Le temps consacré à l’alimentation des bovins varie du simple au quadruple d’une exploitation à une autre. La mécanisation de la distribution fait partie des pistes d’amélioration possibles.
Mélangeuses à vis horizontales, à vis verticales ou à pales, recycleuses, godets mélangeurs, automotrices : pas moins de six concepts différents sont proposés aux éleveurs, sans compter les multiples options offertes.
L’augmentation de la taille des exploitations et des troupeaux, la raréfaction de la main-d’œuvre disponible, les aspirations à un meilleur confort de travail… sont généralement mises en avant pour justifier la mécanisation de la distribution des fourrages.
Dans une étude sur ce thème, l’Institut de l’élevage précise que le temps de travail pour la reprise, le transport et la distribution des fourrages et des concentrés, ne devrait pas dépasser 30 à 40 minutes pour une quarantaine de vaches et 70 à 80 minutes pour 80 vaches.
La mécanisation constitue souvent la première réponse pour réduire le temps d’astreinte quotidien consacré à l’alimentation du troupeau.
D’une manière générale, le choix doit se raisonner en fonction de la situation initiale, en tenant compte de la quantité de fourrages à stocker et à distribuer, de la taille du troupeau, du mode et des lieux de stockage, ainsi que de l’organisation des bâtiments.
Des charges élevées
Une partie des équipements a gagné en simplicité au fil des ans. Par exemple le nombre de vis a été ramené à une ou deux sur les mélangeuses à vis horizontales et les bras de désilage ont eu tendance à disparaître sur les désileuses de 10 m3 et plus. Les mélangeuses à vis verticales et à pales, développées plus récemment, sont relativement simples.
Mais plus le système fourrager est compliqué, plus la distribution est problématique.
L’enrubannage est un aliment performant, mais son prix de revient comparé à l’ensilage d’herbe supporte mal la comparaison et sa distribution amène à des solutions mécaniques plus pointues.
Quand on analyse dans le détail le prix des distributrices, on réalise que ce sont les premiers m3 qui coûtent cher.
Les écarts de prix, sur une même machine, d’une capacité à l’autre, sont très relatifs. Analysé sous l’angle de l’amortissement annuel, l’écart ressort encore plus minime. Si les éleveurs doivent être vigilants sur le choix d’un concept de distribution, ils ne doivent pas être trop regardants sur le volume de caisse, toutes proportions gardées.
Sur une distributrice pailleuse par exemple, en présence de balles carrées, il est impératif de disposer de 2,4 m de dégagement depuis l’arrière du démêleur jusqu’au fond de la caisse, de façon à pouvoir intégrer une balle entière. S’offrir 2 m3 de largesse peut permettre d’économiser quotidiennement l’équivalent d’un voyage d’ensilage par exemple.
Sur un hiver, l’économie de temps de travaux peut être substantielle.
Godets désileurs et remorques distributrices
Loin de pouvoir être généralisées à tous les systèmes d’élevages, des solutions alternatives existent.
Le godet désileur, équipement à la fois peu coûteux à l’achat et à l’usage, s’est trouvé une place dans bon nombre de situations. Sa capacité peut être discutée mais il faut tenir compte du fait que les silos se rapprochent des bâtiments et que les systèmes de conduite des tracteurs ne cessent de gagner en ergonomie.
Selon les versions, les godets désilent, mélangent, démêlent tout en restant simples et robustes. Ils sont polyvalents au niveau des types de produits à distribuer et autorisent les rations à la carte.
Dans un autre registre, on peut souligner l’intérêt technique et financier des remorques distributrices.
Avec des grosses capacités et peu d’organes en mouvement, ces remorques permettent, à moindres frais mais avec certaines limites, d’aborder la distribution de rations mélangées. Il suffit pour cela de respecter un ordre de chargement des ingrédients et d’être attentif à leur répartition dans la remorque.
Mais la productivité et la rentabilité peuvent aussi passer par un gros investissement dans une grosse machine.
Au stade de la réflexion, il ne faut s’interdire, a priori, aucun matériel, aucune stratégie, aucune remise en question du système d’affouragement. Hélas le choix du matériel intervient souvent en dernier, alors que l’on aurait tout à gagner à l’intégrer dès le départ, dès la conception d’un nouveau bâtiment notamment.


