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Des résultats mi-figue, mi-raisin !
Bilan de campagne maïs grain
Jura agricole et rural
Publié le:  26 novembre 2009
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Une des caractéristiques de l’année est le faible niveau d’humidité à la récolte qui se situe en moyenne à 25 %

Dans un contexte où le scénario climatique estival a rappelé les pires moments de l’année 2003, la campagne de maïs se termine dans une ambiance partagée entre des résultats un peu meilleurs que ceux attendus et des niveaux plus bas que ceux espérés.

Avec un niveau proche de 90 q/ha pour Rhône-Alpes et de 95 q/ha pour la Bourgogne et la Franche-Comté, le rendement moyen du maïs grain se situe en retrait de plus de 10 q par rapport à celui de l’année dernière.

En Rhône-Alpes, la précocité des semis a tout de même tempéré la sévérité de la sécheresse estivale, mais le déficit hydrique a fortement impacté sur le rendement moyen. Des rendements très hétérogènes.

Les résultats du maïs sont caractérisés par une grande hétérogénéité. Bon à très bon en Bresse de Saône et Loire et de l’Ain, dans le finage et en plaine de Dijon, là où la pluviométrie de juillet a été correcte, bon à très bon chez les irrigants qui ont eu le courage d’apporter un tour d’eau au-delà du 15 août, correct sans plus dans les limons profonds de côtières ou de bord de rivières et fleuves, médiocre et problématique en limons battants de Dombes, en piémont du Revermont.

Une des caractéristiques de l’année est aussi le faible niveau des humidités à la récolte : 25 % en moyenne mais là aussi avec des écarts, 14-15% pour des maïs ayant souffert de la sécheresse jusqu’à 26-28 % pour des cultures semées plus tard.

Sur le plan climatique, d’une façon homogène, 2009 fait partie des années les plus chaudes avec 2005 et bien sûr 2003. C’est aussi une année particulièrement sèche entre le 11 juin et le 31 août. Pour beaucoup de situations, l’été 2009 a été plus sec que celui de 2003 ! Dans ce contexte, les fortes températures des jours précédant et suivant le 15 août, ont fait beaucoup de dégâts en culture !

Des semis précoces !

Jamais les maïs n’auront été semés aussi tôt dans notre région. Sans parler des quelques cas de semis très précoces à la mi-mars sur l’Est lyonnais, la presque totalité des surfaces des secteurs « graviers » plaine de l’Ain, plaine de Lyon, plaine de Valence étaient implantées au 10 avril. Les semis se sont faits en suivant sur les situations de limons sains puis de limons battants pour lesquels les semis étaient quasiment bouclés fin avril.

En gros, c’est avec une quinzaine de jours d’avance sur une situation normale que les semis ont été réalisés. Dans les secteurs d’élevage, les implantations, plus tardives, ont pu se dérouler jusqu’à la mi-mai.

La maîtrise des adventices a été facilitée par une succession d’épisodes pluvieux sur la fin avril et le mois de mai : bonne activité des produits racinaires, hygrométrie satisfaisante pour les herbicides foliaires. Ces pluies ont permis la mise en place d’un potentiel important de grains. La floraison précoce s’est déroulée dans un contexte favorable d’autant que de petites pluies l’ont accompagnée.

Malheureusement, ce potentiel de grains n’a pas pu s’exprimer dans les petites terres, l’échaudage ayant d’autant plus affecté le poids des grains que le nombre de grains à alimenter était élevé. Pour les secteurs irrigués, la mise en route des apports d’eau a été enclenchée entre le début et la mi-juin et s’est poursuivie à un rythme soutenu.

Dans les petites terres, la question de la fin d’irrigation a été cruciale cette année : malgré l’avance des cultures, il fallait encore irriguer la semaine après le 15 août !

De multiples ravageurs !

Au printemps 2009, les cultures de maïs ont fait l’objet d’attaques spectaculaires de ravageurs connus ou inconnus.

D’abord, courant mai, les vers gris ont développé leurs attaques du sud au nord avec un impact considérable sur les peuplements obligeant à des resemis dans quelques situations. Dans la foulée, fin mai début juin, les noctuelles défoliatrices, héliothis, rarement vu si tôt en culture, et surtout spodoptera exigua, nouveau prédateur du maïs dans notre région ont occasionné de nombreux dégâts.

La pyrale a aussi été un peu plus présente cette année que les deux années précédentes avec une seconde génération plus tardive qu’habituellement pour les zones sud.

Enfin, la chrysomèle des racines du maïs s’est installée dans le paysage rhônalpin avec 83 captures pour une dizaine de foyers sur l’ensemble de la campagne de piégeage. De même, en Saône et Loire, 4 captures ont été relevées sur le dispositif de surveillance mis en place par les services de la Draf. Au fil des ans, le parasite progresse dans notre région.

La répartition des foyers de captures en majorité le long des axes autoroutiers en liaison avec la plaine de Pô est significative.

Sur le front des maladies

Malgré une année très sèche durant l’été, la présence de l’helminthosporiose bien que sans impact dommageable pour les cultures est une réalité pour la plaine de l’Ain, le Grésivaudan et toutes les zones de terre de marais. Ce constat doit nous inciter à la vigilance notamment dans le choix des hybrides à cultiver en 2010.

2009 est une année de tous les extrêmes : les dates de semis et de récoltes n’ont jamais été aussi précoces ; l’écart de rendement entre les meilleures situations et les moins bonnes n’a jamais été aussi important ; la qualité sanitaire et la qualité amidonnière sont exceptionnelles.

L’enseignement majeur que l’on peut tirer de cette campagne est celui de l’intérêt des semis précoces.

Dès lors que les conditions climatiques sont favorables, hiver et début de printemps secs, bon ressuyage des sols, températures de fin mars début avril favorables, il ne faut pas hésiter à avancer la date de semis ! C’est l’assurance d’un niveau d’humidité bas à la récolte et d’une bonne qualité sanitaire.




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