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Un hangar photovoltaïque
Énergie solaire
Jura agricole et rural
Publié le:  26 novembre 2009
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Le toit du hangar, constitué de tôles solaires, est conçu pour optimiser la production d’électricité.

Les associés du Gaec Schouwey à Vaudrey dans le Jura ont opté pour une solution novatrice pour financer leur nouveau hangar de stockage : c’est une filiale d’EDF qui a pris en charge une partie de l’investissement, en contrepartie de l’exploitation de la centrale solaire installée sur le toit.

C’est une première en France : un hangar photovoltaïque agricole ! De nombreuses personnalités politiques et agricoles étaient conviées, le 19 novembre dernier, au Gaec Schouwey à Vaudrey, dans le Jura, pour l’inauguration officielle de ce nouveau bâtiment.

Dédié au stockage de matériel agricole et fourrage, il se distingue du hangar « classique » par un toit orienté plein sud à 30% de pente entièrement recouvert de modules photovoltaïques (264 au total) : soit une centrale solaire de 775 mètres carrés. La puissance installée est de 38 kWc (kilowattcrête), ce qui correspond grosso modo à la consommation électrique hors chauffage d’une vingtaine de foyers.

« L’énergie verte produite permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère d’environ 16 tonnes de CO2 chaque année, soit l’équivalent des rejets d’une voiture ayant parcouru 65 000 km », précise le responsable de Photon technologie, la filiale d’EDF-ENR (énergies nouvelles réparties) en charge de la maîtrise d’œuvre.

Un bail de 20 ans

Autre originalité, le financement du bâtiment a été en grande partie pris en charge par un tiers investisseur, en l’occurrence EDF-ENR, en échange de quoi il exploite la centrale photovoltaïque pendant 20 ans, tout en assumant l’entretien.

Le propriétaire met à disposition le terrain, prend en charge le terrassement, la tranchée pour les raccordements électriques, les options d’adaptation du hangar à ses besoins et apporte une contribution variable selon le niveau d’ensoleillement de là où il se situe, de l’ordre d’un euro par jour (7 300 euros).

Xavier Schouwey, en Gaec avec ses deux frères Laurent et Emmanuel, a particulièrement suivi le projet.

« Tout est parti d’un besoin de stockage, explique-t-il : nous avons en effet un atelier de production de porcs hors sol (post-sevrage et engraissement) et nous fabriquons nous-mêmes la totalité de l’aliment distribué à partir du maïs et de l’orge d’hiver produits sur l’exploitation. D’où des besoins de stockages importants ».

Le choix d’un hangar photovoltaïque répond à plusieurs objectifs des associés.

Un bâtiment neuf à moindre coût

« D’abord sur le plan économique, cette formule nous permet de financer une partie du hangar sans trop entamer la capacité d’investissement du Gaec sur d’autres projets, poursuit Xavier. Ensuite, nous sommes sensibles aux questions environnementales, et nous voyons ça comme une contribution à la limitation des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, au-delà de 20 ans, nous serons propriétaires du bâtiment et la production d’électricité devrait nous fournir un complément de revenu pendant encore cinq à 10 ans. »

En effet, les spécialistes de la question s’accordent pour estimer la durée de vie des panneaux photovoltaïques à 25-30 ans, avec une baisse de rendement de l’ordre de 20% au-delà de 20 ans.

M. Chauvet, responsable commercial chez EDF-ENR, croit au potentiel de développement de cette formule auprès des agriculteurs : « de nombreuses exploitations ont des besoins en bâtiments et pas forcément les fonds nécessaires, en particulier en période de crise.

La proposition d’EDF-ENR de construire des bâtiments dédiés à la production d’électricité solaire, en prenant en charge une grande partie des coûts, est de nature à les intéresser.

D’autant plus qu’au bout de 20 ans, ils deviennent propriétaires de l’ensemble du bâtiment. Vingt-cinq projets similaires ont déjà été vendus en France, il devrait y avoir une cinquantaine d’installations en 2010. »

Il existe toutefois quelques limitations en termes de destination des bâtiments dotés d’un toit solaire.

« Ce type de couverture n’est pas adapté à l’élevage porcin ou avicole, en raison des dégagements d’ammoniac. De même, pour des questions d’assurances, il ne faut pas utiliser ces bâtiments pour le stockage de carburant ou d’engrais de nature explosive (ammonitrates). »

Mais rien ne s’oppose en revanche à l’utilisation pour l’élevage de ruminants, ni pour le stockage des fourrages et du matériel agricole.




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