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Opportunités technico-économiques
Jura agricole et rural
Publié le:  17 décembre 2009
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En Franche-Comté, les études économiques mettent en évidence un réel intérêt à « passer au bio », notamment dans les zones basses.

Roland Sage, Christian Faivre et Luc Frêrejean se sont relayés lors de la conférence régionale de l'agriculture biologique pour présenter les toutes dernières références technico-économiques régionales, tant pour les grandes cultures qu'en élevage.

Élevage laitier tout d'abord, avec les résultats d'une étude commandée aux chambres d’agriculture et AGC des départements du Doubs et du Jura, dans le cadre du partenariat « AGRILEAN » et du pôle recherche références régionales. L’accompagnement de projets nécessite en effet des repères.

« L'objectif est d'améliorer la connaissance des niveaux d’efficacité économique en bio et de mettre en évidence les stratégies gagnantes : nous nous sommes intéressés, dans chaque type de système, aux 25 % d’exploitations qui ont les meilleurs résultats. Cela illustre le degré de maîtrise technique, par l’agriculteur, de son système. », explique Roland Sage.

Stratégies gagnantes

Dans cette étude, qui s’est fondée sur des résultats réels, deux « populations » ont été étudiées. D’un côté 41 exploitations en bio, et de l’autre 89 exploitations conventionnelles. Un certain nombre d’indicateurs, tels que l’efficacité économique (EBE), la productivité du travail (lait/UTH) ou la rémunération de l’exploitant ont été calculés.

Il ressort de cette analyse que les différences entre exploitations biologiques et conventionnelles sont assez réduites. « Cela s’explique par des contraintes naturelles fortes, ainsi que par les cahiers des charges de production des laits AOC. », détaille Christian Faivre. En plaine en revanche, les écarts sont plus flagrants.

Si la productivité des exploitations bio y est moindre (- 20 000 euros/UTH), l’efficience économique, mesurée par le ratio EBE/Produit brut, fait un bond de 7 % par rapport au conventionnel. Le revenu disponible par UTH est supérieur de 5 000 euros en moyenne.

« Si l’on s’intéresse aux quartiles supérieurs, c'est-à-dire à ceux qui maîtrisent bien leur système, en bio comme en conventionnel, cette différence de revenu disponible par UTH passe à 10 000 euros ! » En conclusion, c’est en plaine que l’opportunité économique de passer au bio est la plus grande, tandis que sur les plateaux et en montagne, ce projet doit aussi tenir compte de l’environnement filière.

« Garder des agriculteurs dans notre région, ça passe par le développement de la bio, ça doit être porté par les professionnels. Cette étude montre bien l’intérêt de cibler la création de filières dans les zones où il y a le moins de valeur ajoutée.

Dans le massif, il ne faut pas perdre de vue la dimension collective dans les projets : produire du lait AOC bio, d’accord, mais pour répondre à une demande, à l’échelle d’une fruitière ! », réagit Claude Vermot-Desroches, président du CIGC.

Grandes cultures

Pour le secteur « grandes cultures », l’étude équivalente sera réalisée en 2010. Aussi, les techniciens se sont appuyés sur quelques résultats d’exploitations AB, des références régionales et nationales, une comparaison avec les résultats comptables du CERF-Jura afin de déterminer l’opportunité économique du passage en bio. Luc Frêrejean a d’abord insisté sur le bouleversement technique que cela représente « D’une rotation sur 4 ans, on passe à une rotation sur 15 ans. Il faut investir dans du matériel spécifique. »

Pendant les années de conversion, les productions ne peuvent pas être valorisées en bio. Certes, les charges opérationnelles (engrais, produits phytosanitaires….) diminuent fortement, mais il faut assumer les nouveaux investissements (matériel, stockage).

Aussi, malgré les aides à la conversion, il faut tabler sur une première année difficile, avec un revenu négatif de l’ordre de – 8 300 euros pour une exploitation d’une centaine d’hectares. L’année suivante, une meilleure valorisation des productions végétales permet un revenu de 14 300 euros. Enfin, en troisième année, l’agriculteur peut pleinement valoriser.

« Ce qui est semé plus de 2 ans après le début de la CAB aura le label : “Produit issu de l’Agriculture Biologique’’, les prix sont ceux de l’AB et les aides de 200 ?/ha sont versées pendant encore 3 ans en AB. »

Le revenu atteint alors près de 37 000 ?. « La conjoncture est favorable, les prix AB restent attractifs mais fragiles. Une baisse de 20 % des prix AB ramènerait le revenu agricole à 16 200 ?, aides comprises (11 000 ? avec CAB) au 1er pilier », met toutefois en garde le technicien.




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