Après plusieurs années calmes en matière d’innovation herbicides pour les céréales, cinq nouvelles spécialités seront à la disposition des agriculteurs depuis cet automne.
Même si il n’y a pas réellement de nouvelles familles chimiques ni de nouveaux modes d’action dans ces nouveautés, la lutte contre les mauvaises herbes s’enrichit de plusieurs produits dont une nouvelle matière active, le pyroxsulame (Dow Agrosciences), déclinée à travers deux spécialités commerciales et une nouvelle molécule anti-dicots, la béflubutamide.
Abak (ou Quasar) : issu de la recherche de Dow Agrosciences, le pyroxsulame est à la fois un anti-graminée et un anti-dicot.
Il s’applique en sortie d’hiver, du stade tallage à début montaison. Selon Arvalis, son efficacité anti-graminées est très proche des produits à base de mésosulfuron (Archipel, Atlantis…). Son spectre est donc très complet, à l’exception notable du pâturin annuel et des bromes où les efficacités sont très aléatoires.
Sur le plan des dicotylédones, la plupart des plantes courantes sont bien maîtrisées. Un bémol sur coquelicot, bleuet, alchémille et fumeterre, qui ne sont pas contrôlés par le pyroxsulame. Efficacité moyenne aussi sur gaillet et matricaire.
Mais attention, « de par son mode d’action, qui s’apparente à celui des sulfonylurées, cette matière active n’est pas une alternative dans les situations de résistance à cette famille chimique » prévient Arvalis. Le coût de cette nouvelle matière active se rapproche fortement de la référence Atlantis à 0,3 kg/ha, soit environ 45 euros par hectare à 0,25 kg/ha.
Octogon (ou Radar) : ces spécialités reprennent la matière active de l’Abak, renforcée par du Florasulam, molécule largement répandue dans des produits comme le Primus. Cet ajout renforce l’efficacité de cet herbicide sur, notamment, coquelicot, alchémille, gaillet et matricaire. Comme le signale Arvalis, c’est donc un produit très complet, « permettant de contrôler la quasi-totalité de la flore adventice d’une parcelle ».
Herbaflex : Commercialisée par De Sangosse, Herbaflex contient 500 g/l d’isoproturon et 85 g/l de béflubutamide. Cette nouvelle molécule se rapproche, par son mode d’action, du DFF (Quartz, Quetzal…) et de la flurtamone (Carat, Dolmen…). Son absorption se fait donc majoritairement par voie racinaire et, dans une moindre mesure, par voie foliaire. Homologué à 2 l/ha, cette spécialité se rapproche du Quartz GT.
Elle est donc utilisable à l’automne, dès le stade 2 feuilles. Au stade plantule, son efficience est intéressante sur matricaire, pensée, véroniques, coquelicot et stellaire.
Reformulations
Proposé par Bayer Cropscience, Arbalète est un anti-dicots utilisable du stade 3 feuilles à début tallage. Il est donc à privilégier à l’automne ou en sortie d’hiver.
Composé de bromoxynil (91 g/l), d’ioxynil (50,3 g/l) et de 20 grammes de DFF, sa dose autorisée est de 1,5 l/ha. Selon Arvalis, cette nouveauté est proche du spectre d’efficacité du First à 0,75 l/ha. Le contrôle du gaillet, bleuet et géranium est donc insuffisant.
À noter, en outre, que sa phrase de risque (R 63) limite beaucoup les possibilités de mélanges.
Hauban, mélange d’Isoxaben (Cent 7) et de florasulam (Primus, Kart, Bastion…), est proposé par Dow Agrosciences à la dose de 0,1 kg/ha. De par le mode d’action de l’isoxaben, ce produit doit être positionné très tôt, soit du stade prélevée à celui de 1 ou 2 feuilles ; au-delà, cette molécule n’a plus d’effet.
Comme toutes les spécialités utilisées à ces stades, les conditions d’utilisation sont primordiales : sol bien préparé et surtout humide. Cet anti-dicots touche un très grand nombre d’adventices, excepté le gaillet, et dans une moindre mesure le fumeterre, les géraniums et le bleuet.
Il peut, enfin, être associé à des anti-graminées de prélevée ou de post-levée précoce du type Prowl ou Défi.
D’après Arvalis


