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Éleveur de porcs, aujourd’hui ?
Bletterans
Jura agricole et rural
Publié le:  12 novembre 2009
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Les élèves de Montmorot ont découvert cette filière porcine.

Nouvelle étape des « Cochonnailles en Bresse » : la caisse locale de Crédit Agricole et le GVA du Val-de-Seille ont invité des élèves du Legta de Montmorot à découvrir la filière porcine régionale.

«Nous ne sommes pas là pour faire du commerce, mais seulement pour réunir des gens, en particulier des jeunes autour de la filière régionale porcine… ».

Bien belle initiative que celle de Karl-Franck Duhaut, le chef d’agence du Crédit Agricole de Bletterans qui a profité de la campagne « 2009, le Jura fête les cochonnailles en Bresse » pour donner un coup de projecteur à cette « grande oubliée » qu’est la filière porcine jurassienne !

Au-delà des manifestations plus festives qui ont émaillé le calendrier de ces derniers mois, c’est un rendez-vous plus technique qu’avait imaginé le responsable bancaire. L’objectif était de présenter la dite filière à des élèves du Legta de Montmorot, de les sensibiliser à l’élevage du porc, en activité principale ou complémentaire.

À l’heure où le cours du porc passait sous les un euro le kilo au cadran de Plérin, tenir ce genre de discours relevait un peu de la gageure.

Pourtant, c’est avec une certaine forme de confiance que les différents se sont exprimés. Tant pour les deux intervenants : Dominique Burri de Sirod et Françoise Pagnier, de Savigny-en-Revermont, que pour les responsables financiers de la banque verte, que pour le Groupement de vulgarisation agricole du Val de seille qui, par la voix de Sébastien Picaud, son président, a d’abord présenté la filière en quelques chiffres.

On retiendra que le porc, en Franche-Comté, représente moins de un pour cent de la production nationale : environ 19 000 tonnes dont 3 500 tonnes pour le seul Jura… depuis une dizaine d’années, le cours du porc flotte entre un euro et 1,50 euro le kilo.

Aussi, dans un contexte de diminution de la consommation (32 à 35 kilos par Français et par an) et d’augmentation des charges d’exploitation, le moral des producteurs est plutôt à la baisse.

Résignation…

Difficile pour Dominique Burri, dans un tel contexte, de manifester une once d’enthousiasme. Le producteur affiche à plusieurs reprises une forme de résignation.

Résignation vis-à-vis d’une filière qui n’est pas organisée, face à des cours fixés au niveau national et qui ne laissent aucune marge de manœuvre à l’éleveur, face à un marché qui dicte ses lois… Même la saucisse de Morteau dont on pouvait penser qu’elle offrirait une alternative plus intéressante aux éleveurs comtois, a été recalée au niveau du texte de son AOP !

Dominique Burri n’a alors pas d’autre choix que de conduire son élevage au plus juste, en misant sur le label régional qui lui permet de valoriser un peu mieux sa production.

Françoise Pagnier a choisi une autre voie : celle de la vente directe. Les porcs qu’elle produit, sur paille, sont commercialisés sur la « Grange », le point de vente collectif de Lons-le-Saunier.

Mais le système a aussi ses limites : elle est tributaire d’un intermédiaire pour la transformation de la viande et doit assurer des permanences sur le lieu de vente : « même si la valorisation est meilleure, c’est un autre métier, celui de commerçante, que j’ai dû apprendre…»

Travailler son image

Même avec des types d’élevage différents, les deux éleveurs se rejoignent quand ils parlent de l’image qu’ont les éleveurs de porcs dans la société et en particulier dans leur voisinage. Le moindre épandage de lisier ou de fumier soulève une certaine forme de méfiance, de rejet. Et on ne parle même pas des créations ou extensions de porcheries qui sont désormais assorties des pétitions des riverains.

C’est aussi tout un travail de vulgarisation de leur métier que ces éleveurs doivent mener. Travail dont ils ne peuvent faire l’économie, tant les questions environnementales sont aujourd’hui sensibles.

Malgré cela, malgré toutes les difficultés, tous deux continuent à aimer ce métier. Un sentiment qu’ils auront essayé de partager avec les futurs candidats à l’installation, en répondant avec une certaine dose de réalisme aux questions qui leur ont ensuite été posées.




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