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Des revenus qui marquent le pas avant la chute
Résultats 2008 / 2009
Jura agricole et rural
Publié le:  17 décembre 2009
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On constate une amélioration des revenus en AOC, alors que les autres systèmes, après avoir plafonné sur l’année qui vient de s’écouler, subissent une chute extrêmement importante.

Depuis quelques années, les exploitations agricoles françaises doivent faire face à des retournements de marchés jamais vus jusqu’alors. De plus le bilan de santé de la PAC a, cette année, validé le fait d’aller encore plus loin dans l’abandon des systèmes de régulation des marchés, qui ne constituent plus que des « filets de sécurité », largement insuffisants pour garantir un prix rémunérateur.

Dans ce contexte, le but des producteurs reste plus que jamais le même : produire et vivre de la production agricole. C’est pourquoi CER France Jura a souhaité axer le thème de son assemblée générale 2009 autour de la question des filières et de leur maîtrise par les agriculteurs, car l’enjeu de la production doit aujourd’hui rejoindre celui de la commercialisation. Vincent Thoral, responsable conseil CER France Doubs et Jura a d'abord présenté la situation économique des exploitations jurassiennes.

L’année 2008/2009 correspond à la récolte 2008. Ainsi, on impacte déjà la chute des céréales, mais pas encore celle du lait, qui se retrouve sur les résultats 2009/2010.

On constate une amélioration du résultat en AOC, alors que les autres systèmes, après avoir plafonné sur l’année qui vient de s’écouler, subissent une chute extrêmement importante.

En lait AOC, les trésoreries se sont reconsolidées, mais la disponibilité à la clôture reste inférieure au montant moyen de primes versées, ce qui signifie que les marges de manœuvre en cas de coup dur sont faibles, et ce qui explique également le recours fréquent aux emprunts pour avance de primes.

Dans une conjoncture plus volatile, la gestion de la trésorerie devient prégnante. C’est particulièrement vrai en grandes cultures où l’on constate que les investissements ont augmenté très fortement quand les cours étaient au plus haut.

Cette situation reflète certainement pour partie un rattrapage d’investissements qui n’avaient pu être réalisés jusqu’ici, mais montre également que les choix qui ont été faits en 2007 / 2008 se sont faits dans une optique de cours hauts à long terme, sans prise en compte du risque de retournement de conjoncture.

Des marges de manœuvres possibles

Si le marché actuel met en difficulté la grande majorité des exploitations, force est de constater qu’il existe encore des marges de manœuvre individuelles, au niveau technique en particulier.

Quand on trie les exploitations par rapport à leur efficacité (critère EBE / produit), on observe des différences extrêmement fortes de maîtrise du système. Ces différences s’observent sur tous les postes. Ainsi, entre le quart ayant le niveau d’efficacité le plus faible et le quart le plus élevé, en lait AOC par exemple, on observe une différence de 27 ? / 1000 l sur le poste alimentation, soit une différence de 8 800 ? de charges annuelles sur ce seul poste.

Faire coller prix de revient et prix de marché

Renouveler un matériel ou attendre ? Emprunter ou autofinancer ? S’accorder un prélèvement supplémentaire ou au contraire se préparer à utiliser son épargne de précaution ? Difficile de faire des choix quand personne n’est aujourd’hui capable de prédire l’évolution des prix. Mais cela ne doit pas empêcher de piloter son exploitation et de tenter d’anticiper les retournements de tendances.

La recherche du prix d’équilibre permettra de gérer au mieux sa trésorerie. Le prix d’équilibre est le prix en dessous duquel il n’est plus possible de se payer et de rembourser ses annuités.
Mais si l'on veut raisonner à long terme, il est nécessaire de travailler sur le prix de revient, ( à quel prix je produis), c'est-à-dire le prix permettant de rémunérer à la fois le facteur travail et le facteur capital.

Comment faire coller ce prix de revient avec le prix de marché ? À court terme, ce sont les charges opérationnelles qui sont les plus malléables, et où il existe de réelles marges de progrès. Néanmoins, celles-ci ont une limite.

Pour les installations, les reprises et les investissements lourds, il est aujourd’hui nécessaire de s’interroger sur la productivité du travail et des capitaux engagés dans les exploitations

L’adéquation entre production et filière de destination devient ainsi plus que jamais un enjeu majeur de la gestion des exploitations.

D'après l'intervention de Vincent Thoral, responsable conseil CER France Doubs et Jura




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