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Le protoxyde d’azote (N2O) issu de la transformation des engrais azotés représente environ 35 % des émissions de GES. En limitant les excès d’azote, l’agriculture peut réduire de 10% ses émissions de GES |
La réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture permet de réduire les coûts énergétiques et participe à la lutte contre le changement climatique.
Les activités agricoles produisent quantité de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. L’agriculture émet environ 20% des GES français selon l’agence pour la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dès 2010, la taxe carbone pénalisera à hauteur de 17 euros la tonne de CO2 les utilisateurs d’énergies fossiles.
Aujourd’hui compensée à 75 %, cette taxe pourrait s’appliquer pleinement sur le secteur agricole dans les années à venir. Parallèlement, elle devrait progresser d’environ 10 % par an pour atteindre le consensus actuel de 100 euros la tonne de CO2 d’ici 2030.
Face aux enjeux du réchauffement climatique et de la dépendance des exploitations au pétrole, ces chiffres incitent de plus en plus les filières agricoles à mettre en place des actions concrètes pour réduire les émissions de CO2 et plus largement de GES.
Réduire sa consommation d’énergie
Les énergies fossiles pèsent environ 9 % des émissions directes de GES du secteur agricole et pèsent lourdement dans les charges. Parce que les prix du pétrole et du gaz vont continuer de croître, il faut que les exploitations se préparent pour ne pas subir ces nouvelles charges. Ainsi, selon les statistiques du ministère de l’Agriculture, les dépenses d’énergie s’élèvent en moyenne à 23 700 euros pour une exploitation maraîchère et à 8 100 euros pour la filière bovin lait.
Depuis le Grenelle de l’environnement, il est prévu que 30 % des exploitations agricoles soient faiblement dépendantes en énergie à l’horizon 2013.
Réduire la consommation d’énergie primaire passe d’abord par la chasse au gaspillage et à la recherche d’économie dans la conduite de l’exploitation : optimisation et réglages des machines et des appareils de chauffage (ex : banc d’essai pour les réglages de tracteurs), petits équipements (ex : pré-refroidisseurs pour les tanks à lait), conduite économe, pratiques culturales simplifiées (sans labour ou labour superficiel).
Ensuite, il est possible d’agir sur la substitution partielle et progressive des énergies fossiles par des énergies renouvelables (méthanisation, biomasse, bois énergie, solaire, etc.) dans lesquelles l’agriculture a des atouts à faire valoir.
Cela doit d’être analysé lors de la construction d’un nouveau bâtiment ou le changement d’appareils de chauffage par exemple. La valorisation des effluents d’élevage sous forme de biogaz permettrait ainsi de réduire la dépendance des exploitations aux énergies fossiles. C’est dans ce but que la FNSEA et EDF ont signé pour deux ans un accord visant à promouvoir les économies d’énergie, la réduction de CO2 et la production d’électricité photovoltaïque en agriculture.
Replanter des haies
La fabrication d’engrais, de pesticides, d’aliments du bétail est également responsable d’une part importante du CO2 du secteur. En réduisant leur usage, le bilan carbone et les comptes de l’exploitation s’en retrouvent améliorés.
C’est en partie pour cela, que l’agriculture biologique émet moins de GES que l’agriculture conventionnelle.
Enfin, la lutte contre les émissions de CO2 passe également par le développement de « puits de carbone » agricoles. Ainsi le maintien et le développement d’espaces semi-naturels comme les haies, les mares, les fossés, les prairies permanentes permettent de stocker du CO2.
Dans certaines régions, les haies se développent à nouveau car en plus d’être valorisables en bois énergie, elles protégent les cultures du vent, filtrent et dépolluent partiellement l’eau et accueillent des espèces (oiseaux, petits mammifères, insectes) qui réduisent les attaques de parasites.
Les exploitations agricoles peuvent aujourd’hui réduire de 10 à 15% leur empreinte carbone en optimisant leurs pratiques.
Pour y parvenir, le ministère de l’Agriculture a élaboré le plan de performance énergétique des exploitations agricoles pour la période 2009-2013 doté de 38 millions d’euros en 2010 pour aider à financer les diagnostics et les investissements.
C’est aujourd’hui une nécessité pour garder les charges financières sous contrôle et éviter l’emballement sans précédent du climat.
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Répartition des émissions de GES agricoles en France |


