des arboriculteurs, cette demande a reçu un avis tout à fait favorable du représentant du ministre.
Concernant la réintégration du soja au plan protéines, de nombreux départements de zone intermédiaire, dont le Jura, ont formulé cette demande. Sans qu’aucune décision soit prise à ce jour, le ministre, semble-t-il, n’est pas opposé à rouvrir ce dossier.
Une rallonge pour les agriculteurs en difficultés
En matière d’installation, c’est Emmanuel Courvoisier, secrétaire général des JA qui a pu exposer les problèmes de financement du nouveau parcours.
La diminution des crédits de l’État est aujourd’hui compensée par des crédits du Fonds Social Européen alors que ce fonds avait pour objet d’offrir davantage d’individualisation aux porteurs de projet.
Le statut et la rémunération des futurs agriculteurs engagés dans le parcours ont également été soulevés. Pascal Viné a d’ailleurs été très sensible à ce point.
Concernant le dispositif agriculteurs en difficultés, il a été demandé une rallonge significative pour pouvoir honorer les demandes et un financement pour les structures chargées d’accompagner les agriculteurs dans leurs démarches.
Pour mémoire, la Franche-Comté est dotée en 2009 de 30000 ? alors que le seul département du Jura présente annuellement de 15 à 20 dossiers.
Une demande de rallonge financière a également été demandée pour pouvoir honorer les dossiers éligibles au titre du FAC laitier.
En terme d’emploi, Gilles Duquet est revenu sur l’absence de financement du crédit d’impôt pour congés des exploitants agricoles dans le projet de loi de finances 2010. Des amendements parlementaires ont été déposés pour rétablir ce dispositif. Cet échange a également permis de demander la transparence GAEC vis-à-vis de ce dispositif.
Parmi les autres thèmes qui ont retenu l'attention du représentant du ministère : l’abattoir de Champagnole, les retraites agricoles ainsi que la filière porcine franc-comtoise.
Ce qu'ils pensent de la visite présidentielle…
• Frédéric Perrot, président de la FDSEA du Jura
« Quand nous avons appris que le Jura avait été choisi pour recevoir la visite de Nicolas Sarkozy, nous avons décidé de jouer le jeu et d'accueillir le président de la République de manière républicaine. Ce qui ne veut pas dire que nous partageons tout avec lui…
Cette venue valorise l'image du Jura, son agriculture et aussi ses hommes.
Avec les JA, nous avons préparé la visite de l'exploitation de la famille Bongain.
Les Bongain ont d'ailleurs très bien exprimé leur ressenti, avec quelques chiffres forts et leurs mots à eux. Plus qu'un discours convenu, c'était ce que l'Élysée voulait entendre.
«Le président a accepté de rencontrer les responsables syndicaux que nous sommes. Il nous a entendus. Il nous a montré qu'il connaissait les dossiers sur le bout du doigt… Et, nous avons même pu parler de préférence communautaire et de sujets qui influenceront directement les marchés européens dans les cinq années à venir…
Quant aux annonces de son discours de Poligny, nous sommes bien conscients qu'il n'allait pas tout transformer d'un coup de baguette magique, le soir même. Après, le tout sera de savoir si le verre était à moitié vide, ou à moitié plein… »
• Christophe Buchet, président de JA 39
« Quelque part, je trouve que cet événement a provoqué beaucoup de dérangement pour une visite de trois heures… Mais, ça a été un honneur pour nous d'accueillir le président de la République, d'autant plus qu'il a visité l'exploitation d'un de nos JA. C'était important qu'il rencontre aussi les responsables de la Fédé et des JA. Et pendant les vingt minutes qu'il nous a consacrées, nous avons pu parler des dossiers d'actualité et en particulier de l'installation.
«Je lui ai rappelé qu'il ne pouvait y avoir de politique d'installation sans véritable politique de prix et lui ai demandé s'il voulait une véritable politique d'installation, plutôt qu'une politique de restructuration qui conduirait à une concentration des zones de productions et à la création de déserts agricoles.…
«Nicolas Sarkozy nous a rappelé que l'installation était pour lui prioritaire. Et d'une certaine manière, il nous a rassurés sur sa volonté de ne rien lâcher, notamment au niveau de l'Europe… »


